L’idée de limiter les admissions dans les cégeps anglophones divise les élus

«On regarde la possibilité — il n’y a rien de décidé encore — de limiter le nombre de places dans les cégeps anglophones», a déclaré le premier ministre François Legault.
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne «On regarde la possibilité — il n’y a rien de décidé encore — de limiter le nombre de places dans les cégeps anglophones», a déclaré le premier ministre François Legault.

Les élus caquistes sont partagés quant à la proposition du ministre Simon Jolin-Barrette de contingenter le nombre d’étudiants admis dans les cégeps anglophones.

« On regarde la possibilité — il n’y a rien de décidé encore — de limiter le nombre de places dans les cégeps anglophones », a déclaré le premier ministre François Legault, tout en prenant soin de rappeler qu’il « n’est pas question [pour son gouvernement] d’étendre la loi 101 aux cégeps ».

Comment s’y prendra-t-il pour freiner les admissions dans le réseau collégial anglophone ? La question demeure entière à l’approche du dévoilement du plan d’action « global » visant à renforcer la présence du français au Québec. « Ce n’est pas noir ou blanc. […] Je comprends que certains francophones aimeraient apprendre l’anglais en fréquentant les collèges. Je comprends aussi que le français est fragile, surtout au Québec », a expliqué le chef du gouvernement lors d’un point de presse jeudi.

Interpellé sur les craintes d’étudiants anglophones de se cogner le nez sur la porte d’un collège affichant complet, M. Legault a soutenu « qu’à l’heure actuelle, il y a beaucoup de places pour les anglophones dans les cégeps anglophones ».

De leur côté, les élus de Québec solidaire ne sont « pas fermés à des mesures de contingentement » visant les établissements d’enseignement anglophones, a indiqué leur leader parlementaire, Gabriel Nadeau-Dubois. « La meilleure manière d’encourager les jeunes Québécois, les jeunes Québécoises à étudier au cégep en français, c’est de rendre nos cégeps francophones attrayants, et pour ça, ça prend de l’argent », a-t-il ajouté.

La cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, a refusé de se mouiller. « Je suis favorable à ce qu’on regarde toutes les options pour renforcer l’enjeu du français, pour faire en sorte que non seulement on le défende mieux, mais qu’on en fasse davantage la promotion », s’est-elle contentée de dire.

Au « bon moment »

Le premier ministre Legault est convaincu que le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, va trouver le « bon moment » pendant la pandémie de COVID-19 pour déposer son plan d’action « costaud » pour assurer la survie linguistique et culturelle de la nation québécoise. « Nous espérons qu’avec la vaccination dans les prochaines semaines, nous aurons plus d’espace dans les médias pour avoir un débat sur la place du français au Québec », a-t-il dit jeudi.

M. Legault avait mentionné dans un entretien avec Le Devoir, fin décembre 2020, que M. Jolin-Barrette et lui sont « exactement sur la même longueur d’onde » sur l’étendue des mesures à adopter afin d’assurer la survie et l’épanouissement de la langue française au Québec. « On est exactement à la même place. Maintenant, on n’est pas tout seuls les deux. Il y a 76 députés », avait-il laissé tomber.

Par ailleurs, M. Legault a dit réserver jeudi ses commentaires sur la Loi sur les langues officielles revue et modifiée dans les cartons du gouvernement fédéral. « On ne l’a pas vu, son projet de loi sur le français. Donc, on va attendre de le voir. »

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