Le décès de Francine Boyer sera-t-il un «moment décisif» dans la campagne de vaccination?

Le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé

Le décès de Francine Boyer en lien avec le vaccin d’AstraZeneca risque d’être un « moment décisif » dans la campagne de vaccination, selon Pascal Bérubé.

Cette Québécoise de 54 ans a été identifiée par sa famille dans un communiqué publié mardi soir.

Mercredi matin, le chef parlementaire du Parti québécois (PQ) a dit craindre que ce décès ne ralentisse le rythme de vaccination au Québec et nuise aux objectifs du gouvernement. Il a déclaré en point de presse que les gens dans sa circonscription de Matane-Matapédia avaient peur, et que plusieurs d’entre eux ne voulaient maintenant plus de ce vaccin.

C’est un « game changer », a-t-il dit.

Selon M. Bérubé, il est « clair » que ce décès aura un impact, peut-être même sur l’objectif du gouvernement d’offrir une première dose de vaccin à tous les Québécois qui le souhaitent d’ici au 24 juin. Dans les circonstances, le gouvernement devrait se hâter de mettre sur pied une campagne d’information afin de rassurer la population, suggère-t-il.

Lui-même n’avait pas l’air rassuré mercredi, lorsqu’il a comparé le vaccin d’AstraZeneca à une « loterie ». « Qui peut nous rassurer ? Bien, les scientifiques, en disant : “Voici la loterie, voici le taux de complications possibles. […] Soyez attentifs après l’admission du vaccin” », a-t-il déclaré.

Depuis le début, l’AstraZeneca a été « difficile à vendre, et là, quelqu’un est mort », a ajouté l’élu péquiste. « C’est un gros problème. […] C’est difficile de convaincre un quinquagénaire de se faire vacciner avec l’AstraZeneca, quand une personne du même âge est décédée au Québec. Ce n’est pas de la bonne publicité. »

Le gouvernement fait face à un « défi », a renchéri le leader parlementaire du Parti libéral du Québec (PLQ), André Fortin. « Lorsque tu te rends à la clinique de vaccination, tu t’attends à être protégé. […] Il y a des gens qui ont des craintes par rapport à ce vaccin-là, et on ne peut pas simplement les mettre de côté, les ignorer. Il y a un devoir d’informer, tant au niveau des bénéfices qu’au niveau des risques. »

La co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Manon Massé, qui est âgée de 57 ans, a affirmé pour sa part avoir reçu le vaccin d’AstraZeneca. « Je me porte bien, a-t-elle dit. Je ne crois pas que le risque zéro existe. Mais […] zéro vaccin, bien ça, c’est l’augmentation du virus, c’est certain. »

Un cas sur 100 000

Francine Boyer est décédée vendredi dernier d’une thrombose cérébrale à l’Institut neurologique de Montréal. Elle avait reçu une première dose du vaccin AstraZeneca le 9 avril.

Au cours des jours qui ont suivi, Mme Boyer a ressenti une grande fatigue accompagnée de maux de tête. Elle s’est alors rendue à l’hôpital le plus près, puis, comme sa condition se dégradait, elle a été transférée à l’institut montréalais, indique un communiqué.

La famille de Mme Boyer a dit encourager les personnes qui reçoivent un vaccin à « rester alerte » quant aux réactions inhabituelles et à communiquer avec Info-Santé (811) en cas de doute.

Trois autres personnes sont sous surveillance au Québec, ayant éprouvé elles aussi des problèmes de santé possiblement reliés à la prise de ce vaccin.

Malgré cela, dans une optique de coût-bénéfice, le vaccin AstraZeneca demeure fiable, a soutenu mardi le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda. Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a également voulu se faire rassurant, en affirmant que 400 000 personnes avaient déjà reçu le vaccin AstraZeneca au cours des dernières semaines.

Québec savait que le risque de provoquer une thrombose cérébrale en injectant ce vaccin était d’un cas sur 100 000.

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