Le Québec résiste encore à la troisième vague

Le premier ministre François Legault fait le point sur la pandémie de COVID-19 au Québec.
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Le premier ministre François Legault fait le point sur la pandémie de COVID-19 au Québec.

Le Québec résiste à la troisième vague de COVID-19 malgré des hausses de cas récentes au Saguenay–Lac-Saint-Jean et en Outaouais, a dit le premier ministre François Legault mardi. Le nombre de nouvelles infections rapporté par la Santé publique était de 656, soit un peu en deçà du plateau de 700 cas quotidiens atteint depuis plusieurs semaines.

« On n’est pas dans une vague parce qu’il n’y a pas d’augmentation du nombre de cas, a affirmé M. Legault en conférence de presse. Il y a une stabilisation, mais pas d’augmentation. » Il a toutefois demandé aux citoyens de ces deux régions de limiter leurs contacts pour éviter un retour en zone rouge. « C’est toujours interdit, les visites dans les autres maisons », a-t-il rappelé.

Le Saguenay–Lac-Saint-Jean a été en zone rouge du 2 novembre 2020 au 8 février 2021, tandis qu’une partie de l’Outaouais, dont la ville de Gatineau, a été en zone rouge du 10 octobre 2020 jusqu’au 22 février 2021. La Santé publique soupçonne également les variants d’être à l’origine de nouveaux foyers d’éclosion dans le Bas-Saint-Laurent, ayant causé l’hospitalisation de neuf personnes.

Québec solidaire s’inquiète de voir les cas augmenter dans ces régions. « Le gouvernement du Québec fait un pari, a rappelé le co-porte-parole du parti Gabriel Nadeau-Dubois. Ce pari-là, c’est que la vaccination va progresser plus vite que les variants. Moi, je souhaite qu’on le réussisse, ce pari-là, mais il est risqué. »

Les variants sont de plus en plus présents au Québec et comptent pour 30 % des cas. Selon les dernières données de l’Institut national de santé publique (INSPQ), 704 cas de variants ont été confirmés à ce jour, dont près des deux tiers (463) à Montréal. De plus, 3423 cas suspects sont en attente de leur séquençage.

« On est dans un plateau après la deuxième vague, mais on sait que ça va monter », a dit le directeur national de santé publique, Horacio Arruda. Il s’attend à une augmentation des cas puisque le variant britannique est plus transmissible. « Ce qui est important, c’est de ne pas avoir des hospitalisations et des décès », a-t-il ajouté.

Le gouvernement s’attend à ce que les variants génèrent la majorité des cas le mois prochain. Les Québécois ont donc encore quelques semaines difficiles devant eux, le temps que la campagne de vaccination s’accélère pour atteindre l’objectif du 24 juin. Avec 993 102 doses administrées en date de mardi avant-midi, le cap du million de personnes à avoir reçu l’un des trois vaccins contre la COVID-19 devait être franchi dans la journée.

Le gouvernement pense pouvoir vacciner jusqu’à 50 000 personnes quotidiennement au cours des prochains jours, soit le double des injections données jusqu’à maintenant. Le premier ministre en fera partie, lui qui doit être vacciné vendredi à Montréal. « Maintenant qu’on est aux plus de 60 ans, je donne l’exemple », a-t-il dit.

La progression des variants n’a pas empêché M. Legault d’annoncer deux assouplissements. Le premier vise les élèves du deuxième cycle du secondaire, qui pourront cesser l’alternance. « On prend un certain risque [en disant qu’]en zone rouge, les élèves de secondaire 3, 4, 5 vont aller à l’école tous les jours, mais on calcule que c’est un risque qui en vaut la peine parce qu’il y a un impact sur les apprentissages, sur la “sociabilisation”, sur la santé mentale des jeunes, a-t-il expliqué. Donc, on essaie de trouver un équilibre. »

Le deuxième assouplissement touche les personnes qui habitent dans les résidences privées pour aînés. À compter de mercredi, elles pourront prendre leurs repas dans la salle à manger de leur établissement, là où 75 % des gens sont vaccinés depuis plus de trois semaines. « C’est une ouverture un peu comme dans les restaurants », a précisé le Dr Arruda. Il a ajouté que des consignes seraient bientôt données. « Donc, c’est une réouverture pour permettre aux gens de socialiser, de se voir, mais ce n’est pas un retour à la normale », a-t-il dit.

Avec Dave Noël

Arruda s’attend à être consulté par Élections Canada

La tenue d’une élection fédérale ne se fera pas sans l’approbation de la Santé publique québécoise si elle a lieu en pleine pandémie. Le directeur national de santé publique estime que l’organisme Élections Canada devra lui montrer le protocole qu’il compte suivre pour que le vote se déroule sans causer de nouvelles éclosions. « C’est clair que, compte tenu [du fait] que ça se passe sur notre territoire, puis que ça concerne notre population, on va demander à ce que ça nous soit soumis », a affirmé le Dr Arruda mardi. Il désire surtout éviter les rassemblements. Le Canada a généralement des élections à date fixe en octobre, mais celles-ci pourraient avoir lieu d’ici quelques mois puisque le gouvernement libéral de Justin Trudeau est minoritaire.

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