Le vaccin désormais accessible à tous les Québécois de 60 ans et plus

Pendant que les variants du coronavirus continuent de gagner du terrain, Québec ouvre la vaccination à de nouvelles tranches d’âge et à de nouvelles catégories prioritaires. Les personnes de 60 ans et plus pourront prendre un rendez-vous pour se faire vacciner contre la COVID-19 partout dans la province dès jeudi matin. Les lieux de vaccination sans rendez-vous pour le vaccin AstraZeneca, pour les personnes âgées de 55 ans et plus, seront aussi ouverts dès jeudi matin à Montréal et vendredi dans plusieurs autres régions.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, accompagné du directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, et du directeur de la campagne de vaccination, Daniel Paré, a fait le point mercredi matin sur la situation actuelle de la vaccination contre la COVID-19 au Québec.

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En ce qui concerne les travailleurs essentiels et les personnes souffrant d’une maladie chronique de moins de 60 ans et vivant sur l’île de Montréal, c’est à partir de lundi prochain qu’ils pourront être vaccinés. La liste exacte des travailleurs essentiels restait encore à dévoiler au moment où ces lignes étaient écrites. Elle comprendra notamment le personnel en milieu scolaire ou éducatif, celui du milieu communautaire, les travailleurs dans les abattoirs, ainsi que les pompiers et les policiers. Les travailleurs temporaires agricoles et les travailleurs miniers en région éloignée font aussi partie de cette catégorie prioritaire, mais ils attendront encore quelques semaines s’ils se trouvent en dehors de Montréal.

Pour les Montréalais souffrant d’une maladie chronique, le Dr Arruda a dressé une liste préliminaire en conférence de presse. Celle-ci comprend les personnes qui ont reçu une greffe d’organe ou de moelle osseuse, celles qui suivent présentement des traitements contre le cancer ou une dialyse à cause de l’insuffisance rénale ou encore celles qui ont déjà eu une réaction allergique après une vaccination. Les rendez-vous pour les personnes souffrant d’une maladie chronique ne se feront pas dans les centres de vaccination, mais plutôt lors de rencontres de suivi ou de traitement en milieu hospitalier ou dans des cliniques désignées.

Pour l’instant, la vaccination de ces groupes est prévue à Montréal pour environ 300 000 personnes, avant de passer à la catégorie de la population en général de 60 ans et moins dans quelques semaines. À l’échelle du Québec, ces deux catégories constitueraient environ un million de personnes, a indiqué le ministre Dubé en conférence de presse.

Point de presse à 17 h jeudi

Québec signalait mercredi 1270 nouveaux cas de COVID-19 et huit nouveaux décès, en plus d’une forte hausse des hospitalisations. Le bilan s’élève maintenant à 319 802 personnes infectées, dont 298 298 sont considérées comme rétablies, et à 10 709 décès. Le nombre d’hospitalisations a fait un bond de 29, pour atteindre 543, tandis que deux personnes de plus se trouvent aux soins intensifs, soit 123.

Face à la hausse des cas dans la région de Québec, le cabinet de François Legault a annoncé mercredi soir la tenue d’une conférence de presse, jeudi, à 17 h. Les détails de l’annonce n’ont pas été précisés. Mais cette plage horaire est d’ordinaire réservée aux restrictions sanitaires. La forte hausse du nombre de cas dans les régions de la Capitale-Nationale (entre 400 et 500) et de Chaudière-Appalaches laisse entrevoir un prolongement des mesures spéciales d’urgence.

Par ailleurs, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a annoncé qu’à compter de jeudi, le port du masque médical en continu sera exigé à l’intérieur dans les milieux de travail, partout au Québec. La CNESST explique sa décision par la menace posée par les variants de la COVID-19.

Distribution du vaccin d’AstraZeneca

Selon la liste publiée mercredi, près d’une cinquantaine de cliniques sans rendez-vous offriront le vaccin d’AstraZeneca dès jeudi à Montréal, à Québec, en Estrie et dans les autres régions d’ici quelques jours. Toute personne de 55 ans et plus désirant se faire vacciner sans rendez-vous ou voulant devancer un rendez-vous déjà pris pourra se présenter dans ces cliniques. Elles fonctionneront sans rendez-vous de 8 h à 20 h jusqu’à dimanche, puis des rendez-vous pourront être pris sur la plateforme Clic Santé. Pour toutes les prises de rendez-vous, c’est l’année de naissance qui compte, et non l’âge exact au moment de s’inscrire.

« On souhaiterait avoir un problème de congestion pour l’AstraZeneca », a dit Daniel Paré, faisant référence ainsi à la mauvaise presse reçue par ce vaccin. Une liste d’attente ou un système de coupons pourra être établi en cas d’engorgement, a-t-il aussi indiqué. Ces vaccins viennent à expiration à la fin mai, a précisé M. Paré, et ils doivent donc être administrés d’ici là.

Québec dispose de 350 000 doses du vaccin d’AstraZeneca pour toutes les régions, à l’exception de l’Abitibi-Témiscamingue, car le variant sud-africain qui y circule résiste à ce vaccin.

Une réponse favorable de la population à ce vaccin permettrait d’augmenter la cadence jusqu’à 70 000 injections par jour, a indiqué le ministre Dubé. « Il ne faut pas hésiter à recevoir ce vaccin si vous avez 55 ans et plus. Tout le temps que vous attendez, vous demeurez à risque de contracter le virus », a-t-il affirmé, rappelant que le vaccin est « totalement sécuritaire » malgré les « réticences » de certaines personnes.

Mercredi, l’Agence européenne des médicaments (AEM) a confirmé que les caillots sanguins devraient être répertoriés comme effet secondaire « très rare » du vaccin AstraZeneca. Santé Canada analysera ces conclusions sous peu de même que des données attendues du fabricant, pour faire un rapport au Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI).Ce comité, à son tour, déterminera s’il modifie sa recommandation d’ici deux à quatre semaines, a indiqué mercredi la présidente du CCNI, la Dre Caroline Quach. « Mais pour l’instant, ça ne change rien à notre recommandation actuelle », a-t-elle assuré.

Le CCNI a également réitéré sa recommandation d’un délai maximal de quatre mois entre l’administration des premières et des secondes doses de vaccin, tout en se disant optimiste quant à une accélération potentielle grâce à la livraison accrue de doses dans les prochaines semaines. « On pense qu’éventuellement un délai beaucoup plus court, autour de deux mois, sera possible avec les quantités disponibles », a-t-elle fait valoir.

Réactions

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a dit craindre que plusieurs corps d’emploi soient écartés en milieu scolaire ou dans les établissements pour la petite enfance. « C’est une question de cohérence pour éviter la fermeture de groupes et la rupture de services », a déclaré par communiqué Sonia Éthier, présidente de la CSQ. Elle aurait reçu la confirmation que tous les employés scolaires sont compris dans les travailleurs essentiels mercredi en milieu d’après-midi. Ce sont donc les concierges, les préposés de cafétéria, les surveillants, les secrétaires et les bibliothécaires qui seront vaccinés en plus des enseignants.

La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) a quant à elle appelé à élargir la vaccination en dehors de Montréal à tous les professeurs du Québec. « En raison de la rapidité avec laquelle les nouveaux variants se propagent et de leur dangerosité, le gouvernement doit tenir compte du fait que les éclosions surviennent dans les écoles peu importe la zone dans laquelle elles se situent », a affirmé Sylvain Mallette, président de la FAE.

Il y a actuellement plus de 700 000 doses des divers vaccins qui ont été reçues, mais qui n’ont pas encore été administrées dans la province. Cette grande quantité de vaccins disponibles est en partie due aux gros arrivages de la semaine dernière et à la complexité de la distribution des vaccins entre les régions, a expliqué le ministre Dubé mercredi. L’objectif demeure de vacciner toutes les personnes de 60 ans et plus qui le souhaitent d’ici la fin avril. Tous les adultes du Québec auront reçu une dose avant le 24 juin, jure le ministre.

Durant le congé pascal, au moins 5000 places à Montréal pour la catégorie des 60 ans et plus n’ont pas trouvé preneur. Le ministre de la Santé a tenu à « remettre ce chiffre en perspective », en précisant que 300 000 rendez-vous ont été pris au total la semaine dernière. « 5000 places, ça représente moins de 2 % de tous les rendez-vous », a-t-il répété.

Des policiers de Montréal ont ainsi été vaccinés dans des sites moins occupés au cours de la fin de semaine pour éviter que des doses restantes en fin de journée soient perdues. Au total, le ministère de la Santé avance que seules 232 doses auraient été perdues « par accident », a indiqué M. Dubé, sur environ 1,6 million de doses déjà administrées.

La vaccination dans les entreprises commencera le 1er mai et une annonce plus précise en ce sens sera faite jeudi.

Avec Marie Vastel, Jean-Louis Bordeleau et La Presse canadienne

Plus d’un rendez-vous par personne

Des gens ont pu réserver plusieurs rendez-vous sur la plateforme Clic Santé pour recevoir une première dose de vaccin contre la COVID-19. Le Devoir a appris que le ministère de la Santé avait mis fin à cette pratique la semaine dernière. Difficile de savoir quel a été l’impact de ce phénomène sur la campagne de vaccination puisqu’on n’a pas compilé de données. Le ministre Christian Dubé a affirmé en conférence de presse mercredi que, généralement, 4 % des gens ne se présentent pas à leur rendez-vous. Ce pourcentage était encore plus bas, à environ 2 %, pendant la semaine du 29 mars au 5 avril. Le ministère demande aux CISSS et aux CIUSSS d’avoir un « plan B » pour éviter de gaspiller des doses, comme garder une liste de travailleurs de la santé à vacciner à portée de la main ou vacciner les bénévoles sur place. Outre la prise de rendez-vous multiple, les empêchements de dernière minute ou les oublis, les craintes quant au vaccin d’AstraZeneca pourraient expliquer que des gens ne se présentent pas à leur rendez-vous, selon le ministère.

Mylène Crête

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