Guy Rocher: «Ce que je souhaite à Simon Jolin-Barrette, c’est d’être le Camille Laurin de la CAQ»

Avec la réforme de la Charte de la langue française, Guy Rocher invite Simon Jolin-Barrette à devenir le «Camille Laurin de la CAQ».
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Avec la réforme de la Charte de la langue française, Guy Rocher invite Simon Jolin-Barrette à devenir le «Camille Laurin de la CAQ».

Le sociologue Guy Rocher — ancien allié du père de la loi 101, Camille Laurin — fonde beaucoup d’espoir sur le ministre Simon Jolin-Barrette, qu’il invite à ne pas faire dans la « demi-mesure » avec son plan d’action pour renforcer la présence de la langue française.

Le ministre Simon Jolin-Barrette n’a d’autre choix que d’imposer l’usage exclusif du français dans l’affichage public, en plus d’étendre la loi 101 aux cégeps ainsi qu’aux petites et moyennes entreprises (PME) pour assurer la vitalité du français face à « la puissance de l’attrait de la langue anglaise dans tous les domaines », fait valoir Guy Rocher.

« Ce que je souhaite à Simon Jolin-Barrette, c’est d’être le Camille Laurin de la CAQ », résume le coauteur de la Charte de la langue française dans un entretien avec Le Devoir. L’élu caquiste de 34 ans peut y arriver s’il fait montre du même « courage » qu’il avait trouvé pour assurer l’adoption de la Loi sur la laïcité de l’État par l’Assemblée nationale, en juin 2019, estime le professeur émérite à l’Université de Montréal.

Étendre la loi 101 aux cégeps

Devant le « grand attrait » de la langue anglaise chez les jeunes, Guy Rocher invite M. Jolin-Barrette à ne pas y aller par quatre chemins pour resserrer l’admission des francophones et des allophones dans les cégeps anglophones. « L’expérience qu’on a acquise avec la loi 101, c’est que si on ouvre une digue, elle éclate. Si on permet à un certain nombre, on va rapidement élargir la faille dans la digue », avertit le sociologue.

Dans cet esprit, le gouvernement caquiste doit, selon lui, étendre la Charte de la langue française aux études collégiales. « Si on permet aux francophones et aux allophones de poursuivre leurs études collégiales et universitaires en anglais, on s’en va vers une très grave crise culturelle et linguistique au Québec dans les vingt-cinq ou cinquante prochaines années, c’est évident », soutient M. Rocher, invitant à prendre conscience de la montée de « l’empire américain » en culture, en science, en affaires, etc.. «Quand on fait des lois aussi importantes que la loi 101 ou [celle qui est dans les cartons de Simon Jolin-Barrette], il ne faut pas regarder seulement le présent. Ce qui est important, c’est la prospective, c’est l’avenir. Moi, j’ai appris cela à la commission Parent. On travaillait pour les vingt-cinq ou cinquante prochaines années. C’était la même chose pour la loi 101 », ajoute l’homme de 96 ans ayant contribué à la démocratisation du système d’éducation et à « redonner des chances aux francophones, garçons et filles, du Québec qui jusque-là avaient été défavorisés ».

Photo: Chantal Keyser Archives Le Devoir Quelque 60 000 personnes se sont réunies le 12 mars 1989 à Montréal pour manifester en soutien au maintien de la loi 101, après la décision de la Cour suprême ayant invalidé ses dispositions sur l’affichage unilingue.

Le « nationalisme anti-anglais » qui régnait dans les campus durant les années 1970 a disparu. « Quand on a fait la loi 101, l’anglais ne connaissait pas chez les Canadiens français un attrait très fort. Il y avait même une répulsion, je dirais. Dans des collèges, il y avait des élèves qui refusaient d’apprendre l’anglais. »

Usage exclusif du français dans l’affichage public

Guy Rocher recommande à l’État québécois d’imposer (de nouveau) l’exigence de l’usage exclusif du français en matière d’affichage public et de publicité commerciale, quitte à recourir à la disposition de dérogation prévue à la Charte canadienne des droits et libertés. « Utiliser la disposition de dérogation, ce n’est pas un péché mortel », mentionne-t-il.

Le professeur Rocher rappelle que l’Assemblée nationale avait ordonné — sous l’impulsion du gouvernement de René Lévesque — l’usage exclusif du français en matière d’affichage public et de publicité commerciale avant de se faire rabrouer par la Cour suprême en 1988. « C’était l’attaque la plus sournoise de la Cour suprême du Canada parce que ça rétablissait le bilinguisme, ce qui allait exactement à l’encontre directement de la loi 101 qui établissait le français comme langue commune », souligne-t-il. Selon lui, la règle de la nette prédominance du français est insuffisante. Elle doit conséquemment passer à la trappe.

Franciser les PME

L’Office québécois de la langue française (OQLF) doit accompagner les PME pour qu’elles fassent du français la langue du travail sans les obliger à mettre sur pied un comité de francisation comme les grandes entreprises, poursuit Guy Rocher, tout en observant que les immigrants trouvent un emploi en grande partie dans les PME. « C’est particulièrement là que les immigrants se retrouvent, c’est particulièrement là qu’il y a un besoin de francisation », note-t-il, tout en évoquant la somme de 104 millions mise de côté dans le budget du Québec 2021-2022 pour « défendre et renforcer le statut du français comme langue officielle et langue commune du Québec ».

La « stratégie Laurin »

L’adoption des trois mesures draconiennes qu’il suggère poliment au ministre Jolin-Barrette ne réglera pas la question linguistique pour autant. « On va continuer à avoir un problème linguistique au Québec. C’est notre sort », indique M. Rocher, avant de soumettre une quatrième proposition : l’indépendance du Québec. « Pour moi, ce n’est pas dans le Canada que le Québec a un avenir. […] Tant qu’on est dans ce “carcan canadien”, on va avoir un problème linguistique, si ce n’est pas une crise », soutient-il, sachant très bien que les membres du gouvernement de François Legault — des « nationalistes québécois canadiens » — ne la retiendront pas. « Ils résument bien nos ambiguïtés. »

Guy Rocher exhorte le gouvernement caquiste à « agir dans l’esprit de Camille Laurin », qui n’a pas plié l’échine devant les doutes du premier ministre René Lévesque, du Conseil des ministres, du groupe parlementaire du Parti québécois, des autres membres de l’Assemblée nationale et des groupes de pression. « Il n’a pas eu peur d’arriver avec une loi qui ne faisait pas le bonheur de ceux qui étaient avec lui. Il n’a pas cherché à faire adopter la loi rapidement. »

Après avoir été ministre du Développement culturel, Camille Laurin a élaboré la Charte de la langue française, devenue près de 45 ans plus tard « le symbole de la survivance de la langue française et de notre singularité québécoise ». Les sociologues Fernand Dumont et Guy Rocher étaient à ses côtés. L’« ampleur » de la loi 101 avait étonné non seulement les députés d’opposition, mais aussi ceux du PQ. « Rien n’avait été oublié. »

« Je trouve cela dangereux, les demi-mesures. S’il y a quelque chose qui m’inquiète, c’est l’esprit des demi-mesures. Nous sommes à un moment où il faut agir d’une manière beaucoup plus vigoureuse », soutient-il au téléphone. « Quand on s’avance beaucoup, il faut après ça faire des compromis au besoin, mais garder le cap sur l’essentiel », poursuit le penseur et bâtisseur.

« À mon âge, 96 ans, ce qui me préoccupe, ce n’est pas le présent, c’est l’avenir… parce que je ne serai pas là pour me battre », conclut Guy Rocher.

État des lieux en quatre questions

Les membres de l’Assemblée nationale se sont dits partants pour étudier les mesures mises de l’avant par le ministre Simon Jolin-Barrette pour renforcer la présence du français. Quelles tâches les attendent?
 

La situation pour le Parlement québécois de légiférer en matière de langue française est beaucoup plus difficile et plus délicate qu’elle l’était. Nous avons fait la Loi 101 à l’intérieur du territoire du Québec contre l’anglais qui se trouvait dans les institutions anglaises, dans les entreprises anglaises. En 2021, on n’est plus du tout dans le même contexte. Le Québec est dans un contexte maintenant technologiquement mondial, politiquement mondial, économiquement mondial, culturellement mondial. Mais aussi, dans l’opinion publique, il n’y a pas l’homogénéité qu’il y avait en 1975. [À l’époque,] il y avait un consensus beaucoup plus étendu chez les Canadiens français qui appuyaient le Parti québécois, qui voulaient une législation forte et qui acceptaient une législation forte dans tous les domaines. Donc, le législateur pouvait se sentir beaucoup plus appuyé.
 

L’État québécois a-t-il raté des occasions de renforcer le français depuis l’adoption de la Loi 101?
 

Le problème fondamental des 45 dernières années, c’est que nous n’avons pas su lier la langue française et la culture d’un Québec français. C’est comme si la langue française n’était restée que parmi les outils de communication. « C’est un outil de communication », je l’ai entendu trop souvent chez les jeunes, mais pas seulement chez les jeunes. Nous n’avons pas réussi — c’est notre échec collectif —, à l’occasion de la valorisation de la langue française, à valoriser la culture québécoise de langue française, celle qui nous vient du XVIIIe siècle et surtout du XIXe siècle; la culture des intellectuels du XIXe siècle, des écrivains, des artistes, des chercheurs… Les deux ne sont pas liées et cela contribue à affaiblir la qualité de la langue. »
 

Les Québécois s’entendent pour accorder une plus grande protection à la langue française, mais se divisent sur les moyens pour y parvenir. Que doit-on comprendre?
 

En tant que sociologue, je ne m’étonne pas des contradictions qu’on vit dans une société. Il y a de nombreuses contradictions, et en ce qui concerne la langue française en particulier. Nos contradictions sont multiples et importantes. […] Devant l’anglais, qui évidemment est devenu tellement plus dominant que dans les années 1970, on a une relation amour-haine, c’est-à-dire qu’on est attirés vers l’anglais, mais en même temps, on s’en méfie. Il y a certainement dans l’inconscient collectif des Québécois un attachement profond à la langue française, ça, je le crois. C’est ce qui définit notre identité et on y tient. C’est aussi pour cela qu’il a un attachement même à la loi 101, qui est le symbole de la survivance de la langue française et de notre singularité québécoise. Ce n’est pas pour rien que cette loi domine toutes les autres en quelque sorte.
 

Y a-t-il une façon de mettre fin au débat linguistique? La nation québécoise est-elle condamnée à revivre des débats, des périodes de tensions sociales, pour assurer la survie de la langue?
 

De différentes manières, on va continuer à avoir un problème linguistique au Québec. C’est notre sort. Il y a une manière radicale pour y apporter une partie de solution, c’est l’indépendance du Québec. C’est aussi clair que ça pour moi. Je considère que rester dans le Canada comme une province du Canada, c’est à peu près ce qui nous menace le plus pour l’avenir. C’est évident que nous sommes appelés à assister à une réduction de notre présence démographique, politique, économique à l’intérieur du Canada. Tant qu’on est dans ce « carcan canadien », on va avoir un problème linguistique, si ce n’est pas une crise. […] Je vois bien que ce n’est pas le courant principal dans lequel nous vivons en ce moment. Ça ne me rassure pas pour l’avenir, parce que pour moi ce n’est pas dans le Canada que le Québec a un avenir.

Dave Noël et Marco Bélair-Cirino

  

Avancées et reculs linguistiques

Au sujet de la langue, les Québécois ont oscillé entre la « quiétude » et l’« inquiétude », indique Guy Rocher. Survol des débats linguistiques ayant animé la nation.

1793 Les élus du Bas-Canada débattent de la langue d’usage à l’Assemblée législative. Après avoir refusé d’accorder la primauté à l’anglais, la majorité parlementaire autorise l’emploi du français et de l’anglais.

1834 Le Parti patriote présente des résolutions dénonçant le fait que l’usage de la langue française soit « devenu pour les autorités coloniales un prétexte d’injure, d’exclusion [et] d’infériorité politique ».

1840 L’anglais devient la langue officielle exclusive de la nouvelle province du Canada-Uni formée de l’union du Bas et du Haut-Canada.

1910 Le Parlement québécois adopte un projet de loi imposant l’usage du français dans les contrats impliquant les compagnies de services d’utilité publique.

1969 Le projet de loi 63 du gouvernement unioniste de Jean-Jacques Bertrand est adopté. Une connaissance pratique du français est désormais exigée des élèves anglophones et des immigrants. On accorde toutefois le libre choix de la langue d’enseignement aux parents.

1974 Le français devient la langue officielle du Québec par l’adoption du projet de loi 22 présenté par les libéraux de Robert Bourassa. L’accès à l’école anglaise est restreint aux élèves ayant une maîtrise suffisante de la langue.

1977 L’adoption de la Charte de la langue française par le gouvernement péquiste de René Lévesque limite l’accès à l’école anglaise aux enfants nés d’un père ou d’une mère ayant reçu son enseignement primaire en anglais au Québec. L’usage exclusif du français est imposé dans l’affichage public, tandis que des programmes de francisation sont exigés des entreprises de 50 employés et plus. « La loi 101 nous a donné aux Québécois comme une rassurance : “Oui, bon, maintenant la langue française est sauvée au Québec”, et ça a entraîné même une indifférence, je dirais. Rapidement, cette loi 101 a été attaquée devant les tribunaux, elle a été charcutée, mais ça n’a pas provoqué de réactions très vives dans la population québécoise », mentionne Guy Rocher.

1988 Le gouvernement de Robert Bourassa fait adopter le projet de loi 178 visant à maintenir l’usage exclusif du français dans l’affichage extérieur pour une période de cinq ans.

1993 Le bilinguisme dans l’affichage est rétabli avec une nette prédominance du français par l’adoption du projet de loi 86. L’accès à l’école primaire et secondaire en anglais au Québec est élargi aux enfants nés d’un père ou d’une mère ayant reçu son enseignement dans cette langue au Canada.

2002 Le projet de loi 104 du gouvernement péquiste de Bernard Landry élimine les écoles-passerelles permettant aux élèves passés par le réseau scolaire anglophone non subventionné d’avoir accès à l’école publique en anglais.

2010 L’invalidation de la « loi 104 » par la Cour suprême amène les libéraux de Jean Charest à adopter le projet de loi 115 légalisant les écoles-passerelles pour les élèves dont le parcours scolaire est jugé « authentique ».

2013 Faute d’appuis des partis d’opposition, le projet de loi 14 visant à renforcer la Charte de la langue française est abandonné par le gouvernement minoritaire de Pauline Marois. La législation prévoyait notamment la francisation obligatoire des entreprises de 25 à 49 employés.

« Depuis quelques années, il y a une nouvelle inquiétude. Je ne dirais pas que nous vivons une crise linguistique. Ça n’a rien à voir avec celle des années 1960. Mais il y a peut-être une crise larvée. Si ce n’est pas une crise, c’est certainement un malaise important, et qui est fait de beaucoup d’ambiguïtés autour du français en ce moment, dans sa relation avec l’anglais, par exemple », souligne Guy Rocher.

Dave Noël et Marco Bélair-Cirino



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15 commentaires
  • Claude Bariteau - Abonné 3 avril 2021 07 h 14

    En politique, sans un ici avec les pouvoirs régaliens d’un État indépendant, l'ailleurs s'infiltre et déconstruit tout muret de protection ethnoculturel.

    La loi 101, adoptée par le gouvernement Lévesque, le fut en vue de créer un ici politique doté d'une langue officielle et présent sur la scène internationale.

    Or, l’ici qu'elle impliquait fut refusé deux fois. Aussi cette loi fut-elle hachurée par le Canada après qu'il ait adopté une constitution sans l’aval du gouvernement du Québec. Cette loi devint alors un muret de protection en région et une passoire dans le Grand Montréal où se sont ancrées les vues canadiennes alors que s’y implantaient les gens de l’immigration.

    En fait, le Canada, dès 1968, s’investit à ramener le Québec à ce qu’il fut sous les Britanniques et son travail s’accentua avec la fin du monde de Yalta à la suite de la chute du mur de Berlin. Très vite, le muret québécois fut assailli de telle sorte que l’ici rejeté en 1995 fut l’objet de charges à la fois canadiennes et internationales, qui engendré un mouvement de repli.

    Depuis, la loi 101 parut une babiole sans portée. Même avec une refonte majeure en éducation post-secondaire, dans les PME, dans l’affichage, en immigration et dans les communications du gouvernement du Québec, elle ne corrigera que temporairement les tendances lourdes si le Québec demeure une province du Canada dont les visées sont de faire de ce pays un empire économico-politique avec des ayants droit et des communautés multiformes.

    Pour le Québec, quitter cet univers en gestation, la seule issue consiste à créer un ici avec les pouvoirs régaliens. Tel est l’avisa de M. Rocher pour assurer un avenir québécois. Je partage ses vues. J’ajoute qu’elles peuvent seulement se réaliser par un mouvement porté par les futurs citoyens et futures citoyennes qui fonderont démocratiquement l’État indépendant du Québec et en définiront démocratiquement les contours.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 3 avril 2021 10 h 43

      COMMENT amener l'immigration et, le déjà citoyen de droit, à faire parti de ce "mouvement " des futurs citoyens et futures citoyennes qui fonderont l'État indépendant du Québec?...Par la CLAUSE NONOBSTANT...sur TOUT sujet/loi : culturel, politique, sociétal, économique, etc.etc, qui est à la base d'un Pays, d'un "ici"...comme vous le dites si bien M. Bariteau !
      Chapeau ....à M. Guy Rocher ! Toujours là...pour nous galvaniser. La Loi sur la Laïcité de l'État québécois / la Loi 21 / fut adoptée en juin 2019 par l'ASSNAT avec l'appui de cette clause....
      Robert Bourassa le fit de même en 1988 pour passer outre a une décision de la Cour suprême du Canada...
      La route est déjà tracée...pour M. Jolin-Barrette.

  • Bernard LEIFFET - Abonné 3 avril 2021 08 h 05

    Une gestation trop longue sur la valorisation de langue française au Québec risque de se transformer en un fiasco monumental!

    D'emblée, je m'associe au renforcement de la langue française comme messieurs Guy Rocher et le regretté monsieur Camille Laurin. En réaction aux deux articles dans le Devoir d'aujourd'hui, portant sur la langue française, il est en effet le temps de frapper fort et vite pour mettre les cartes sur la table! Comme la CAQ est devenue une anti-chambre proche du gouvernement fédéral, le nationalisme caquiste, à géométrie variable pour certains, de la frime pour les autres, la tâche sera ardue pour Simon Jolin-Barette de se démarquer à l'intérieur d'une bulle renfermée sur elle-même pour mieux écouter, en silence, leur chef, Fançois Legault!
    Frapper vite et fort implique une prise de position ferme de tous les partis pour contrer ce bloc monolithique que forment les nationalistes britanniques dont Lord Durham fut l'un de ceux qui s'acharna sur les canadiens français! Pour prendre notre revanche, celle d'un peuple opprimé depuis trop longtemps, À FORCE DE SUBIR IL FAUT AGIR! Évidemment, la démocratie étant exercée par le peuple, c'est à ce dernier de se manifester pour qu'ensemble nous ferons du Québec, un Québec pleinement français et que l'on balaye de la main toute promesse, comme on caresse un animal pour l'amadouer!

  • Gilles Théberge - Abonné 3 avril 2021 08 h 23

    Ce que je retiens de la pensée de monsieur Rocher, c'est que ce que nous devons éviter, et à tout prix je le crois, c'est les demi mesures...

    Ce discours a les allures de la dernière chance pour le français, pour nous.

    Oui il faudra du courage au ministre.

    J'espère, et je crois qu'il l'a...!

  • Louise Collette - Abonnée 3 avril 2021 08 h 37

    Merci

    Merci Monsieur Rocher, il en faut beaucoup comme vous. C'est permis de rêver...

  • Jean Claude Pomerleau - Inscrit 3 avril 2021 09 h 01

    Poser le statut du français sur un grand principe.....

    « En tant que sociologue, je ne m’étonne pas des contradictions qu’on vit dans une société.»

    Cette confusion consacre notre impuissance alors même que la domination fédérale pose un défi existentiel à notre statut politique de nation.

    Il faut d'abord clarifier le statut du français :

    langue commune ( à moins d'être schizophrène, toutes les langues sont communes).
    Langue officielle ( il peut y en avoir 2 langues officielles, donc porte ouverte au bilinguisme )

    La meilleur intervention est celle de Gérald Larose qui conclut que, quelque soit les mesures de redressement à adoptées, il nous faut une femme ou un homme d'État pour parvenir à en faire une politique effective.

    En fait, arrêter de penser le Québec comme une province pour le penser comme un État. Une invitation à sortir de la provincialisation des esprits.

    L'État du Québec, le seul levier qui nous assure une prise sur notre destin ( D Johnson). Seul l'État peut agir avec envergure.

    Il faut poser le statut du français sur un grand principe : en faire une langue d'État. (*)

    En fait et en droit, le français est la langue d'État sur notre territoire depuis notre première constitution ( française celle-là ) de 1663 ( L' Édit de Création du Conseil Souverain ). Ce statut n'a jamais été abrogé ( la chronologie évoque la loi de 1840, cette loi punitive n'a pas tenu) ou modifiée de telle manière qu'elle soit inopérante.

    L'usage coloniale nous a fait perdre de vue ce statut qu'il nous faut  maintenant rétablir, faire du statut du français : la langue d'État du Québec.

    (*) La définition de ce statut ne relève ni de la sociologie, ni du juridisme, mais bien de la géopolitique, discipline qui fait de l'État l'objet premier de son étude.