Avec le reconfinement, le gouvernement Legault n’a plus le droit à l’erreur, estiment QS et le PQ

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

Les chefs des trois partis d’opposition à Québec doivent discuter mardi après-midi avec le premier ministre François Legault pour leur rencontre virtuelle hebdomadaire, alors que plane le spectre d’un nouveau confinement comme celui du printemps pour juguler la pandémie devenue hors de contrôle.

Faut-il prolonger la fermeture des écoles et des commerces non essentiels ? Imposer un couvre-feu comme l’a fait la France ? Restreindre les déplacements entre les régions ? M. Legault entend donner davantage de détails aux Québécois mercredi sur les nouvelles mesures qu’il compte imposer.

Le Devoir a sondé les partis d’opposition sur leurs attentes avant la rencontre. Seul le Parti libéral a préféré s’abstenir.

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« C’est une chose de faire des annonces, mais ce à quoi on s’attend du gouvernement est qu’il arrive préparé avec une capacité de livrer l’aide rapidement sur le terrain, a affirmé le chef du Parti québécois, Paul Saint-Pierre Plamondon, en entrevue, quelques heures avant la rencontre. Un confinement total, ça doit venir avec de l’aide auprès des personnes les plus vulnérables, que ce soit vulnérable sur le plan psychologique parce que les gens sont à bout, ou que ce soit l’aide sur le plan financier parce que les impacts sur plusieurs entreprises vont être très grands si on retourne dans un confinement total. »

« De toute évidence, les mesures actuelles ne suffisent pas à ralentir la deuxième vague et notre système de santé est toujours au bord du gouffre, a déclaré par écrit le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois. Le gouvernement doit en faire davantage pour éviter que le système ne casse. Ça veut dire mieux protéger les travailleurs et les travailleuses pour éviter la contagion, intégrer la transmission par aérosol à sa stratégie et agir une fois pour toutes au niveau de la ventilation des espaces intérieurs. »

Le confinement partiel imposé durant la période des Fêtes n’a pas réussi à faire baisser le nombre de cas de COVID-19. Le bilan publié mardi matin par le gouvernement faisait état de 2508 nouveaux cas de COVID-19, 23 nouvelles hospitalisations et 62 nouveaux décès, dont un peu plus du tiers est survenu dans les 24 dernières heures.

L’une des options envisagées par le gouvernement Legault est d’imposer un couvre-feu, à l’instar de la France, où les citoyens doivent rester à domicile entre 20 h et 6 h et même entre 18 h et 6 h dans 15 départements où la situation s’est détériorée.

« L’objectif du couvre-feu est de limiter les rassemblements durant lesquels les mesures barrières sont moins bien appliquées et où le virus circule rapidement tout en limitant l’impact sur l’économie déjà mise à rude épreuve par l’épidémie », peut-on lire sur le site d’information du gouvernement français sur la COVID-19.

Dans l’éventualité où le gouvernement Legault irait de l’avant avec une telle mesure, il devra faire preuve de plus de transparence, selon Paul Saint-Pierre Plamondon. « Si jamais le gouvernement y va avec des mesures inusitées, qu’on n’a pas vues auparavant, il se doit d’expliquer en quoi c’est une recommandation de la Santé publique et en quoi cette recommandation est fondée sur des données probantes », a-t-il demandé.

Le chef péquiste s’attend à ce que le gouvernement ait retenu des leçons de la première vague et que les ratés constatés au printemps 2020 ne se répètent pas en 2021. Il n’a plus le droit à l’erreur.

Avec Marco Bélair-Cirino

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