Les centres sportifs de tout le Québec pourront rouvrir dès le 26 mars

Les sportifs du Québec pourront dès le 26 mars reprendre les entraînements en salle. Que ce soit dans les salles de sport, les complexes sportifs, les centres de conditionnements physiques, les centres d’escalade, les studios de danse ou les dojos d’arts martiaux, toutes les disciplines sportives sont concernées par ce « déconfinement progressif ».

« Les jeunes peuvent reprendre leur remise en forme pour être prêts lorsque la saison sera lancée de façon plus normale », a résumé vendredi en conférence de presse la ministre déléguée à l’Éducation, Isabelle Charest. Même si aucun match n’est encore autorisé, « nos jeunes pourront enfin retrouver leurs coéquipiers ».

En zone rouge, les entraînements intérieurs seront toutefois limités aux individus seuls, aux dyades et aux bulles familiales. Pour ce qui est des entraînements extérieurs, un maximum de huit athlètes avec un entraîneur sera permis.

En zone orange, pour les entraînements intérieurs, huit personnes à la fois seront autorisées. À l’extérieur, c’est plutôt 12 personnes qui pourront s’entraîner ensemble. « Les gens peuvent commencer à s’entraîner en zone orange en petite équipe », récapitule le Dr Richard Massé, conseiller médical stratégique à la Direction générale de la santé publique. Le tout doit se faire « sans contact » et dans le respect des mesures de distanciation physique.

Même si plane la menace des variants, la professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, Roxane Borgès Da Silva, tempère les craintes. Elle qualifie ce « très léger relâchement » de « risque calculé ». Une personne atteinte de la COVID-19 est « hypercontagieuse » particulièrement lors d’une période de 24 heures à 48 heures explique-t-elle. Ainsi, « si une personne se trouve dans un gymnase à ce moment-là, elle va forcément contaminer tous les gens de la place. Mais la probabilité qu’on ait des situations comme ça, elle est faible. »

« Un sentiment de normalité »

« Il était temps », laisse tomber le président de l’Association québécoise des médecins du sport et de l’exercice, le Dr Luc De Garie. « Au moins, on a une date. Un des pires agents de stress dans la vie, c’est l’incertitude. […] Avec une date de retour, au moins on a un objectif, on a une motivation supplémentaire. » Plusieurs jeunes n’ont pas fait de sport depuis un an, rappelle-t-il. Il y voit un premier pas vers « un certain sentiment de normalité ». Plusieurs jeunes n’ont pas fait de sport depuis un an, rappelle-t-il avant de suggérer une reprise graduelle de l’activité physique. « Beaucoup de gens vont être surpris de savoir à quel point ils sont déconditionnés. Déjà, avec un deux semaines de réactivation, on va limiter bien des blessures. »

Le directeur général de Hockey Québec, Paul Ménard, accueille ces changements avec réserve. « On parle du 26 mars. C’est quand même à la fin du mois. Il y a beaucoup d’arénas qui vont être fermés. À d’autres endroits, les arénas ferment début avril. Pour les jeunes qui vont être en mesure de poursuivre, au moins d’aller sur la glace et de pratiquer leur sport, c’est une bonne nouvelle. »

À la Fédération de natation du Québec, la directrice générale Isabelle Ducharme note que la situation demeure inchangée pour les nageurs en zone rouge, les piscines étant déjà ouvertes. « C’est sûr que les gens auraient aimé avoir plus en zone rouge. On ne se le cachera pas. Mais c’est un bon début. C’est un début dans le bon sens. On ne peut pas dire qu’on est déçus. Il faut être positif. Il y a de l’espoir. » Selon elle, la principale amélioration réside dans l’accès aux entraîneurs en zone orange. « C’est difficile d’avoir un entraîneur pour une seule personne. Là, on va pouvoir avoir un entraîneur pour huit personnes. Ça change tout. »

Assouplissements étendus

Peu après cette annonce, Québec a indiqué étendre ces assouplissements à d’autres secteurs.

À partir du 15 mars en zone orange et du 26 mars en zone rouge, les spas pourront rouvrir, de même que les piscines intérieures des hôtels en zone rouge. Après été contraint de fermer les bassins durant la semaine de relâche, le président de l’Association Hôtellerie Québec, Xavier Gret pousse un soupir de soulagement. « Il semblerait que le gouvernement nous ait écoutés et a compris que les mesures sanitaires étaient en place dans les hôtels comme dans les municipalités. »

À partir du 26 mars, en zone rouge, les lieux de culte pourront également accueillir 25 personnes plutôt que 10, commec’est le cas actuellement. Mgr Pierre Murray, secrétaire général de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec, trouve cette ouverture bien mince comparativement aux permissions accordées aux cinémas. « On a demandé au gouvernement des explications et il n’y en a pas, d’explication. C’est inacceptable à nos yeux. » Plusieurs lieux de culte pourraient ainsi demeurer fermés, même avec ces changements.