Les coupes sur les crédits de solidarité cesseront

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet

C’est désormais officiel : Revenu Québec se conformera au moratoire sur le recouvrement et cessera de couper les chèques de crédits de solidarité des prestataires de l’aide sociale au moins pendant trois mois, a indiqué le ministre Jean Boulet en début de soirée mercredi.

« J’ai toujours dit que nous étions à l’écoute et que nous apporterions des ajustements en cours de route si cela s’avérait nécessaire », a déclaré le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale dans une déclaration écrite au Devoir mercredi soir.

En plus d’interrompre les retenues sur les crédits de solidarité sociale, le gouvernement en a en profité pour annoncer que le moratoire sur le recouvrement des dettes serait prolongé de trois mois supplémentaires, jusqu’au 30 juin.

Annoncé une première fois en novembre par le ministre Boulet, le moratoire avait déjà été renouvelé pour trois mois jusqu’au 31 mars.

Mardi, le ministre des Finances Eric Girard avait annoncé la tenue d’une enquête après que Le Devoir eut révélé que Revenu Québec ne respectait pas ce moratoire en coupant de moitié les chèques de certains prestataires.

« Je suis très préoccupé par les incidents qui nous ont été rapportés en début de semaine », a déclaré à ce sujet le ministre Boulet mercredi soir. Notre intention a toujours été claire, soit d’offrir aux personnes assistées sociales un répit pendant la pandémie ».

Quant aux personnes dont les chèques ont déjà été amputés de moitié, ces dernières semaines, en dépit du moratoire, leur situation restera la même, précise-t-on au cabinet du ministre.

Autres mesures reconduites

Mardi, Québec solidaire avait écrit au ministre Jean Boulet pour lui enjoindre de prolonger le moratoire. « La date butoir du 31 mars arrive à grands pas et force est de constater que l’état d’urgence sanitaire qui a mené à la mise en place de ce moratoire est toujours en vigueur », écrivait le député solidaire d’Hochelaga-Maisonneuve, Alexandre Leduc.

Ce dernier recommandait toutefois qu’on ne s’en tienne pas à un nouveau report de trois mois. « Prolongeons le moratoire jusqu’à la fin de l’urgence sanitaire », dit-il. « Arrêtons de refaire cette petite bataille à chaque deux ou trois mois. On l’a fait en octobre pour que ça démarre en novembre. Après, on l’a refaite il y a quelques semaines… ». Parlant d’un « exercice futile », le député souligne également que c’est aussi « une source de stress chez les prestataires ».

Mercredi, le ministère en a également profité pour prolonger jusqu’au 30 juin d’autres mesures, telles les allocations pour contraintes temporaires et sévères à l’emploi et la non-comptabilisation des sommes reçues sous forme de dons au-delà de 100 $ par mois.

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