Toutes les régions passeront à l’orange, sauf Montréal et ses quatre régions limitrophes

Le gouvernement Legault relâche certaines des restrictions mises en place pour limiter la propagation de la COVID-19. Plusieurs régions du Québec passeront de la zone rouge à la zone orange à compter du 8 mars, à l’exception de Montréal, Laval, la Montérégie, les Laurentides et Lanaudière.

Le premier ministre préfère jouer de prudence. « Les experts prévoient qu’on pourrait, surtout dans la grande région de Montréal, voir une augmentation des cas et des hospitalisations dans les prochaines semaines », a expliqué François Legault en conférence de presse mercredi. « S’ajoute à ça la relâche scolaire, a-t-il continué. On ne sait pas encore jusqu’à quel point les consignes vont être respectées. »

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, et le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, n’avaient pas caché leur inquiétude la veille face aux variants qui ont gagné du terrain dans les écoles montréalaises. Selon, l’Institut national de santé publique (INSPQ), le Québec comptait mercredi 1220 cas suspectés d’être des variants et 137 cas confirmés. La plupart ont été découverts dans la région de Montréal où sévit le variant britannique.

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Le couvre-feu à 20 h y sera donc maintenu tout comme la fermeture des salles à manger des restaurants, des bars et des salles de spectacle. Les lieux de culte n’auront toujours pas le droit d’accueillir plus de 10 personnes, sauf pour les funérailles où ce nombre peut passer à 25 personnes.

Des neuf régions du Québec présentement en zone rouge, quatre pourront bénéficier de certains assouplissements dès lundi. Il s’agit de la Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches, Mauricie-et-Centre-du-Québec de même que l’Estrie. Les salles à manger des restaurants pourront donc être ouvertes aux « bulles familiales ». Le couvre-feu débutera un peu plus tard, soit à 21 h 30. Les salles de spectacles avec des places fixes pourront également accueillir des clients, à condition de respecter les mesures en vigueur. Les gyms pourront aussi rouvrir, la pratique de sports en duo sera permise et la limite de fidèles pour les lieux de culte augmentera à 100 personnes dans toutes les zones orange.

Les experts prévoient qu’on pourrait, surtout dans la grande région de Montréal, voir une augmentation des cas et des hospitalisations dans les prochaines semaines.

Le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, s’est étonné de cet adoucissement rapide « alors qu’on ne connaît pas encore les effets de la semaine de relâche et que les variants circulent plus que jamais parmi nous. » Les autres partis d’opposition n’ont pas commenté les changements de niveau d’alerte.

« On assouplit, mais on ne relâche pas, a souligné le directeur national de santé publique, Horacio Arruda. Au Québec, on maintient des mesures relativement sévères par rapport à d’autres milieux ailleurs. Les rassemblements ne sont vraiment pas permis, on veut que les gens maintiennent le télétravail, on veut que les gens respectent la distanciation, portent le masque, on ajoute le masque pédiatrique dans les écoles parce qu’il y du variant qui circule présentement pour protéger les enfants et les familles. »

M. Legault avait pris soin de rappeler un peu plus tôt qu’en zone orange, les enfants avant la cinquième année du primaire n’auront pas l’obligation de porter de masque en classe, contrairement à ceux en zone rouge. Cette mesure imposée pour lutter contre les nouveaux variants soulève la colère de certains parents.

Il a également précisé que le gouvernement envisage d’autres assouplissements comme la réouverture des salles de spectacles et la permission d’accueillir davantage de fidèles dans les lieux de culte toujours en zone rouge si la semaine de relâche ne cause pas une recrudescence des cas de COVID-19.

Une nouvelle qui serait bienvenue à l’Orchestre métropolitain. « Le milieu culturel est sur le respirateur artificiel depuis près d’un an, a souligné son président-directeur général, Jean R. Dupré. Le public est en mesure de respecter les directives sanitaires en allant profiter d’un concert ou d’un spectacle, comme il le fait à l’épicerie ou dans les commerces. »

« La période est critique parce que si on relâche trop, là ça va se mettre à monter de façon significative avant que les gens soient vaccinés, mais si on est encore rigoureux dans l’application des mesures — même avec la semaine de relâche — on va être en mesure d’être en contrôle », a fait valoir le Dr Arruda.

Porte de sortie

La « lumière au bout du tunnel » demeure la vaccination qui, selon M. Legault, va « complètement changer le portrait de la situation au Québec ». Le premier ministre a indiqué qu’il travaillait déjà « très, très fort sur la nouvelle économie » et est allé jusqu’à prédire un « boom économique » d’ici la fin de 2021.

Le gouvernement a d’ailleurs décidé d’allonger le délai de trois à quatre mois entre la première et la deuxième dose des vaccins contre la COVID-19 pour vacciner les septuagénaires et une bonne partie des sexagénaires. Le ministère de la Santé prévoit qu’il pourra ainsi vacciner 250 000 personnes de plus. Seuls les résidents des deux premiers CHSLD à avoir été vaccinés — Saint-Antoine à Québec et Maimonides à Montréal — recevront leur 2e dose comme prévu la semaine prochaine puisque les rendez-vous avaient déjà été pris.

Les autres prennent exemple sur le Québec, on n’haït pas ça.

Le comité consultatif national de l’immunisation du fédéral a officiellement recommandé mercredi que les provinces attendent bel et bien jusqu’à quatre mois avant d’injecter une seconde dose de vaccin à leur population. Ce qui permettra « dans le contexte de l’offre limitée de vaccins » de maximiser plus rapidement le nombre de personnes immunisées avec une première dose et de « créer des possibilités de protection de l’ensemble de la population adulte dans un délai court », a stipulé le CCNI dans son avis.

Le Québec et la Colombie-Britannique avaient déjà retardé l’administration d’une deuxième dose de vaccin, à trois et quatre mois respectivement. L’Alberta et l’Ontario songeaient à faire de même.

« Bravo à la Santé publique, la décision était la bonne, a souligné le premier ministre Legault en rappelant que le Québec faisait cavalier seul depuis janvier. Puis là, les autres prennent exemple sur le Québec, on n’haït pas ça. »

Quelque 800 000 doses des trois vaccins — Pfizer/BioNTech, Moderna et AstraZeneca — sont attendues en mars. Le gouvernement attendait mercredi les recommandations du Comité sur l’immunisation du Québec pour déterminer à quelle tranche de la population les doses d’AstraZeneca seront destinées. Ce vaccin est jugé moins efficace pour les personnes de 65 ans et plus. Le ministre Dubé et le Dr Arruda ont tous les deux affirmé qu’ils n’auraient aucune crainte à le recevoir.

Avec Marie Vastel

 

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