Le PLQ veut stopper la croissance du réseau collégial anglophone

La formation politique de Dominique Anglade veut laisser «la possibilité pour les francophones de fréquenter l’établissement de leur choix, dans le respect des exigences d’admission aux programmes convoités».
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne La formation politique de Dominique Anglade veut laisser «la possibilité pour les francophones de fréquenter l’établissement de leur choix, dans le respect des exigences d’admission aux programmes convoités».

Dominique Anglade sort des sentiers battus par ses prédécesseurs à la tête du Parti libéral du Québec et fait part de 27 propositions pour renforcer la langue française.

Elle suggère notamment de contingenter le nombre d’étudiants admis dans les cégeps anglophones, ce qui aurait pour effet d’y resserrer l’accès des jeunes non admissibles à l’enseignement en anglais année après année.

En clair, le PLQ propose de « maintenir le nombre actuel d’étudiants équivalent temps plein dans les cégeps anglophones » à leur niveau de 2019 tout en préservant « l’accès des Québécoises et Québécois issus des communautés d’expression anglaise ».

À l’instar de la Coalition avenir Québec (CAQ), l’équipe de Dominique Anglade refuse d’étendre la Charte de la langue française à l’enseignement collégial. Elle veut laisser « la possibilité pour les francophones de fréquenter l’établissement de leur choix, dans le respect des exigences d’admission aux programmes convoités ».

Le PLQ recommande aussi d’offrir des cours de français gratuits à tous les étudiants qui souhaitent parfaire leur maîtrise de la langue française, en plus de bonifier l’offre de cours en langue française dans les établissements collégiaux anglophones. « Cette offre de cours ne devrait pas se limiter aux cours de français langue seconde, mais être encouragée en incluant au moins trois cours en français offerts dans chaque programme d’études », précise la porte-parole de l’opposition officielle pour la protection de la langue française, Hélène David.

Aux yeux du PLQ, « la maîtrise de plusieurs langues ajoute à notre richesse collective, mais elle ne devrait être requise que dans des situations circonscrites et justifiées ».

Police du bonjour-Hi ?

La formation politique de Dominique Anglade dit être prête à « redonn [er] au centre-ville commercial et touristique de Montréal sa force, son image et son accent francophone » en stoppant net le déclin du français dans l’accueil dans les commerces — de 84,2 % en 2010 à 74,6 % en 2017. Elle propose la mise sur pied d’une « équipe dédiée [SIC] à la promotion, au soutien et à la francisation des commerces » du centre-ville de la métropole, de concert notamment avec la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Le PLQ dit aussi être partant pour appliquer les dispositions de la Charte de la langue française aux entreprises de 25 à 49 employés tout en promettant de les « accompagner dans leur francisation ».

À la trappe l’OQLF

Décrit comme une « une superstructure avec des rôles parfois contradictoires », l’OQLF passerait à la trappe s’il n’en tenait qu’au PLQ.

L’« Office de protection et de valorisation de la langue française » lui succéderait. Son personnel serait appelé à « intensifier et diversifier les actions de promotion et de protection de la langue française » en ayant « une présence plus proactive sur le terrain ».

Le PLQ suggère aussi la création d’un Commissaire à langue française indépendant. Désigné par l’Assemblée nationale, celui-ci serait chargé de faire rapport annuellement de l’état de la langue française, en plus de passer au crible les politiques linguistiques publiques des composantes de l’État québécois.

Article 1 de la Loi 104

Par ailleurs, le PLQ s’engage désormais à mettre en œuvre une disposition de la loi 104 adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale il y a près de 20 ans visant à forcer tous les ministères, organismes et sociétés d’État à utiliser uniquement le français dans toutes leurs communications écrites avec les personnes morales établies au Québec et les autres gouvernements.

Le gouvernement de Philippe Couillard s’était toujours refusé de l’appliquer, et ce, « pour les mêmes raisons que tous les gouvernements qui nous ont précédés, péquistes ou libéraux, depuis 2002 » expliquait le ministre Luc Fortin en 2017. « C’est clair que je vais plus loin. Il faut regarder les choses en face », a mentionné Dominique Anglade tout en attendant le plan d’action « costaud » pour renforcer la langue française promis par le ministre Simon Jolin-Barrette. « Il est de notre devoir, pour maintenant et pour toujours, de garder bien vivante cette langue française qui nous habite, dans ce Québec bâti par ceux et celles qui nous ont précédés, habité par nous et protégé à jamais pour ceux et celles qui nous suivront », a-t-elle insisté vendredi.

L’état-major du PLQ est convaincu d’avoir identifié « les assises autour desquelles l’ensemble des Québécoises et Québécois, de toutes les origines, peut aisément s’unir et se rallier ».

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