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Pas d’avis écrit de la Santé publique contre la fermeture des restaurants

Le Dr Horacio Arruda n’a jamais déposé l’avis de la Santé publique sur les restaurants, comme le lui avait demandé le député péquiste Pascal Bérubé, lors de son témoignage en commission parlementaire il y a plus d’un mois. Le directeur national de santé publique avait alors révélé qu’il n’avait jamais recommandé au gouvernement de fermer les restaurants en zone rouge.

« Si elle est par écrit, on va vous la donner », avait indiqué le Dr Arruda, ajoutant qu’il y avait « énormément de décisions prises » verbalement.

Ni le député ni la Commission n’ont reçu l’avis qui recommandait que les restaurants tout comme les musées restent ouverts. Le seul document disponible sur le site de la Commission est celui que le directeur national de santé publique avait soumis sur les consignes à respecter durant le temps des Fêtes pour limiter la propagation de la COVID-19.

« C’est très étonnant que les réunions du Conseil des ministres fassent toujours l’objet d’un procès-verbal, mais pas celles de décisions qui engagent la santé, l’économie et la liberté des Québécois et qu’il n’y ait pas d’avis écrit », a déclaré M. Bérubé en entrevue.

Le premier ministre, François Legault, a dit mardi avoir demandé au Dr Arruda de rendre publiques « toutes les recommandations qui ont été faites par écrit ». « Je pense qu’on n’a rien à cacher et je pense que, s’il y a des gens qui pensent découvrir des complots là-dedans, bien il n’y en a pas, de complots […] et pour moi, c’est important qu’on soit transparents », avait-il affirmé.

Quand ? « Sous peu » et « dans les meilleurs délais », a répondu le ministère de la Santé mercredi. « Cependant, il s’agit d’un travail colossal pour les équipes qui doivent recenser les écrits et les analyser avant leur diffusion », a écrit la porte-parole du ministère, Marie-Hélène Émond, dans un courriel.

« Donc, on nous a dit pendant des mois qu’il n’y avait presque pas d’avis publics, que la plupart d’entre eux étaient à l’oral, et aujourd’hui on nous dit qu’il y a tellement d’avis publics que ça va être long à diffuser ? C’est tout un paradoxe, quand même », s’est exclamé le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois. Il demande au gouvernement de procéder « dans les plus brefs délais ».

Des employés du cabinet du premier ministre avaient accusé le député sur les réseaux sociaux de jouer dans les théories du complot lorsqu’il a récemment demandé l’avis qui justifiait le couvre-feu.

La députée libérale Marie Montpetit se demande pourquoi le gouvernement s’entête à retarder la publication de ces avis écrits, notant au passage que le premier ministre Legault et le Dr Arruda ont déjà fait plusieurs fois la même promesse sans y donner suite.

« Si le premier ministre n’a rien à cacher, pourquoi ce refus de transparence pour qu’on puisse connaître justement les recommandations qui ont été faites, comprendre comment les décisions ont été prises ? » a-t-elle demandé.

Pour les partis d’opposition, il y va de l’indépendance du directeur national de santé publique, de la confiance envers le gouvernement et de l’adhésion aux mesures pour lutter contre la pandémie.

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