Legault estime que l’opposition à la loi 21 va à l’encontre des «valeurs québécoises»

La cheffe libérale Dominique Anglade «vient d’échouer [à] son test de leadership» en affirmant qu'elle laissera les tribunaux décider du sort de la loi 21, selon François Legault.
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne La cheffe libérale Dominique Anglade «vient d’échouer [à] son test de leadership» en affirmant qu'elle laissera les tribunaux décider du sort de la loi 21, selon François Legault.

Le premier ministre, François Legault, juge que la cheffe libérale, Dominique Anglade, choisit de ne pas « défendre les valeurs québécoises » en laissant les tribunaux décider du sort de la Loi sur la laïcité de l’État.

« Dominique Anglade vient d’échouer [à] son test de leadership. Elle est incapable de défendre les valeurs des Québécois », a lancé le chef du gouvernement jeudi.

La veille, son adversaire politique avait déclaré au Devoir qu’une fois élue, elle ne renouvellerait pas les clauses dérogatoires imbriquées dans la « loi 21 ». Elle laisserait donc le soin aux tribunaux de décider du sort du port de signes religieux et de l’obligation d’avoir le visage découvert dans la prestation et la réception de services publics.

Or, pour François Legault, cela équivaut à abdiquer sa responsabilité de défendre « les valeurs québécoises ».

« Il y a une grande majorité de Québécois qui sont d’accord avec la loi 21. Une grande majorité qui dit : les personnes en autorité ne devraient pas porter de signes religieux », a déclaré M. Legault. « Mme Anglade laisse tomber les Québécois, elle a peur de son caucus et, au lieu de défendre les Québécois et ce que souhaitent les Québécois, elle vient défendre une petite minorité dans son caucus », a-t-il ajouté.

En entrevue, la cheffe libérale s’est dit « en faveur » de la laïcité. Elle a néanmoins dénoncé le recours « très large » aux clauses dérogatoires qu’a fait le gouvernement Legault, qui a de surcroît utilisé le bâillon pour faire adopter son projet de loi sur la laïcité de l’État.

Mme Anglade s’est en revanche dit ouverte à ce que la clause dérogatoire soit utilisée dans un projet de loi visant à renforcer la langue française. Devant les médias jeudi, le premier ministre Legault a déclaré que cette option n’était surtout pas à exclure afin de protéger le plan d’action qu’il doit déposer sous peu. « Il y a de bonnes chances qu’on l’utilise », a-t-il affirmé.

Dans le livre Cap sur le Québec gagnant, publié en 2013, François Legault avait d’ailleurs écrit que « l’Assemblée nationale du Québec doit disposer de l’autonomie nécessaire pour défendre la langue française ». Il avait aussi ajouté : « Voilà pourquoi je n’écarte pas le recours à la clause dérogatoire pour la défendre si cela devait s’avérer nécessaire. »

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