Legault défend son approche prudente envers les tests rapides

Le Québec a reçu près de 2 millions de tests Panbio, contre seulement 240 000 tests ID NOW, 380 000 tests BD Veritor Plus System.
Photo: Andrew Vaughan La Presse canadienne Le Québec a reçu près de 2 millions de tests Panbio, contre seulement 240 000 tests ID NOW, 380 000 tests BD Veritor Plus System.

Le premier ministre François Legault a dû à nouveau défendre mardi l’approche prudente de son gouvernement en ce qui concerne l’utilisation des tests de dépistage rapide de la COVID-19. Le Devoir révélait la semaine dernière que moins de 1 % des 2,6 millions de ces tests ont été utilisés au Québec trois mois après la première livraison du gouvernement fédéral.

La cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade, a accusé le gouvernement caquiste de « refaire les mêmes erreurs » qu’auparavant. « Aujourd’hui, il faut arrêter d’infantiliser les Québécois, a-t-elle lancé. Ce n’est pas parce que les tests rapides peuvent donner un résultat négatif que les Québécois ne vont pas respecter les règles de la Santé publique. C’est un principe de précaution. »

« On fait autant sinon plus de tests que l’Ontario parce qu’on a la chance d’avoir une plus grande capacité d’analyse de laboratoire, a répondu M. Legault. En Ontario, ils sont obligés de se rabattre sur des tests rapides moins fiables. Faisons confiance à la science. »

Les libéraux ont talonné le gouvernement lors de la reprise des travaux parlementaires à l’Assemblée nationale sur ce sujet qui divise les scientifiques. D’un côté, certains estiment que le gouvernement se prive d’un outil qui permettrait d’identifier et ainsi d’isoler rapidement des porteurs asymptomatiques de la COVID-19. Le comité d’experts mandaté par le ministère de la Santé croit plutôt que l’usage des tests de dépistage rapide pourrait nuire à la lutte contre la pandémie, étant donné qu’ils sont moins fiables que les tests « traditionnels » analysés en laboratoire. Il craint que de faux négatifs entraînent un relâchement des mesures sanitaires chez les citoyens dépistés.

Les libéraux ont tenté d’inciter le gouvernement à développer une stratégie nationale de dépistage d’ici la fin de février, sans succès. Une motion présentée par la députée de Maurice-Richard, Marie Montpetit, conjointement avec le Parti québécois et Québec solidaire, n’a pas obtenu le consentement du gouvernement pour être soumise au vote. Les libéraux veulent que les tests rapides soient déployés dans tous les milieux à risque.

La stratégie actuelle du gouvernement pour l’utilisation des tests de dépistage rapide est « complémentaire », a fait savoir le ministre de la Santé, Christian Dubé.

Le gouvernement compte accélérer le déploiement dans ses centres de dépistage d’un des trois types de tests rapides qu’il possède, soit les ID NOW de la compagnie Abbott, en raison de leur fiabilité supérieure. Les deux autres types de tests — Panbio d’Abbott et BD Veritor Plus System — font l’objet de plusieurs projets pilotes, mais pas d’une utilisation massive.

Or, le Québec a reçu près de deux millions de tests Panbio, contre seulement 240 000 tests ID NOW et 380 000 tests BD Veritor Plus System.

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