Le vaccin d’AstraZeneca continuera à être utilisé au Québec

Il s’agit d’une nouvelle tuile pour le vaccin d’AstraZeneca dont la protection qu’il confère aux personnes âgées a été remise en cause.
Photo: Hauke-Christian Dittrich / Archives Associated Press Il s’agit d’une nouvelle tuile pour le vaccin d’AstraZeneca dont la protection qu’il confère aux personnes âgées a été remise en cause.

Le Québec continuera pour le moment à utiliser le vaccin d’AstraZeneca contre la COVID-19 même si quelques pays européens ont suspendu son utilisation « par précaution » en raison de cas de formation de caillots sanguins chez des personnes qui ont reçu l’injection.

« La Santé publique et tous les experts suivent l’évolution de la situation concernant le vaccin d’AstraZeneca de très près », a déclaré le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, par voie de communiqué jeudi.

« Pour l’instant, nous n’avons pas d’informations qui nous permettent de croire que ce vaccin présente plus de risques qu’un autre, a-t-il ajouté. Le cas échéant, soyez assurés que nous poserons les gestes appropriés. »

Le Danemark a été le premier pays jeudi matin à suspendre le vaccin d’AstraZeneca « après des rapports de cas graves de formation de caillots sanguins » chez des personnes qui avaient reçu l’injection. Ce choix relève de la « précaution » en attendant des conclusions des enquêtes sanitaires et « à l’heure actuelle, on ne peut pas conclure à l’existence d’un lien entre le vaccin et les caillots sanguins », a souligné la Santé publique danoise. La Norvège et l’Islande lui ont emboîté le pas.

L’Autriche, l’Estonie, la Lituanie, la Lettonie, le Luxembourg et l’Italie ont quant à eux suspendu cette semaine l’utilisation d’un lot particulier du vaccin, qui compte un million de doses.

Ces suspensions relèvent d’une « extrême prudence », d’après Jocelyn Dupuis, un médecin de l’Institut de cardiologie de Montréal qui s’intéresse de près à la COVID-19.

Rien d’« anormal »

En date du 9 mars, seulement 22 événements thrombo-emboliques ont été rapportés parmi les trois millions de personnes qui ont reçu le vaccin d’AstraZeneca dans l’espace économique européen, selon l’Agence européenne des médicaments (EMA).

« Les informations disponibles à ce jour indiquent que le nombre de thrombo-embolies chez les personnes vaccinées n’est pas supérieur à celui observé sur l’ensemble de la population », a d’ailleurs rappelé l’EMA jeudi.

Aux États-Unis, on rapporte chaque année 900 000 cas de thromboses veineuses profondes ou d’embolies pulmonaires. « C’est un événement médical relativement fréquent », relève le Dr Dupuis.

« Personnellement, ajoute-t-il, je n’aurais aucun problème à recevoir le vaccin d’AstraZeneca. Il faut toujours regarder le rapport entre les risques et les bénéfices. Si j’avais 65 ans, j’aurais bien plus peur de la COVID que d’une maladie veineuse thrombo-embolique. Le risque rapporté par l’EMA m’apparaît d’ailleurs plus faible que celui auquel est exposée la population en général. »

Donald Vinh, un chercheur clinicien à l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill, ajoute que la COVID-19 est elle-même un important facteur de risque pour la génération de caillots dans le sang. Environ 20 % des patients infectés par le coronavirus ont une maladie thrombo-embolique, selon une étude parue en novembre dans The Lancet.

Personnellement, je n’aurais aucun problème à recevoir le vaccin d’Astra-Zeneca. Il faut toujours regarder le rapport entre les risques et les bénéfices. Si j’avais 65 ans, j’aurais bien plus peur de la COVID que d’une maladie veineuse thromboembolique.

 

Les agences réglementaires européennes vont examiner dans les prochains jours les cas de thrombo-embolies chez les personnes vaccinées. L’existence d’autres facteurs de risque, comme des cancers, sera prise en compte, explique le Dr Vinh. « Ce genre de suspension n’a rien d’anormal », souligne-t-il.

« On sauve des vies »

Le Dr Arruda a insisté sur l’efficacité de tous les vaccins offerts au Québec pour prévenir les formes graves de la COVID-19. « Il ne faut pas hésiter à recevoir le vaccin, a-t-il rappelé. Lorsque votre tour viendra, il est très important de vous faire vacciner. C’est notre meilleur moyen d’en finir avec cette pandémie. »

Le ministre québécois de la Santé, Christian Dubé, a réitéré sa confiance envers son directeur national de santé publique. « J’ai tout à fait confiance en Dr Arruda pour prendre les bonnes décisions, a-t-il écrit sur Twitter. Dr Arruda et son équipe ont démontré leur expertise clinique et scientifique depuis le début de cette grande opération de vaccination au Québec. On vaccine et on sauve des vies. »

Avec l’Agence France-Presse  

À voir en vidéo