Françoise David présente son Option citoyenne

Québec — Qui a dit que l'été n'était pas une saison favorable aux débats politiques? Deux mois après le lancement de son mouvement politique, Option citoyenne, la militante féministe Françoise David sillonne le Québec à bord d'un Westfalia coloré et recrute de nouveaux membres.

Une façon bien particulière de faire de la politique active. De passage à Québec, samedi, Françoise David a non seulement autographié des exemplaires de son essai Bien commun recherché, qui décrit les fondements du nouveau mouvement de gauche, mais elle a aussi et surtout écouté les citoyens.

Ils étaient nombreux samedi après-midi, sur la rue Saint-Jean, à la questionner sur les valeurs politiques de gauche. Certains demandaient à «croire encore en la démocratie», d'autres, plus cyniques, ont estimé que la militante «aura des comptes à rendre» une fois que le nouveau parti sera fondé.

«Je suis ici pour écouter les propositions des gens. Ce n'est pas vrai que j'arrive en politique avec un livre de recettes de solutions à chaque problème», répond-elle.

N'empêche que la réflexion est bel et bien amorcée. Option citoyenne est un mouvement féministe et écologiste de gauche qui souhaite prendre rapidement sa place dans la sphère publique. «Ce n'est pas demain qu'on va détenir un réel pouvoir, mais nous aurons au moins un outil de dialogue avec les citoyens, qui surveillera de près les décisions gouvernementales», ajoute celle qui ne peut se détacher de son passé de lobbyiste.

Déjà, 500 Québécois ont adhéré au mouvement. Françoise David souhaite tripler ce nombre d'ici la fin de la tournée estivale, le 12 septembre.

Tâtant le pouls de la population en vue de former un nouveau parti politique, la militante entrevoit un avenir prometteur pour la gauche québécoise.

«Nous envisageons une alliance avec l'Union des forces progressistes pour le printemps 2005. À partir de là, la gauche québécoise aura toute une visibilité et un grand impact», ajoute l'ex-présidente de la Fédération des femmes du Québec. Il faut toutefois mettre une croix sur une éventuelle alliance avec le Parti québécois, «qui m'a trop déçue en 2000, lors de la Marche du pain et des roses». Décidément, les années Bouchard lui sont restées dans la gorge.

C'est paradoxalement à ce moment précis, en 2000, qu'elle a pensé à se lancer dans l'arène politique. «J'ai vu le cynisme des gens, et le mien, et je me suis dit qu'il fallait changer la façon de faire de la politique au Québec. La gauche n'était pas bien représentée. Mais ça m'a quand même pris trois ans avant de me décider à lancer le mouvement Option citoyenne. Ce fut une longue réflexion», admet-elle, arguant qu'elle ne l'a pas fait par dépit, mais «avec enthousiasme».

Pour Mme David, la réponse des citoyens de Québec — surtout des citoyennes, puisque 60 % des membres sont de sexe féminin — est positive. «La région de Québec est notre principal bastion. Nous avons déjà une organisation régionale, bien que bénévole, et le nombre de membres augmente rapidement», dit-elle, distribuant les formulaires d'adhésion aux passants.

La tournée estivale de Françoise David et des militants d'Option citoyenne se terminera d'ailleurs dans la capitale le 12 septembre. Un rassemblement national est également prévu les 13 et 14 novembre prochain. Quatre sujets seront débattus lors de ce rassemblement, soit le féminisme, la question nationale, les principes directeurs du futur parti et l'économie du Québec.