De l’aide pour les cinémas, le statu quo pour les théâtres

L’interdiction de vendre des aliments lors de la réouverture des salles de cinéma le 26 février a été fort mal accueillie par les propriétaires de cinémas, qui ont fait valoir que ces ventes représentent entre 50% et 80% de leurs revenus.
Photo: Marie-France Coallier Archives Le Devoir L’interdiction de vendre des aliments lors de la réouverture des salles de cinéma le 26 février a été fort mal accueillie par les propriétaires de cinémas, qui ont fait valoir que ces ventes représentent entre 50% et 80% de leurs revenus.

Québec espère mettre fin au « popcorn-gate » en accordant une aide financière aux propriétaires de cinémas, mais il n’entend pas changer d’avis à propos des théâtres, qui demeureront fermés pendant la semaine de relâche.

L’interdiction de vendre des aliments lors de la réouverture des salles de cinéma le 26 février a été fort mal accueillie par les propriétaires de cinémas, qui ont fait valoir que ces ventes représentent entre 50 % et 80 % de leurs revenus. Elle a été dénoncée haut et fort par l’un de ses plus flamboyants représentants, Vincenzo Guzzo, propriétaire des cinémas qui portent son nom.

« Un mot sur le “popcorn-gate” et M. Guzzo, qui n’est pas content parce qu’il ne pourra pas vendre de pop-corn », a donc lancé le premier ministre, François Legault, en ouvrant une mêlée de presse jeudi matin. « On a, avec le ministre de l’Économie [Pierre Fitzgibbon], décidé qu’on va donner, aux cinémas qui vont accepter d’ouvrir à partir du 26 février, une compensation financière pour la partie alimentaire. » Les compensations seront données par le biais de l’Aide d’urgence aux petites et moyennes entreprises.

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Dans une déclaration en anglais, le chef du gouvernement a ajouté que M. Guzzo était « très présent sur Twitter » et « pas très gentil [“not very nice”] » avec lui. Celui qui se présente comme « Mr Sunshine » sur les réseaux sociaux a évoqué la possibilité de poursuivre Québec si la fermeture des cinémas était à nouveau nécessaire.

M. Legault a ensuite précisé qu’à son avis, le niveau de risque est le même au cinéma et au théâtre. « Par contre, on a […] parlé avec des propriétaires de théâtre qui nous ont dit que, tant qu’on aurait le couvre-feu à 20 h, ils préféraient, pendant quelques semaines, continuer à avoir le droit à l’aide financière », a-t-il affirmé.

« Oui, il y a probablement plus d’enfants qui peuvent aller dans des cinémas, mais il y a du théâtre pour enfants et on pourrait faire ça le jour, a-t-il ajouté.  Donc, je n’ai pas voulu dire que les enfants n’étaient pas intéressés par les théâtres le jour. »

François Legault a ensuite affirmé qu’il ne retiendrait pas, pour l’instant, une formule qui permettrait de compenser financièrement les théâtres qui ne souhaiteraient offrir que des représentations se terminant avant la tombée du couvre-feu. « Ce que la Santé publique nous dit, c’est qu’il faut y aller graduellement. L’idée, c’est d’accommoder le plus d’enfants possible. Et ce que nous dit la Santé publique, c’est que c’est possible d’accommoder beaucoup d’enfants avec des cinémas ouverts le jour. Beaucoup de théâtres travaillent surtout le soir », a-t-il expliqué pour justifier sa décision.

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