François Legault dit être «complètement transparent» dans ses conférences de presse

Le premier ministre François Legault
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Le premier ministre François Legault

Le premier ministre François Legault dit « se concentrer sur les grandes mesures » visant à freiner la propagation de la COVID-19 dans ses conférences de presse « pour être capable de bien les communiquer », ce qui ne l’empêche pas d’être « complètement transparent » selon lui.

« Je vous donne toutes les informations importantes, puis je vais continuer de le faire », a-t-il déclaré mardi.

M. Legault s’est fait reprocher d’avoir passé sous silence, dans des sorties publiques au cours des dernières semaines, « de l’information importante » concernant notamment les déplacements entre les zones rouges, orange et jaunes, la distanciation dans les salles de spectacle, la fréquentation des cégeps et le port du masque à l’extérieur « entraîn[ant] de la confusion dans la population ».

Le chef parlementaire du troisième groupe d’opposition, Pascal Bérubé a demandé au premier ministre de dévoiler par voie de communiqué toutes nouvelles mesures sanitaires une heure avant de se présenter devant les caméras et les micros des journalistes — et non après — afin de permettre une « véritable reddition de comptes ». « Lorsqu’on dispose d’une tribune aussi importante sur deux canaux télévisés d’information continue, à la radio, sur le Web, dans la couverture, la moindre des choses, c’est d’informer correctement et de donner toute l’information », a fait valoir l’élu péquiste à son retour à l’Assemblée nationale.

L’omission de détails, « si ça ne sert pas l’information, ça sert quoi ? La réélection [de la Coalition avenir Québec] ? » a demandé M. Bérubé en Chambre.

Défis de la transparence et de la cohérence

Le gouvernement québécois a aussi dû justifier la décision d’obliger le port du masque lors d’activités extérieures regroupant deux personnes ne résidant pas à la même adresse ou plus.

D’ailleurs, pourquoi deux personnes formant un couple qui n’habitent pas à la même adresse doivent-elles désormais porter un couvre-visage à l’extérieur, mais pas à l’intérieur ? M. Legault a laissé le soin au directeur national de santé publique, Horacio Arruda, d’expliquer les incohérences dans le florilège de consignes sanitaires.

Le médecin spécialisé en santé publique a reconnu l’existence d’une « certaine incohérence » parmi les consignes sanitaires. Il a par la suite répété l’objectif des mesures sanitaires : stopper la transmission des variants de SRAS-CoV-2 entre des « êtres sociaux » et éviter un débordement d’hôpitaux à travers le Québec. « L’objectif qu’on a principalement, ce n’est pas d’écœurer les gens, c’est de les protéger », a-t-il soutenu, tout en notant qu’aucune « étude contrôlée » ne justifiait l’obligation du port du masque lors d’activités extérieures en duo.

De son côté, François Legault a évoqué la difficulté de prévoir le moment où le réseau de la santé sera surchargé de patients atteints de la COVID-19. « Il n’y a pas de réponse simple », a-t-il dit, tout en soulignant que l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) et l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) « n’ont pas exactement les mêmes projections ». Qui plus est, ils sont incapables d’anticiper avec précision les infections (INSPQ) et les hospitalisations (INESSS) dans les régions hors de la métropole y compris les « trois […] particulièrement fragiles, difficiles, inquiétantes », c’est-à-dire la Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches et l’Outaouais, a ajouté le chef du gouvernement.

Le réseau de la santé bénéficie, à la lumière des informations dont il dispose, d’« une marge de manœuvre dans le grand Montréal, pour l’instant ». Ailleurs, « ça va être serré », a averti M. Legault sans plus de détails.

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