Assouplissement des règles de distanciation physique à temps pour la relâche scolaire

La menace des variants planant toujours, le gouvernement a souligné l’importance de continuer de suivre les mesures en place.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La menace des variants planant toujours, le gouvernement a souligné l’importance de continuer de suivre les mesures en place.

Le premier ministre François Legault a dévoilé mardi soir « une petite liste d’activités pour occuper […] les enfants » durant leur semaine de relâche scolaire. Les sorties au cinéma y apparaissent, mais pas les sorties au théâtre et au concert.

Pourquoi ? a demandé Le Devoir en conférence de presse mardi soir. « Les enfants vont souhaiter aller voir un film, ça c’est la première chose », a répondu du tac au tac M. Legault, tout en reconnaissant que « le risque, dans un cinéma et un théâtre, est pas mal similaire » au temps de la COVID-19.

« On doit limiter le nombre d’ouvertures et on a choisi celles qui donnent un coup de main aux familles », a-t-il poursuivi, avant de rappeler qu’un million d’enfants se trouveront en congé au même moment, fin février ou début mars. « Je pense qu’on peut occuper plus d’enfants avec des salles de cinéma. » Si certains propriétaires se disaient prêts à les accueillir (voir autre texte en page A 3), d’autres ont évoqué la possibilité de laisser leurs établissements fermés, outrés d’apprendre qu’ils ne pourront pas vendre de nourriture, y compris de maïs soufflé.

 

Le chef du gouvernement juge par ailleurs « pas très réaliste » de monter des spectacles à temps pour le coup d’envoi de la relâche scolaire, le vendredi 26 février prochain. « Mais, je veux rouvrir tous les théâtres », a-t-il fait valoir.

En plus de confirmer la réouverture prochaine des cinémas dans les zones rouges, M. Legault a annoncé mardi soir celle des piscines et des arénas, où les activités libres en solo, en duo ou en famille pourront reprendre dans moins de 10 jours.

Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a souligné que ces mesures d’assouplissement trouvent leur origine au sein de son équipe. « Ça vient de la Santé publique », a-t-il lancé sans que le premier ministre lui demande. Ces « activités différentes » jugées « à faible risque » de devenir des super-propagateurs de la COVID-19 permettront d’améliorer ou à tout le moins de préserver la santé mentale des enfants, est-il persuadé.

La Santé publique a aussi autorisé la reprise d’activités extérieures, dont la marche, le ski et le patin, en groupes de huit personnes ou moins.

Le couvre-feu sera toutefois maintenu dans les zones rouges (dès 20 h) et dans les zones orange (dès 21 h 30).

On a quelques semaines difficiles devant nous. [...] Si on ne fait pas attention, le nombre de cas pourrait exploser.

D’autre part, la région de l’Outaouais, où 97 nouvelles personnes atteintes de la COVID-19 ont été recensées du 7 au 13 février dernier, passera en zone orange lundi prochain, a indiqué M. Legault mardi soir. La situation y est « stable », a-t-il dit, tout en précisant que les autres régions où la COVID-19 bat aussi en retraite demeureront en zone rouge « par prudence ». « On a quelques semaines difficiles devant nous. […] Si on ne fait pas attention, le nombre de cas pourrait exploser », a-t-il indiqué, après avoir montré du doigt les « fameux variants » de SRAS-CoV-2. À ce jour, 16 cas de variants ont été recensés tandis que 86 autres sont toujours « sous examen », a indiqué le ministre de la Santé, Christian Dubé, mardi soir.

Les policiers auront à l’œil les Québécois qui passeront la semaine de relâche au chalet, a aussi averti le chef du gouvernement mardi soir.

Les forces de l’ordre mèneront des opérations ciblées dans des lieux de villégiature aux quatre coins du Québec afin de tuer dans l’œuf tout rassemblement de personnes appartenant à plus d’une bulle familiale. « On va demander aux policiers de surveiller de façon spéciale les endroits où il y a beaucoup de tourisme. Ça veut dire des hôtels, des chalets. Le but, c’est de s’assurer que les consignes sont suivies, en particulier [celles-ci :] garder la même bulle familiale [et] respecter le couvre-feu », a expliqué M. Legault. Il craint une poussée de la COVID-19 au Québec à la faveur de contacts interdits durant la semaine de relâche semblable à celle observée durant la période des Fêtes. « Si vous êtes pris dans un rassemblement privé avec des personnes qui ne sont pas de la même adresse, vous êtes passible d’une amende », a répété le premier ministre.

Pas de barrages routiers

L’équipe de François Legault a toutefois abandonné l’idée d’ériger des barrages routiers policiers entre des régions de différentes couleurs ou encore entre le Québec et l’Ontario. Elle juge « plus efficace » de les charger de la surveillance du couvre-feu : une mesure « très efficace » pour freiner la progression de la COVID-19, selon lui. Les policiers pourraient interpeller des automobilistes ici et là afin de leur « déconseiller fortement » de voir du pays.

Le premier ministre a également demandé une nouvelle fois aux parents de s’abstenir de confier la garde de leurs enfants pendant la semaine de relâche aux grands-parents, jugés plus vulnérables de développer des symptômes graves de la COVID-19. « Je veux être très clair : c’est la dernière chose qu’il faut faire. »

La semaine de relâche ne doit pas prendre les allures d’une semaine de relâchement, a souligné à gros traits M. Legault mardi soir. « Moi aussi, je suis très, très tanné de parler de la pandémie, puis j’aimerais ça parler d’autre chose, mais, à un moment donné, on n’a pas le choix. On n’a pas le choix », a-t-il insisté.

À l’instar du premier ministre, le Dr Arruda s’est dit « tanné » des règles sanitaires en vigueur, près d’un an après l’arrivée de la COVID-19 en sol québécois. « Ce sont les derniers kilomètres du marathon », a-t-il illustré mardi soir.

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3 commentaires
  • Jean-François Fisicaro - Abonné 17 février 2021 08 h 53

    Allez les Grands Enfants, on écoute bien les consignes de Tonton François. Ça va bien aller !

  • Henri Jacob - Inscrit 17 février 2021 10 h 31

    Assouplissement pour qui?

    Les assouplissement que vient de décrétés le premier ministre sont t'ils destinés aux assistés sociaux, aux itinérants ou au familles qui vivent sous le seuil de pauvreté qui travailleent au salaire minimum? Si c'est ça, c'est inutiles leur situstion financière encadre leur confinement.

    Comme dans la période des fêtes, ce sont les mieux nantis qui sont aller se changer les idées sur les plages au soleil, qui se sont louer des chalets et des chambres d'hotel dans les régions, comme l'Abitibi et le Témiscamingue. Régions qui étaient jusqu'au 20 décembre demeurées sous la barre de la zones jaune (on venait de les déclarer comme un village gauois dans les médias). Vous savez quoi, en quelques jours durant les fêtes, grâce au statèges lumineux (Arouda & Legault) nous nous smmes retrouvé en zone rouge.

    Aujourd'hui encore, ces lumineux nous proposent la même stratégie en espérant ne pas avoir les mêmes résultats.

    Merci de faire de nous des Québécois à part entière M. le premier ministre.

    Henri Jacob, Abitibien

  • Mélisande Leduc - Abonnée 17 février 2021 17 h 02

    La sacro-sainte famille

    Toujours la famille et les enfants... et les personnes qui ne "fittent" pas le moule de la famille nucléaire traditionnelle, les personnes qui vivent seules, les personnes sans domicile fixe, les personnes vivant sous le seuil de la pauvreté, les sans-abri, etc. ... Toujours et encore laissées pour compte - parce qu'on fitte pas le modèle. J'en ai tellement plein mon casque.