Vaccination des jeunes, passeport vaccinal, deuxième dose: les réponses du gouvernement Legault

De la vaccination des jeunes dans les écoles au passeport vaccinal, en passant par le recours aux cliniques privées, beaucoup de questions ont été posées au ministre de la Santé et des Services sociaux Christian Dubé et au directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, lors de l’étude des crédits budgétaires au Salon bleu. Pot-pourri des réponses.

Une campagne de vaccination pour la rentrée ?

Le scénario est à l’étude, selon le Dr Horacio Arruda. Avant de lancer une telle opération, il faudra bien sûr que des vaccins soient homologués pour les moins de 16 ans par Santé Canada. Cela pourrait être le cas de celui de Pfizer / BioNTech. L’entreprise a déjà annoncé que son vaccin était efficace et sûr chez les adolescents de 12 à 16 ans.

Dépendamment des arrivages de vaccins, « il pourrait y avoir effectivement une campagne de vaccination notamment des élèves de 12 à 16 ans, potentiellement avant la rentrée scolaire », a répondu le Dr Horacio Arruda à la porte-parole libérale en matière de santé Marie Montpetit.

Et le passeport vaccinal ?

Si on y a recours, son « utilisation » sera marginale, estime le Dr Horacio Arruda. Lors des crédits budgétaires, le directeur national de santé publique a émis plusieurs réserves à l’égard d’un passeport qui permettrait aux citoyens immunisés d’avoir accès à des services ou des lieux. « Il y a énormément d’enjeux éthiques », a-t-il dit.

D’après lui, les « avantages » ne sont pas « si élevés que ça » par rapport « aux inconvénients ». « Je pense qu’on surestime ce que ça peut faire, a affirmé le Dr Horacio Arruda. Et je pense qu’on sous-estime les effets pervers, tous les enjeux d’opérationnalisation et la mauvaise utilisation que ça pourrait apporter au niveau de certains groupes. »

Le ministre Christian Dubé a pour sa part indiqué qu’une rencontre devait avoir lieu cette semaine avec la sous-ministre à Santé Dominique Savoie au sujet de la mise en place d’une preuve vaccinale numérique. Un document semblable existe déjà pour le vaccin de la fièvre jaune, par exemple, lorsqu’on voyage dans certains pays.

Saga des tests de qualité de l’air dans les écoles

« Il y a un certain inconfort, on va se le dire. » C’est ce qu’a répondu le Dr Horacio Arruda à Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de Québec Solidaire en matière de santé, lorsqu’il lui a demandé comment il avait réagi lorsque le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge avait affirmé que la Santé publique avait « validé » les tests de qualité de l’air dans les écoles, ce qui était faux selon des documents obtenus par Radio-Canada.

Le Dr Horacio Arruda a précisé que la Santé publique avait fait des commentaires sur les protocoles, mais qu’elle ne les avait pas validés. Il a expliqué qu’à la suite de la déclaration du ministre Jean-François Roberge, le Dr Richard Massé, responsable du dossier de la qualité de l’air, « est entré en contact avec le sous-ministre à l’Éducation pour lui dire qu’il avait effectivement fait des commentaires, mais qu’il n’était pas nécessairement convaincu que tous les commentaires avaient été pris en considération. »

Retard dans les mammographies

En plus d’avoir un impact sur les chirurgies, le délestage des activités a ralenti la réalisation des mammographies. Environ 250 000 mammographies ont été effectuées en 2020, contre 333 000 l’année précédente, a indiqué la sous-ministre adjointe Lucie Opatrny.

Au début de la pandémie, le programme québécois de dépistage, destiné aux femmes entre 50 et 69 ans, a été mis en suspens pendant plusieurs mois, ce qui a fait craindre une vague de cancers du sein. Les activités ont repris complètement en juin. Malgré tout, le Québec accuse un retard de 80 000 mammographies.

Selon la Dre Opatrny, les femmes qui ont reçu une lettre les invitant à subir une mammographie n’ont pas pris de rendez-vous. « Il n’y a pas d’enjeu en termes d’imagerie, pas d’enjeu en termes de places », a-t-elle assuré.

Une deuxième dose pour tous les Québécois d’ici la Fête du Travail ?

La Fête du Travail a lieu le 6 septembre. Les Québécois peuvent-ils espérer avoir reçu leur deuxième dose d’ici là ? Trop tôt pour le dire, d’après le ministre Christian Dubé. « Sur la deuxième dose, l’engagement qu’on a pris, c’est de respecter nos 112 jours », a-t-il précisé. Le Québec a fixé à quatre mois le délai maximal entre l’administration des deux doses.

La date à encercler sur le calendrier demeure le 24 juin. Lors des crédits budgétaires, le ministre Christian Dubé a indiqué que le gouvernement a pour objectif d’offrir une deuxième dose à 500 000 Québécois d’ici la Fête nationale. Il préfère ne pas s’avancer davantage. « Plus loin que ça pour le moment, on aime mieux être prudent et on reviendra en temps et lieu quand ce sera le temps de confirmer d’autres dates », a-t-il dit. Tout dépendra, encore une fois, de la livraison des vaccins.

Recours aux cliniques privées

La députée libérale Marie Montpetit a demandé au ministre Christian Dubé quelles sommes ont été dépensées dans le secteur privé pour le rattrapage des chirurgies et des examens en radiologie depuis le début de la pandémie.

Christian Dubé a indiqué que l’information n’est pas encore disponible, l’exercice financier s’étant terminé le 31 mars. Il a indiqué que 25 ententes ont été conclues avec 11 cliniques privées. La valeur des contrats représente 40 millions de dollars par année, a-t-il précisé. Marie Montpetit a dénoncé ce manque de transparence.

En avril dernier, Le Devoir a révélé que des centres médicaux spécialisés, qui effectuent des chirurgies d’un jour pour le réseau public, ont négocié avec les établissements de santé une marge de profit de 15 % plutôt que de 10 % comme par le passé.

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