Santé et sécurité au travail: le projet de loi 59 aura des effets sexistes, disent les syndicats

Le ministre québécois du Travail, Jean Boulet
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Le ministre québécois du Travail, Jean Boulet

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) se mobilise contre la réforme des normes de santé et de sécurité du travail du gouvernement Legault.

Selon la CSN, le projet de loi 59 comporte des reculs importants et les travailleurs perdront des « acquis historiques » par rapport à la loi actuelle, qui date de plus de 40 ans. La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a également déploré un recul pour les travailleuses jeudi matin.

Le projet de loi 59, piloté par le ministre Jean Boulet, est actuellement à l’étude à l’Assemblée nationale et il a été durement critiqué par tous les syndicats jusqu’à maintenant, que ce soit la FTQ, la CSD ou la FIQ.

La CSN a lancé le site SSTvraiment.org pour sensibiliser la population aux enjeux de la réforme.

« La bonification des régimes de santé et de sécurité au travail ne doit pas passer par la réduction de la couverture des victimes », plaide la CSN dans son mémoire, obtenu par La Presse canadienne.

Autant la CSN que la CSQ s’opposent aux changements proposés en matière de prévention, qui font que les employeurs seraient divisés selon leur taille et entre niveaux de risque faible, modéré et élevé.

Selon la CSN, il y aurait ainsi un recul important pour des groupes d’employés qui sont jugés prioritaires et qui ont donc droit présentement aux quatre grands mécanismes actuels de prévention : un comité de santé-sécurité, un programme de santé spécifique à l’établissement, un programme de prévention et un représentant à la prévention.

En vertu de l’éventuel nouveau classement, 60 % des secteurs jugés prioritaires seront désormais classés dans les catégories à risques « faible » ou « modéré ». La CSN y voit une discrimination envers les femmes puisque des milieux de travail à majorité féminins, dont l’éducation, les centres hospitaliers et les services municipaux, sont généralement classés à risque faible.

« Ça défavorise nos secteurs — éducation, santé, enseignement supérieur — parce que nos groupes, majoritairement des femmes, se retrouveraient dans des niveaux de risque classés “faible” », a aussi conclu la présidente de la CSQ, Sonia Éthier, jeudi matin en commission parlementaire.

C’est ainsi que des travailleurs dans des milieux hospitaliers seront jugés à risque faible d’accident de travail, alors qu’il y a pourtant un nombre important de lésions dans ces lieux.

La CSN salue l’ajout du stress post-traumatique dans les maladies professionnelles reconnues pour indemnisation, mais regrette que l’épuisement professionnel n’en fasse toujours pas partie.

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