Un chèque de 100$ par session pour les étudiants

408 000 étudiants fréquentant le cégep ou l’université toucheront un chèque de 100$ par session. Cette mesure visant à «reconnaître» les difficultés occasionnées par la pandémie coûtera 82,6 millions de dollars. Sur notre photo, des étudiantes au cégep Lionel-Groulx.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir 408 000 étudiants fréquentant le cégep ou l’université toucheront un chèque de 100$ par session. Cette mesure visant à «reconnaître» les difficultés occasionnées par la pandémie coûtera 82,6 millions de dollars. Sur notre photo, des étudiantes au cégep Lionel-Groulx.

Les étudiants québécois recevront cette année un chèque de 100 $ par session du gouvernement du Québec, qui dit vouloir les aider à surmonter les difficultés liées à la pandémie et à mieux s’équiper en matériel de bureau et en informatique.

Le gouvernement Legault souhaite ainsi « aider les jeunes à passer à travers la crise » et « assurer leur réussite », a soutenu le ministre des Finances, Eric Girard, dans son discours. Pour « reconnaître » les difficultés qu’ils ont rencontrées et leur offrir « un soutien », il lui en coûtera 82,6 millions de dollars cette année. Au total, 408 000 étudiants fréquentant le cégep ou l’université en bénéficieront.

170 millions
C’est le montant octroyé sur deux ans par le gouvernement pour rattraper le retard en mathématiques grâce à diverses mesures de soutien.

Cette mesure a été vivement critiquée par Québec solidaire. « Ce dont nos jeunes ont besoin, ce n’est pas d’avoir 200 $ de plus dans leurs poches », a déclaré la députée Manon Massé. « Mettons de l’argent dans les transports en commun, dans le développement d’une économie verte, solidaire. »

Parmi les autres investissements ciblant les jeunes, on note que ceux qui ont des prêts étudiants n’auront pas non plus à payer d’intérêts sur leurs dettes d’ici au 31 mars 2022. Cette mesure, au coût de 72 millions de dollars, vise à ménager les étudiants qui ont terminé leurs études pendant la pandémie et qui « ont eu de la difficulté à trouver un emploi dans une économie partiellement confinée ». Pas moins de 380 000 personnes seront touchées.

Ces investissements constituent la part principale des nouveaux fonds destinés au secteur postsecondaire cette année. Le reste des fonds vise à atténuer les effets de l’enseignement à distance par de nouvelles « solutions numériques » (20 millions de dollars) et davantage de soutien psychologique.

Le gouvernement a aussi prévu une série de mesures pour encourager les jeunes à étudier en sciences infirmières, dans les technologies de l’information et en services de garde, où le Québec manque cruellement de personnel.

Il crée ainsi un nouveau « programme d’excellence » en sciences infirmières de 7 millions de dollars par an, de nouvelles bourses pour les étudiants collégiaux attirés par les technologies de l’information (5 millions) et investira 25 millions de plus par an pour attirer davantage d’étudiants en technologies de l’information (T.I.) à tous les niveaux.

Du côté des services de garde, 14 millions de dollars seront investis cette année dans le but d’attirer et de garder des étudiants dans le domaine. Des bourses de 2300 $ seront notamment remises au terme des stages des étudiantes.

Des embauches et des tuteurs

La baisse des taux de réussite en mathématiques au secondaire, ces derniers mois, préoccupe beaucoup le gouvernement, qui mise sur des embauches et le soutien aux élèves pour rétablir les choses. Ce sont 170 millions sur deux ans qui seront investis pour rattraper le retard grâce à des fonds en tutorat, en aide aux devoirs et pour de nouveaux « agents de liaison » facilitant les relations entre l’école et les parents.

Reste à savoir comment et où ces personnes seront recrutées. Le ministre des Finances reconnaît qu’une « pénurie de main-d’œuvre » a été « constatée » et promet une « stratégie » de 10 millions par année pour « valoriser, attirer et mobiliser » le personnel. Très vague, cette portion du budget sera tributaire de l’issue des négociations dans le secteur public toujours en cours.

À ce titre, le budget a été rédigé en se basant sur une hausse salariale de 6,2 % sur trois ans, nettement inférieure à ce que demandent les syndicats d’enseignants. « Le cadre financier de la négociation n’a pas bougé d’une miette : il était à 6,2 % l’automne dernier, il est toujours à 6,2 % six mois plus tard ! » a déclaré la présidente de la Centrale des syndicats du Québec, Sonia Éthier, jeudi en fin de journée.

Le gouvernement poursuit par ailleurs ses efforts pour créer de nouvelles classes spécialisées dans les écoles avec 13 millions de plus cette année.

Alors que le dernier budget mettait l’accent sur les maternelles 4 ans, il n’en est presque pas question dans celui de cette année, le gouvernement se contentant de poursuivre ce qu’il avait commencé.

Des fonds sont toutefois offerts aux écoles qui souhaitent lancer des travaux pour créer de nouveaux espaces destinés aux classes de maternelles 4 ans. Dans le Plan d’infrastructures, un montant de 884,7 millions est ainsi prévu pour 20 projets « d’ajouts d’espace ».