Pour calmer les craintes, Christian Dubé a reçu le vaccin d'AstraZeneca

En se faisant inoculer le vaccin d’AstraZeneca, le ministre Dubé tentait de rassurer le public après que plusieurs pays eurent suspendu l’utilisation de ce vaccin.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne En se faisant inoculer le vaccin d’AstraZeneca, le ministre Dubé tentait de rassurer le public après que plusieurs pays eurent suspendu l’utilisation de ce vaccin.

Le ministre de la Santé du Québec prêche par l’exemple. Devant les journalistes, Christian Dubé s’est fait injecter une dose du vaccin d’AstraZeneca jeudi après-midi. « Je vais très, très bien », a-t-il dit, tout sourire, quelques minutes après l’inoculation du vaccin. « Je suis très content de l’avoir eu, parce que c’est important pour notre gouvernement de montrer, par nos gestes, ce que nous demandons à la population. »

Il tentait ainsi de rassurer le public après que plusieurs pays eurent suspendu l’utilisation de ce vaccin, la formation de caillots de sang chez quelques patients ayant soulevé des doutes chez les autorités sanitaires locales. Au cours des derniers jours, des centaines de Québécois ont refusé de recevoir ce vaccin.

Le ministre Dubé s’est empressé de rejeter ces conclusions. « C’est beau, l’expérience européenne, mais je me fie beaucoup à la Santé publique. Il y a toujours un niveau de risque, mais quand on parle de proportions, ce sont des proportions de trois ou quatre cas sur 100 000 [vaccinations]. »

Un cas de caillot de sang a pourtant été signalé en Montérégie quelque temps après l’administration d’une dose de la version fabriquée en Inde du vaccin d’AstraZeneca, le Covishield. « Il va y avoir des cas comme ça, a dit le ministre Dubé. Ce qu’il faut s’assurer, c’est que, pour ce cas-là, qui est arrivé en Montérégie, est-ce que c’est un cas où il y a un lien de cause à effet, spécifiquement avec le Covishield ? On n’est pas certains. » Il a ajouté qu’un mécanisme surveille l’innocuité de tous les vaccins administrés dans la province.

Québec garde ainsi le cap sur l’objectif de vacciner cinq millions de Québécois dans les 100 prochains jours, soit l’équivalent de 50 000 doses par jour. Le gouvernement prévoit d’augmenter le rythme de vaccination sous peu, à mesure que les livraisons de vaccins des fabricants Pfizer, Moderna, AstraZeneca et Johnson Johnson reprendront.

« À 35 000 doses par jour, on n’est pas du tout en retard, parce que les mois de mars et avril vont être beaucoup en bas de la moyenne, mais les mois de mai et juin vont être au-dessus de la moyenne, a expliqué le ministre Dubé. On est vraiment en contrôle du processus de vaccination. »

AstraZeneca, « sûr et efficace »

L’Agence européenne des médicaments (EMA) a jugé jeudi « sûr et efficace » le vaccin d’AstraZeneca contre la COVID-19. Le régulateur européen, basé à Amsterdam, « a également conclu que le vaccin n’était pas associé à une augmentation du risque global d’événements thromboemboliques ou de caillots sanguins ». La directrice générale de l’EMA a précisé que « ses avantages dans la protection des personnes contre [la] COVID-19, avec les risques associés de décès et d’hospitalisation, l’emportent sur les risques possibles ».

L’Italie reprendra donc dès vendredi les vaccinations avec l’AstraZeneca, tout comme la France, l’Allemagne, la Bulgarie ou encore la Slovénie. D’autres pays s’y remettront la semaine prochaine, tels l’Espagne, le Portugal ou les Pays-Bas.

Le régulateur sanitaire britannique, le MHRA, avait conclu plus tôt dans la journée « qu’il n’y a aucune preuve que les caillots sanguins dans les veines se produisent plus que ce à quoi on pourrait s’attendre en l’absence de vaccination, pour l’un comme l’autre vaccin ».

Le laboratoire anglo-suédois AstraZeneca a salué ces conclusions des régulateurs britannique et européen. « La sécurité des vaccins est primordiale et nous nous félicitons des décisions des régulateurs qui confirment le bénéfice de notre vaccin pour arrêter la pandémie. »

Un « prêt » de vaccins

Washington a annoncé jeudi un « prêt » de 1,5 million de doses du vaccin d’AstraZeneca au Canada. Les autorités sanitaires américaines n’ayant pas encore approuvé son utilisation, sept millions de doses de ce vaccin dormiraient dans les entrepôts aux États-Unis. Les détails de l’entente n’ont pas encore été précisés. Le Canada pourrait rembourser ce prêt en transférant aux États-Unis des doses d’AstraZeneca ou d’un autre vaccin. Le Mexique est aussi visé par ce prêt américain, avec 2,5 millions de doses.

Le gouvernement Biden a réaffirmé que sa priorité demeure la vaccination des citoyens américains. Toutefois, approvisionner le Canada et le Mexique permettra d’éventuellement rouvrir les frontières, a indiqué la Maison-Blanche.

Au sujet de ce nouvel approvisionnement, le ministre Dubé s’avance prudemment sur une livraison des vaccins pour le mois de mai. « C’est à peu près un peu plus de 300 000 vaccins pour le Québec. 300 000, on va le prendre. »

Avec La Presse canadienne et l’Agence France-Presse

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