François Legault sous-estime la moyenne des loyers offerts à Montréal

Selon François Legault, les loyers montréalais peuvent «peut-être commencer à 500, 600 dollars par mois [pour] assez rapidement monter à 1000 dollars par mois».
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Selon François Legault, les loyers montréalais peuvent «peut-être commencer à 500, 600 dollars par mois [pour] assez rapidement monter à 1000 dollars par mois».

Le premier ministre François Legault sous-estime la moyenne des loyers offerts sur l’île de Montréal… et se fait taxer d’être « déconnecté » de la classe moyenne.

La porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, lui a reproché mercredi après-midi de ne rien connaître à la pénurie de logements. « Il ne connaît pas ça. Il ne sait pas c’est quoi prendre 50, 60, 70 % de son revenu [pour payer son loyer] », a-t-elle lancé en commission parlementaire.

La chef parlementaire du deuxième groupe d’opposition avait profité de l’étude des crédits du ministère du Conseil exécutif pour questionner le chef du gouvernement sur l’état du marché locatif dans la métropole. « 250 000 étudiants et étudiantes vont revenir en présentiel cet automne. Ils ont hâte, je les comprends. Ce que ça va faire, c’est qu’il y a du monde qui va se chercher un appart. Est-ce que le premier ministre a une idée de c’est quoi le prix médian d’un appartement à louer à Montréal ? » avait-elle demandé. « Ça dépend de la grandeur du logement. Je dirais… Ça peut peut-être commencer à 500, 600 dollars par mois [pour] assez rapidement monter à 1000 dollars par mois. [Les étudiants] parfois vont se mettre trois, quatre ensemble pour louer un logement. Ils s’organisent avec les moyens du bord », avait répondu M. Legault.

 

 

Or, la moyenne des loyers offerts sur l’île de Montréal s’élevait à environ 1310 $ par mois – tous quartiers et tous types de logements confondus, selon une recension des petites annonces publiées sur Kijiji effectuée par Le Devoir le 8 avril dernier. À peine 54 logements sur les 3008 logements affichaient un prix inférieur ou égal à 600 dollars (1,8 % des annonces).

D’autre part, le chef du gouvernement a refusé de reconnaître l’existence d’une « crise du logement » au Québec comme le lui a demandé à plusieurs reprises Manon Massé. « Le mot “crise” est fort. Il manque de logements. On est en train d’en construire 15 000 [supplémentaires]. Notre gouvernement agit », a-t-il souligné. « Le premier ministre ne connaît rien au niveau du logement. Ce qu’il est en train de parler, c’est de logement social — et le logement social, c’est pour les plus pauvres de notre société », a rétorqué Manon Massé.

M. Legault a tenté de « rassure[r] la chef de Québec solidaire » : « je ne suis pas déconnectée et oui il y a des loyers à 600 à 1000 dollars surtout quand on est deux pour partager un loyer. Mais, ce n’est pas vrai que tous les étudiants paient 1310 $», lui a-t-il dit.

À l’instar de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), QS demande au gouvernement caquiste de renouveler le moratoire sur les reprises de logement et les évictions des locataires, en plus d’assouplir les conditions d’admission au programme Supplément au loyer (PSL), et de « débloquer des sommes suffisantes » pour accroître l’aide aux locataires « dans la recherche de logement, leur hébergement temporaire, l’entreposage de leurs biens, leur relocalisation et la défense de leurs droits ».

Pour l’heure, le gouvernement caquiste mise sur une accélération des mises en chantier de nouvelle construction afin de pallier la pénurie de logements abordables. « On va continuer de construire des logements à prix abordable. Puis, le marché va continuer de construire davantage puisqu’il y a une plus grande demande actuellement que ce qu’on a vu il y a un an ou deux ans », a répété M. Legault dans le Salon rouge de l’hôtel du parlement.

À voir en vidéo