Des tests rapides de dépistage toujours à l’étude

L’infirmière Dominique Geyot procédait à des échantillonnages pour un dépistage rapide, mercredi.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’infirmière Dominique Geyot procédait à des échantillonnages pour un dépistage rapide, mercredi.

À l’heure où des provinces étendent l’utilisation des tests de dépistage rapide de la COVID-19, le Québec continue à encourager des projets pilotes ciblés pour déterminer la meilleure façon de les utiliser.

L’un de ces projets expérimentaux est en cours depuis le 25 janvier au département d’obstétrique de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont. La microbiologiste-infectiologue Annie-Claude Labbé cherche à savoir « s’il y a une utilité du test pour accélérer la détection de femmes qui auraient l’infection ».

Toutes les femmes qui se présentent à l’hôpital pour accoucher doivent d’abord passer un test de dépistage de la COVID-19. Le délai pour obtenir le résultat est de 10 heures pour le test standard PCR, mais il peut être de 15 minutes ou moins avec le test antigénique Panbio fabriqué par la compagnie Abbott. « Si elles acceptent, elles ont deux prélèvements, c’est-à-dire le prélèvement pour le test antigénique qui détecte les protéines du virus et un prélèvement pour le test en laboratoire », a-t-elle expliqué.

Un autre projet pilote qui s’est terminé le 13 janvier a mené dès le lendemain au déploiement des tests de dépistage rapide ID NOW, également fabriqué par Abbott, dans les deux cliniques de dépistage du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Est-de-l’Île-de-Montréal. Ces tests utilisent la technique d’amplification des acides nucléiques à l’aide d’une machine portative qui donne un résultat dans les 15 minutes suivantes.

« En priorité, on utilise le ID NOW chez les gens symptomatiques depuis moins de sept jours, mais on offre le test aussi aux gens qui sont des contacts, a indiqué la Dre Annie-Claude Labbé. Ce sont des gens qui viennent faire un dépistage parce que quelqu’un dans la maison a eu un diagnostic de COVID. »

Québec choisit la prudence

Le Devoir a demandé la liste des projets pilotes sur les tests de dépistage rapide, mais le ministère de la Santé et des Services sociaux n’avait pas été en mesure de la lui fournir au moment où ces lignes étaient écrites. Une directive ministérielle publiée le 26 janvier encourage « les projets d’évaluation et de recherche pour documenter la pertinence » des tests antigéniques, jugés moins fiables, pour le dépistage de la COVID-19.

Cette approche prudente a été de nouveau critiquée mercredi par la députée de l’opposition officielle Marie Montpetit, qui presse le gouvernement d’utiliser ses 2,6 millions de tests rapides. Le Québec en avait utilisé moins de 1 % au 29 janvier. « L’inquiétude avec les tests rapides, c’est le fait qu’un tiers donnent des faux négatifs », lui a répondu le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, lors de la période des questions. Il a par la suite ajouté que le nombre de tests rapides utilisé avait doublé depuis.

« Avec les variants qui rentrent et avec cette crise sanitaire de long terme, il va falloir trouver des stratégies qui permettent rapidement de détecter des cas hypercontagieux », a affirmé en entrevue Roxane Borgès da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

«Plateau élevé»

Malgré une baisse des cas de COVID-19 ces dernières semaines, la métropole connaît « un plateau élevé » à environ 500 cas par jour, ce qui ne laisse entrevoir aucun déconfinement de sitôt, a indiqué mercredi la Dre Mylène Drouin, directrice de la Santé publique de Montréal. Une hausse des éclosions dans les écoles primaires inquiète les autorités, alors que quatre écoles ont dû être fermées. L’évolution du nombre d’infections aux différents variants du coronavirus sera aussi surveillée de près : jusqu’à 44 personnes pourraient être atteintes du variant britannique à Montréal.

Boris Proulx


À voir en vidéo