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François Legault est en faveur d'une autosuffisance médicale réaliste

La co-porte-parole de Québec solidaire Manon Massé
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La co-porte-parole de Québec solidaire Manon Massé

Le premier ministre François Legault veut que le Québec soit « le plus autonome possible » pour ses approvisionnements de médicaments et de fournitures médicales tout en étant réaliste. Il a ainsi répondu aux pressions de Québec solidaire (QS) qui incite le gouvernement à tendre vers l’autosuffisance en matière d’approvisionnement en vaccins et en équipements médicaux.

« Il n’y a personne qui souhaiterait plus que moi qu’on soit autonome dans le domaine des médicaments, mais à un moment donné il y a des choses qu’on va pouvoir faire, puis qu’on va faire, et il y a des choses que ce n’est pas réaliste de faire », a-t-il affirmé en conférence de presse mardi.

« Est-ce que demain matin le Québec est capable d’avoir un Pfizer, Moderna, Johnson & Johnson ou AstraZeneca, une compagnie de cette taille-là ? Ce n’est pas réaliste. On parle de plusieurs milliards de montants investis à chaque année en recherche. »

Plus tôt dans la journée, les élus de l’Assemblée nationale ont adopté à l’unanimité une motion déposée par QS, conjointement avec le ministre de la Santé, Christian Dubé et le Parti québécois, qui incitait le gouvernement Legault à poser « des gestes forts » durant la relance économique afin de réduire sa dépendance envers Ottawa et les compagnies pharmaceutiques pour son approvisionnement en vaccins et en équipements médicaux.

Cette motion fait suite à la demande envoyée la veille par QS pour réclamer une étude en commission parlementaire sur l’autosuffisance médicale et la création de Pharma-Québec. Le parti de gauche avait déposé un projet de loi pour instaurer cette société d’État en septembre pour la quatrième fois depuis 2008. En plus de réduire le coût des médicaments, Pharma-Québec aurait le mandat d’augmenter la capacité de production du Québec en vaccins, en médicaments et en matériel médical.

Ce projet apparaît irréaliste aux yeux du premier ministre Legault, qui s’est toutefois donné pour objectif de développer une plus grande capacité de production pour les approvisionnements en santé. « Si on avait eu une capacité de fabriquer [des vaccins], on aurait peut-être pu convaincre une des grandes pharmaceutiques de nous laisser les fabriquer nous-mêmes », a-t-il dit.

La campagne de vaccination contre la COVID-19 au Québec a été ralentie au cours des dernières semaines par les problèmes d’approvisionnement rencontrés par le gouvernement fédéral. Le Québec a également connu des difficultés au début de la pandémie à obtenir de l’équipement de protection individuelle pour protéger les travailleurs de la santé.

Le ministre Dubé a souligné mardi que le Québec avait réussi, depuis, à gagner son autonomie pour la production des équipements de protection. Le ministère de l’Économie avait notamment remis 4 millions $ en avril à l’entreprise québécoise Medicom pour accélérer la construction d’une usine de masques N95 et de masques chirurgicaux.

La commission de la santé et des services sociaux à laquelle siègent 13 élus, dont sept du gouvernement, devra statuer sur cette demande de mandat d’initiative lors d’une réunion ultérieure.

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