Québec mise sur la «bonne foi» pour protéger les zones orange

La vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique du Québec, Geneviève Guilbault
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne La vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique du Québec, Geneviève Guilbault

Les partis d’opposition ont réclamé mercredi le déploiement de ressources pour freiner les déplacements entre zones rouges et orange, ce à quoi la ministre Geneviève Guilbault a répondu qu’elle se fiait à la « bonne foi » des Québécois pour ne pas qu’ils voyagent entre les régions.

Québec solidaire et le Parti québécois ont reproché au premier ministre François Legault de faire un « Justin Trudeau » de lui-même en n’imposant pas un contrôle plus strict pour décourager les déplacements. À l’approche de la semaine de relâche, ils s’inquiètent des impacts du « petit déconfinement » sur les régions ayant moins de cas de COVID-19.

« M. Legault a été très prompt à critiquer sévèrement Justin Trudeau pour son incapacité à contrôler les frontières extérieures et il avait bien raison, parce que M. Trudeau était assis sur ses mains pendant de nombreuses semaines. Mais là, la même question se pose à l’intérieur du Québec et c’est dans la cour du premier ministre », a déclaré le solidaire Gabriel Nadeau-Dubois.

« [Le premier ministre a dit] qu’il n’y aurait aucune conséquence, aucun suivi, aucune contravention pour des gens qui se déplaceraient de la zone rouge vers la zone orange. C’est surprenant, parce que ça sonne étrangement comme ce qu’on avait dit pour les voyages dans le Sud au mois de novembre ou au mois de décembre », a aussi relevé le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon. Or, « ce qu’on a constaté, après, c’est que plusieurs personnes ont choisi de voyager, avec les conséquences que l’on connaît. Donc, je pense qu’il faudrait corriger le tir par rapport à la protection des zones où ça va mieux », a-t-il ajouté.

La cheffe libérale, Dominique Anglade, a quant à elle plaidé en faveur du « principe de précaution », qui commanderait à son avis la mise en place de points de contrôle policiers. « Il est évident que si tu passes de zone rouge à zone orange, il devrait y avoir des barrages routiers », a-t-elle affirmé.

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Les policiers « très, très occupés »

À l’instar du premier ministre, Geneviève Guilbault a déclaré que là n’était pas l’intention du gouvernement. « La Santé publique ne nous recommande pas de faire des barrages », a-t-elle affirmé. « Et ça peut se comprendre, quand on pense au fait que nos policiers, en ce moment, sont très très occupés déjà par d’autres mesures », a-t-elle ajouté. La ministre de la Sécurité publique a ensuite noté que les policiers du Québec avaient effectué 1440 visites de suivi de quarantaine, en plus de remettre 1084 constats d’infraction pour non-respect du couvre-feu la semaine dernière.

Après avoir répondu dans un premier temps que le manque de ressources policières n’était « pas du tout » un enjeu, elle a laissé entendre que cette question la préoccupait. « Si on mettait des policiers pour faire des barrages, forcément, il y en aurait moins qui feraient autre chose en même temps. Il y a une question de ressources policières, mais il y a une question aussi de priorités d’actions pour nos policiers », a-t-elle affirmé.

« On s’en remet toujours à la bonne foi des Québécois, depuis le début, a-t-elle aussi rappelé. On a 15 000 policiers au Québec, on est huit millions, donc c’est impensable que chaque personne soit surveillée [24 heures sur 24, 7 jours sur 7]. »

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