Trudeau doit interdire les vols internationaux non essentiels, dit Legault

Le premier ministre François Legault demande à Ottawa « d’interdire rapidement » tous les vols internationaux non essentiels pour éviter un scénario semblable à celui de la semaine de relâche en 2020, qui avait été la bougie d’allumage de la pandémie au Québec. De nombreuses familles de retour de voyage avaient alors, sans le savoir, fait entrer le virus responsable de la COVID-19 sur le territoire.

« On n’est plus à allumer des lampions, on est vraiment à l’étape d’agir », a-t-il affirmé en conférence de presse mardi. M. Legault a ainsi fait monter la pression d’un cran sur son homologue fédéral, Justin Trudeau, avec qui il avait déjà abordé la question en privé.

« Nous allons regarder tout ce qu’on pourrait faire pour assurer la protection des Canadiens », avait déclaré M. Trudeau quelques heures avant la sortie du premier ministre québécois, en faisant allusion — sans les nommer — à des mesures additionnelles qui pourraient être prises dans le contexte de la semaine de relâche et du retour des voyageurs « qui passent l’hiver dans le Sud ».

Or, le premier ministre québécois voit mal comment des voyages dans des hôtels de villégiature en République dominicaine ou au Mexique pourraient être considérés comme essentiels et veut qu’ils soient interdits avant la prochaine semaine de relâche, au début du mois de mars.

« Je sens que les Québécois sont fâchés et moi, je suis fâché de voir qu’on fait des efforts et qu’il y a des personnes qui voyagent pour le fun à l’étranger, puis qui reviennent ici avec le virus et qui engorgent nos hôpitaux », a-t-il lancé.

Il s’inquiète notamment de l’entrée de nouveaux variants du virus plus contagieux. Un nouveau cas d’un de ces variants provenant du Royaume-Uni a d’ailleurs récemment été découvert. « Si vous suivez la situation en Angleterre, c’est la catastrophe dans les hôpitaux », a-t-il fait remarquer. D’autres nouveaux variants sont présents au Brésil, au Portugal et en Afrique du Sud.

« Quand on a des gens qui arrivent de l’international, qui ont rencontré d’autres gens qui ont été à d’autres endroits à l’international, bien on multiplie les chances de faire entrer ces souches-là, a-t-il expliqué. Je pense que, pour un certain temps, au moins jusqu’à [ce] que les personnes vulnérables soient toutes vaccinées, il faut rapidement interdire les vols internationaux. » Il s’est dit ouvert à discuter de la liste des destinations qui pourraient être interdites et de son application.

Pourquoi a-t-il alors permis au député caquiste Youri Chassin de se rendre au Pérou durant la période des Fêtes ? Il s’agissait d’un voyage essentiel, selon le premier ministre, puisque l’élu s’est déplacé pour aider son conjoint à régler un problème d’immigration. « Il n’était pas là pour le plaisir et pour jouer dans le sable, a expliqué M. Legault. Il était là-bas pour aider son conjoint à obtenir ses papiers pour immigrer au Canada. » Il a ajouté que son directeur de cabinet avait donné la permission au député de faire ce voyage. « Tout a été fait dans l’ordre », a-t-il dit.

Trudeau hausse le ton

Son homologue fédéral a demandé une fois de plus aux Canadiens de rester au pays. « Surtout que, de jour en jour, les ministres continuent d’évaluer les différents enjeux et on pourraitimposer de nouvelles mesures, sans préavis, [selon] la situation », avait-il averti lors d’une allocution offerte au pas de sa porte. D’autant plus qu’avec la mutation du virus, « les circonstances pourraient changer très rapidement ».

Tout en continuant à souligner que la Constitution canadienne garantit la liberté de se déplacer, M. Trudeau s’est dit prêt à imposer de nouvelles mesures « très sévères ».

Présentement, les voyageurs qui veulent revenir au pays doivent passer un test PCR avant l’embarquement vers le Canada et observer une quarantaine de deux semaines obligatoire à l’arrivée. Ces derniers jours, plusieurs ont mis en doute l’efficacité de la surveillance de la quarantaine des voyageurs qui rentrent au pays. Le premier ministre s’est joint à eux mardi.

« C’est important que le gouvernement fédéral en fasse plus pour le suivi des quarantaines », a-t-il déclaré, en ajoutant que les appels automatisés ont leurs limites pour les appliquer. En plus des mesures existantes, Ottawa devrait imposer, selon lui, un test de dépistage à l’arrivée et un deuxième test une semaine plus tard. Le gouvernement fédéral devrait également dépêcher des gens au domicile des voyageurs de retour pour s’assurer qu’ils respectent bien leurs 14 jours d’isolement.

M. Legault n’exclut pas d’imposer ses propres mesures dans les aéroports du Québec si Ottawa n’agit pas et est allé jusqu’à demander à la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, de préparer un plan d’intervention « tout en respectant nos champs de compétence ».

Avec La Presse canadienne

Pfizer ralentit la campagne de vaccination

Le gouvernement du Québec a été contraint de modifier son calendrier de vaccination contre la COVID-19 en raison de la diminution des arrivages de vaccins de la compagnie Pfizer au Canada. L’objectif des 250 000 doses administrées pour le 8 février a donc été revu à la baisse, à hauteur de 225 000 pour cette même date. Ce ralentissement dans la campagne de vaccination n’aura toutefois pas d’incidence sur la durée du couvre-feu, qui doit se terminer ce jour-là. « Notre objectif de vacciner, c’est une chose et les conditions qui sont liées au couvre-feu, c’est une deuxième chose », a indiqué le ministre de la Santé, Christian Dubé. Le réaménagement de la chaîne de production de Pfizer causera certains retards dans le nombre de doses dont la livraison était prévue. Ce sont surtout les personnes qui vivent en résidences privées pour aînés et le personnel du réseau de la santé qui seront affectés par les réaménagements du calendrier.

 

La vaccination dans les résidences privées pour aînés débutera tel que prévu le 25 janvier, mais seulement 21 000 personnes au lieu des 36 000 prévues pourront recevoir leur dose au 8 février. Les autres la recevront après cette date, avec les livraisons subséquentes. L’objectif de vaccination du personnel de la santé est également réduit à 127 000, pour cette même date. Selon les dernières statistiques, plus de 85 % des résidents des centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) ont reçu leur injection depuis le début de la campagne de vaccination, le 14 décembre.



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