Québec dévoile sa troisième offre aux employés du secteur public

Les syndicats jugent cette nouvelle offre insuffisante pour régler les problèmes des réseaux de l’éducation et de la santé.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les syndicats jugent cette nouvelle offre insuffisante pour régler les problèmes des réseaux de l’éducation et de la santé.

La ministre Sonia LeBel est convaincue que sa nouvelle offre lui permettra enfin « de trouver un terrain d’entente » avec les employés du secteur public. Celle-ci comprend entre autres de nouveaux montants pour régler la question des conditions de travail, particulièrement décriées dans les réseaux de la santé et de l’éducation.

La présidente du Conseil du trésor mise sur des augmentations salariales et l’amélioration des conditions de travail pour clore le dossier. C’est la troisième proposition du gouvernement depuis le début des négociations du secteur public en décembre 2019.

« Avec ce troisième dépôt pouvant atteindre 4,1 milliards de dollars, nous sommes convaincus que nous posons un geste concret, surtout équilibré et responsable, qui démontre clairement notre volonté d’en arriver rapidement à des ententes sur le renouvellement des conventions collectives », a affirmé Mme LeBel en conférence presse mercredi.

À l’extérieur de l’Assemblée nationale, quelques centaines de syndiqués des huit organisations syndicales « sonnaient l’alarme » pour lui faire comprendre qu’ils sont au bout du rouleau après un an de pandémie.

« C’est assez, le manque de reconnaissance des femmes du réseau public. C’est assez, que l’on considère votre travail comme des dépenses des fonds publics. C’est assez, que les femmes doivent se battre pour des conditions de travail décentes qui respectent leur expertise et leurs compétences », a déclaré la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Nancy Bédard.

« Même si pour nous, à la FIQ, une étape a été franchie en décembre dernier, je veux juste vous dire que la négociation est loin d’être terminée », a-t-elle ajouté en faisant allusion à l’entente conclue avec le gouvernement sur la question des conditions de travail des infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes du réseau de la santé.

Une « première »

Dans le cadre de sa nouvelle offre, la ministre LeBel maintient l’augmentation de salaire de 5 % sur trois ans — 1,75 %, 1,75 % et 1,5 % — désormais supérieure à l’inflation, puisque la projection du taux d’inflation a diminué depuis et se situe à 4,87 % entre 2020 et 2023. Elle ajoute toutefois une bonification de 1 % à condition que l’inflation dépasse les 5 % et que la croissance économique anticipée par le gouvernement se matérialise. Se joint un montant forfaitaire de 400 millions de dollars pour l’ensemble des employés du secteur public et une augmentation de salaire supérieure pour ceux gagnant en deçà de 50 000 $ annuellement.

« Pour la première fois dans le cadre de nos négociations, le gouvernement a octroyé à chacune des tables sectorielles — et ça, c’est inusité — des montants spécifiques pour régler les conditions de travail, a souligné la présidente du Conseil du trésor. C’est majeur et c’est sans précédent. »

« Les corps d’emploi que nous avons priorisés dans le cadre des présentes négociations sont majoritairement des corps d’emploi féminins, a-t-elle ajouté. Nous voulons améliorer leurs conditions de travail de manière substantielle. »

En éducation, par exemple, le gouvernement accorde une augmentation de salaire plus importante aux enseignants en début de carrière, crée un nouveau statut d’enseignant émérite, retire la surveillance des récréations et accorde davantage d’autonomie.

Il ajoute des ressources pour la protection de la jeunesse, ce qui comprend entre autres des postes à temps complet et une nouvelle prime pour les intervenants dans les centres jeunesse. La ministre LeBel espère ainsi rendre cette profession plus attrayante pour le recrutement de nouveaux employés et ainsi réduire la charge de travail.

« On a présentement sur la table quelque chose qui est équitable, qui est généreux et qui donne l’espace et la souplesse nécessaires et l’agilité entre les enveloppes », a fait valoir la ministre caquiste.

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) n’a pas la même lecture. À première vue, le contenu de cette nouvelle offre du gouvernement « apparaît nettement insuffisant pour régler les nombreux problèmes vécus par les membres du personnel dans les établissements scolaires, les cégeps et les établissements de santé », a-t-elle fait savoir par communiqué.

Les conventions collectives des 550 000 employés du secteur public sont échues depuis le 31 mars 2020.

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