La CSN se prépare pour la grève

La CSN joint ainsi sa voix à celle des membres de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) et de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) qui ont rejeté l’offre de Sonia LeBel mardi.
Photo: Olivier Zuida Archives Le Devoir La CSN joint ainsi sa voix à celle des membres de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) et de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) qui ont rejeté l’offre de Sonia LeBel mardi.

Quelque 160 000 employés du secteur public devront bientôt décider s’ils appuieront un mouvement de débrayage. La Confédération des syndicats nationaux (CSN) tentera d’obtenir un mandat de grève de ses syndicats affiliés d’ici le 10 mai.

« Le gouvernement n’a pas bougé d’un pouce sur ses priorités, mais elles laissent à notre avis dans l’angle mort des pans entiers des services publics importants à la population », a affirmé la vice-présidente de la CSN, Caroline Senneville. Elle a par la suite qualifié l’offre présentée par la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, la semaine dernière « d’opération de communication ».

Le mandat de grève des membres de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) serait illimité, tandis que celui de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN), de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN) et de la Fédération des professionnèles (FP–CSN) serait de cinq jours.

La ministre LeBel s’était dite convaincue la semaine dernière que sa nouvelle offre — la troisième depuis le début des négociations en décembre 2019 — lui permettrait enfin « de trouver un terrain d’entente » avec les employés du secteur public.

Elle maintient l’augmentation de salaire de 5 % sur trois ans — 1,75 %, 1,75 % et 1,5 % — désormais supérieure à l’inflation, puisque la projection du taux d’inflation a diminué depuis et se situe à 4,87 % entre 2020 et 2023. Elle ajoute toutefois une bonification de 1 % à condition que l’inflation dépasse les 5 % et que la croissance économique anticipée par le gouvernement se matérialise. Se joint un montant forfaitaire de 400 millions de dollars pour l’ensemble des employés du secteur public et une augmentation de salaire supérieure pour ceux gagnant en deçà de 50 000 $ annuellement.

La ministre offre également de nouveaux montants pour régler la question des conditions de travail, particulièrement décriées dans les réseaux de la santé et de l’éducation. Par exemple, en éducation, le gouvernement accorde une augmentation de salaire plus importante aux enseignants en début de carrière, crée un nouveau statut d’enseignant émérite, retire la surveillance des récréations et accorde davantage d’autonomie.

Or, selon la CSN, cette proposition ne règle pas le problème des mauvaises conditions de travail, qui nuit à la rétention des employés du secteur public. « On atteint des taux records d’absence au travail, d’accidents de travail », a constaté la vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Josée Marcotte. « La partie patronale, ce qu’elle nous propose, c’est de mettre en place un comité de travail et de produire un bilan trois mois après l’échéance de la convention collective et de mettre en place des projets-pilotes ici et là, a-t-elle ajouté. Nous, ce qu’on dit, c’est que les problèmes, on les connaît et on a besoin de solutions maintenant. »

Cette dernière offre démontre que le gouvernement Legault ne comprend pas l’impact des services publics, selon la centrale syndicale. « Quand on s’est mis sur pause et que les écoles ont fermé, ça a eu un impact sur l’économie, a rappelé Mme Senneville. Quand les services de garde n’ont pas pu faire leur travail, ça a eu un impact sur l’économie. Les PME ne pourront pas fonctionner à plein régime avec un système de santé qui, lui, ne fonctionne pas à plein régime, alors je pense que c’est vraiment un manque de vision politique. »

La CSN joint ainsi sa voix à celles des membres de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) et de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), qui ont rejeté l’offre de Sonia LeBel mardi. Les deux syndicats réclament un rattrapage salarial. Les conventions collectives des 550 000 employés du secteur public sont échues depuis le 31 mars 2020.

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