Le chroniqueur et animateur Éric Duhaime devient chef du Parti conservateur du Québec

Éric Duhaime a récolté 95% des 9886 votes devant son seul autre adversaire, l’informaticien Daniel Brisson, qui a obtenu 5% des suffrages.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Éric Duhaime a récolté 95% des 9886 votes devant son seul autre adversaire, l’informaticien Daniel Brisson, qui a obtenu 5% des suffrages.

Le Parti conservateur du Québec a un nouveau chef dont la notoriété dépasse de loin la sienne.

« Je veux défendre les gens ordinaires », a déclaré le chroniqueur et animateur Éric Duhaime après avoir été élu chef du Parti conservateur du Québec par une écrasante majorité des voix au terme d’une course entièrement virtuelle qui s’est étendue sur six mois.

Dans son discours de victoire, le nouveau chef de la formation de droite a expliqué qu’il compte défendre ceux qui « se sont fait traiter d’édentés parce qu’ils ne sont pas d’accord avec ce qu’est en train de faire le gouvernement ou qui se font traiter à tort et à travers de complotistes, de covidiots, de touristatas ou même de pissous par François Legault et une élite médiatique et politique qui a perdu le contact avec la réalité du monde ordinaire ».

Il a dit qu’il portera également la voix de ceux qu’il a qualifiés de « sacrifiés de la COVID », des gens qui « souffrent énormément présentement de l’extrémisme sanitaire […] et de l’incompétence » du gouvernement caquiste.

Éric Duhaime a récolté 95 % des 9886 votes devant son seul autre adversaire, l’informaticien Daniel Brisson, qui a obtenu 5 % des suffrages, a annoncé le parti samedi en fin d’après-midi dans un hôtel de Québec.

Le nouveau chef, qui habite à Québec, succède à Adrien Pouliot, qui avait annoncé son intention de démissionner à la mi-octobre après sept années à la tête du parti.

M. Duhaime a affirmé qu’on ne peut conclure à la lumière de la crise sanitaire que le système de santé québécois est devenu « tout simplement indéfendable dans sa forme actuelle » et qu’il doit être réformé en profondeur.

« Tous les Québécois doivent avoir accès facile et rapide à des soins de santé de qualité, a-t-il tranché. C’est un principe qui n’est pas négociable, mais tout le reste doit être mis sur la table et passé en revue. »

Selon lui, le problème serait réglé essentiellement en décentralisant le processus de décision dans le système de santé et en le privatisant davantage.

Le parti doit également prendre « un virage nationaliste, un virage patriotique », a lancé le nouveau chef, précisant au passage qu’il ne s’agit pas d’un « virage de chicanes constitutionnelles ou linguistiques » avant de dire dans la langue de Shakespeare que les Anglo-Québécois ont des droits historiques qui doivent être respectés.

Environ 1500 personnes ont suivi le dévoilement des résultats en direct sur la page Facebook du parti. Comme dans toute bonne course à la direction, l’annonce du résultat a été retardée. La qualité sonore était cependant si mauvaise pendant les dix premières minutes de l’événement que les organisateurs l’ont interrompu le temps de corriger le problème.

La formation politique se félicite d’avoir multiplié par 20 son nombre de membres durant la course, le faisant passer à plus de 14 000.

Le PCQ avait remporté 1,46 % des suffrages lors des élections provinciales de 2018, terminant en sixième position, soit derrière le Parti vert du Québec.

Éric Duhaime a cofondé le Réseau Liberté-Québec, un organisme sans but lucratif ayant pour objectif de rassembler la droite libertarienne.

Le nouveau chef tentera maintenant de décrocher un siège à l’Assemblée nationale. Il n’en sera pas à son premier essai, s’étant précédemment présenté lors des élections de 2003 sous la bannière de l’Action démocratique du Québec dans la circonscription de Deux-Montagnes. Il avait alors terminé en troisième place.

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