Le nouveau cabinet fédéral plaît beaucoup à Jean Charest

Québec — Le nouveau conseil des ministres du gouvernement Martin soulève l'enthousiasme du premier ministre du Québec, Jean Charest, qui y voit un pas de plus vers une nouvelle ère de coopération entre Ottawa et les provinces.

«Je suis très à l'aise avec ce cabinet», a dit M. Charest hier, tout juste rentré de vacances, lors d'une entrevue accordée à la Presse canadienne.

«On a là des gens avec qui on va pouvoir travailler», a-t-il continué, citant les Liza Frulla au Patrimoine, Lucienne Robillard aux Affaires intergouvernementales, Pierre Pettigrew aux Affaires étrangères, Jean Lapierre aux Transports et même Stéphane Dion à l'Environnement. «Ce sont des gens qu'on connaît et on aborde la suite des choses d'une façon positive», a dit le premier ministre.

Diversité culturelle

M. Charest s'est particulièrement réjoui de la nomination de Mme Frulla au ministère clé du Patrimoine. «C'est une bonne nomination. Elle connaît très bien les enjeux de la diversité culturelle. C'est un dossier très important pour le Québec.»

L'arrivée de Pierre Pettigrew à la barre du ministère des Affaires étrangères est aussi une bonne nouvelle, a estimé M. Charest, qui croit que le député québécois sera sensible à la volonté du Québec d'occuper une plus grande place dans certains forums internationaux.

S'il est satisfait des nominations québécoises au cabinet fédéral, le premier ministre du Québec croit toutefois nécessaire de garder le nouveau gouvernement dans son collimateur.

La création de trois nouveaux ministères d'État, l'un à la Famille, un autre au Logement et un troisième aux Collectivités, pourrait en effet dissimuler des velléités d'empiètement sur les compétences provinciales.

«On va être très ferme sur la défense de nos compétences, a-t-il assuré. Moi, je crois beaucoup dans le système fédéral, dont la base est la division des pouvoirs. C'est une chose à laquelle mon gouvernement tient mordicus.»

Conseil de la fédération

Le respect des compétences des provinces sera d'ailleurs à l'ordre du jour de la deuxième réunion du Conseil de la fédération, qui se tiendra à compter de demain et se poursuivra jusqu'au 30 juillet à Niagara-on-the-Lake, en Ontario.

Les premiers ministres provinciaux vont alors tenter de réunir un consensus sur une proposition de réforme de la péréquation et du financement des soins de santé, qui sera soumise au premier ministre Paul Martin, le 13 septembre, lors d'une rencontre fédérale-provinciale à Ottawa.

Le Québec souhaite que le mécanisme de partage des richesses entre les provinces soit profondément revu, de façon à ce qu'il soit plus stable et aussi plus prévisible, et il espère amener Ottawa à porter à 25 % (comparativement à 18 % actuellement) sa part du financement du système de santé.

Mais il n'est pas question d'accepter que le réinvestissement du gouvernement fédéral dans la santé soit accompagné de normes nationales et encore moins qu'il en dépende, a répété M. Charest.

«La santé est une compétence qui relève du gouvernement du Québec et ce serait une erreur d'accepter des normes qui téléguident les priorités du Québec. Ce n'est pas juste une question de protection de nos compétences, c'est une question de bon sens», a commenté le premier ministre.

Le gouvernement Martin semble-t-il plus enclin à respecter les compétences des provinces? M. Charest n'est pas catégorique. «On verra à l'usage», a-t-il dit.

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