Couvre-feu: l’opposition exhorte Legault de lâcher du lest

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, exhorte le gouvernement à lever le couvre-feu dans cinq régions qui se sont débarrassées — ou presque — de la COVID-19 au fil des dernières semaines.

Le ministère de la Santé a recensé, du 24 au 30 janvier, 8950 nouvelles personnes atteintes de la COVID-19 au Québec. À peine 116 d’entre elles (1,3 %) résident dans le Bas-Saint-Laurent (13), en Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (0), sur la Côte-Nord (0), en Abitibi-Témiscamingue (35) ainsi qu’au Saguenay–Lac-Saint-Jean (68).

M. St-Pierre Plamondon a demandé mardi avant-midi au gouvernement caquiste de rétablir le Système d’alertes régionales et d’intervention graduelle prévoyant des mesures sanitaires à la hauteur de la situation épidémiologique, du contrôle de la transmission et de la capacité du système de soins dans chacune des régions. « On est arrivés avec une mesure qui atteint les libertés des gens, la liberté de circulation, soit le couvre-feu. Donc, logiquement, si certaines régions sont dans la zone jaune ou dans la zone verte, il n’y a pas de raison de limiter les allées et venues de la population », a-t-il soutenu.

Le chef péquiste a aussi demandé à l’équipe de François Legault de permettre aux gymnases et aux salles d’entraînement, partout au Québec, de rouvrir leurs portes. Il en va de la santé physique et mentale de bien des Québécois, selon lui. « De notre point de vue, oui, les commerces, c’est important, mais la santé mentale et la santé physique des Québécois est tout aussi, sinon plus importante que la santé économique », a-t-il dit.

Le chef parlementaire du PQ, Pascal Bérubé, a nourri le doute sur l’efficacité du couvre-feu de 20 h à 5 h qui est en vigueur depuis le 9 janvier dernier. Il s’agissait d’« une mesure qui ne s’avérait pas nécessairement si essentielle », a-t-il fait valoir. « La preuve, il y a seulement le Québec qui le fait et les chiffres [sur la COVID-19] descendent partout. »

La chef du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, a aussi demandé au gouvernement de mettre fin à son cocktail de mesures « mur-à-mur ». « Ce qu’on ne souhaite surtout pas, c’est qu’on fasse un yoyo de confinement, déconfinement, confinement, déconfinement », a-t-elle déclaré en point de presse.

Mme Anglade s’en remet à la Santé publique pour déterminer les mesures sanitaires à instaurer ou à maintenir dans chacune des régions — si le couvre-feu doit y être levé en tout ou en partie par exemple.

Le premier ministre François Legault navigue désormais sans « boussole morale » dans les eaux tumultueuses de la pandémie, s’est pour sa part désolé Québec solidaire.

L’assujettissement des personnes itinérantes aux personnes itinérantes au couvre-feu de 20 h à 5 h — qui a été depuis annulé par la Cour supérieure —, en est une preuve accablante, a souligné la porte-parole de QS, Manon Massé, à quelques heures de la reprise des travaux à l’Assemblée nationale. Du « haut de son bunker », le chef du gouvernement apparaît « déconnecté » de la population québécoise, l’élue montréalaise s’érigeant comme la voix du « gros bon sens ».

Le premier ministre manque « d’écoute », de « sensibilité » et de « compassion », a renchéri le leader parlementaire solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois. Il a pressé mardi midi le chef du gouvernement québécois à « assouplir les règles » encadrant les activités à l’extérieur. « Permettez aux gens d’aller jouer dehors ! » a-t-il lancé.