Quoi retenir du «traitement-choc»?

Un « traitement-choc » pour casser la courbe de contamination à la COVID-19 : le premier ministre Legault a dévoilé mercredi soir un train de mesures restrictives pour aider le Québec à gagner la « course contre la montre » qui se joue présentement. Couvre-feu, retour en classes, fermeture : voici ce qu’il faut retenir des annonces.

Couvre-feu de 20 h à 5 h.

Pour la première fois depuis 1918, un couvre-feu sera imposé au Québec à compter de samedi, 9 janvier, et jusqu’au 8 février. Il sera ainsi interdit de se trouver à l’extérieur de son domicile entre 20 h et 5 h du matin, « hormis dans le cas d’exceptions justifiant le déplacement, par exemple pour bénéficier de soins de santé, pour des raisons humanitaires ou pour effectuer un travail considéré prioritaire ».

Les épiceries et dépanneurs devront fermer à 19 h 30. Des exceptions ? Les dépanneurs où il y a une station-service, et les pharmacies. Celles-ci « ne pourront vendre que des médicaments et des produits essentiels, tandis que les stations-service ne pourront vendre que de la nourriture, de l’essence et des produits pour véhicules routiers ».

Quant aux restaurants, ils pourront continuer d’offrir un service de livraison après 19 h 30.

Pour les itinérants, M. Legault a indiqué qu’on « souhaite qu’ils soient à l’intérieur », dans les refuges. « Il y a assez de place », a-t-il dit.

Amendes de 1000 $ à 6000 $.

Ce sont les policiers du Québec qui seront chargés de faire appliquer le couvre-feu. Et ils pourront imposer des amendes de 1000 $ à 6000 $ à « ceux qui seraient à l’extérieur sans raison » après 20 h, a expliqué M. Legault. La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbeault, précisera jeudi le modus operandi de l’opération. Le premier ministre a reconnu mercredi que plusieurs détails restent à attacher.

Écoles primaires ouvertes.

Ce fut « le sujet le plus débattu » à Québec, a affirmé François Legault mercredi. Et même s’il y a eu des éclosions dans les classes du Québec, il estime qu’il convient de rouvrir les écoles primaires comme prévu lundi prochain, 11 janvier. « La priorité, c’est l’école, a-t-il dit. On doit ça à nos jeunes ».

Écoles secondaires fermées… une semaine.

Au contraire des élèves du primaire, ceux du secondaire vont devoir poursuivre une semaine de plus l’enseignement en ligne. Les cours devraient donc reprendre le 18 janvier.

Des masques à l’école.

Un gros changement à noter : le gouvernement demande maintenant à tous les enfants du primaire du « porter un masque dans les corridors », cela parce que Québec reconnaît maintenant les « potentiels problèmes qu’amènent les aérosols » (un point de presse prévu vendredi précisera la position du gouvernement sur ce dossier). Les plus vieux, ceux de 5e et 6e année, devront aussi porter le masque en classe.

Au secondaire, le port du masque sera désormais obligatoire pour tous en classe. François Legault a indiqué que Québec fournira « deux masques de procédure par jour à chaque élève et enseignants ». On vise ainsi à ce que les masques portés aient une réelle efficacité, ce qui est aléatoire avec les masques artisanaux.

Étudier en bibliothèque.

Au-delà des emprunts de livres qui demeuraient possible dans les bibliothèques municipales du Québec, le gouvernement autorise maintenant « d’aller y étudier ». Ceci pour permettre aux enfants qui n’ont pas Internet haute vitesse d’avoir accès au réseau, notamment.

Garderies ouvertes.

Pas de modification ici : toutes les garderies demeurent ouvertes, a précisé François Legault.

Personne seule.

Le temps des Fêtes est terminé… et ainsi de la permission spéciale accordée aux personnes seules, qui pouvaient se greffer à une bulle familiale. À compter de vendredi, elles pourront avoir uniquement la visite d’une autre personne seule.

Télétravail.

Comme c’est le cas depuis la mi-décembre, le télétravail continue d’être obligatoire partout au Québec, sauf si nécessaire. « C’est donc dire que toutes les entreprises et les tours de bureaux devront être fermées », indique Québec.

Commerces fermés.

Pas de changement ici : les commerces non-essentiels qui sont fermés depuis le 25 décembre le demeureront jusqu’au 8 février. Le gouvernement précise dans son communiqué que cela touche les « restaurants [salle à manger], gyms, théâtres, cinémas et salons de coiffure ».

Ramassage autorisé.

Une nouveauté par rapport aux dernières semaines : Québec autorise le ramassage — ou la cueillette — de commande à la porte des commerces. « Ainsi, il sera possible d’acheter un produit en ligne et de le faire livrer ou d’aller le chercher sur place, sans entrer dans le commerce, en respectant les consignes sanitaires ».

Construction et manufacturier à volume réduit.

Contrairement à ce qui s’est passé au printemps, ces deux secteurs peuvent poursuivre leurs activités, mais de façon limitée. « Ce qu’on demande aux compagnies, c’est de reporter la production de tout ce qui n’es pas essentiel, mais ils peuvent continuer d’opérer pour produire ce qui est essentiel », a indiqué le premier ministre. Le gouvernement a plus tard précisé qu’il y aura « obligation de télétravail lorsque possible, et ajustement des quarts de travail pour limiter les présences sur les sites de production et de construction au même moment ».

Lieux de culte fermés.

Les fidèles du Québec devront se résoudre aux célébrations en ligne : tous les lieux de culte seront fermés jusqu’au 8 février. Le gouvernement met ainsi un terme à la permission d’accueillir jusqu’à 25 personnes. « On a vu à certains endroits que ça avait créé des problèmes », a justifié M. Legault. Seule exception : pour les funérailles, un maximum de 10 personnes pourront se réunir en respectant les règles sanitaires.

Activités extérieures autorisées…

Les activités individuelles demeurent possibles (avant le couvre-feu, toutefois). « Mais on ne veut pas des leçons de ski », a illustré François Legault. « Mais faire du ski, prendre une marche, aller patiner, ça va être possible. »

… sans amis toutefois.

Une précision importante : il n’est plus permis d’aller prendre une marche avec un ami qui resterait à deux mètres, a indiqué le bureau du premier ministre. Toutes les activités extérieures devront ainsi se faire en bulle familiale, et rien de plus.

Tournages permis.

Si le secteur de la culture est largement à l’arrêt depuis le 1er octobre, les tournages télé et cinéma pouvaient se poursuivre… et rien ne change en ce sens, a précisé François Legault mercredi.

Le Canadien est à part.

Il y a une grosse exception à tout ce qui précède : le Canadien de Montréal, qui se voit autoriser à… jouer au hockey en groupe. François Legault a justifié la permission spéciale accordée au club montréalais en disant que « beaucoup de Québécois ont hâte de voir des matchs de hockey » ; que le premier match prévu à Montréal se tiendra le 27 janvier ; et que « les consignes très sévères » qui sont imposées par la santé publique permettent d’assurer un risque minime de transmission. Les joueurs « sont testés tous les jours », selon M. Legault, qui a noté qu’ils « ont les moyens pour se payer cette sécurité ».

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