Québec a envoyé des masques non conformes aux garderies

Québec a équipé le réseau des services de garde éducatifs à l’enfance de masques non conformes pendant près de six mois.
Photo: Adil Boukind Archives Le Devoir Québec a équipé le réseau des services de garde éducatifs à l’enfance de masques non conformes pendant près de six mois.

Québec a équipé le réseau des services de garde éducatifs à l’enfance de masques non conformes sur une période de sept mois.

Dans un courriel qu’il a transmis au réseau mardi soir, le ministère de la Famille avertit les services de garde que les masques que le ministère de la Santé leur a fournis entre les mois de mai et de novembre sont « non conformes ».

En entrevue au Devoir mercredi, le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, a expliqué que les masques envoyés dans le réseau ne respectaient pas les exigences de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) en matière de filtration.

Les masques sont généralement testés sur la base de trois critères : la pulvérisation, la filtration et la respirabilité.

Dans son courriel, le ministère de la Famille demande aux travailleurs en services de garde de « cesser immédiatement l’utilisation des masques MC9501 ». « Aussitôt qu’on a su » que les masques n’étaient pas conformes, le réseau a été avisé, a assuré le ministre Lacombe. Depuis mars, pas moins de 30 millions de ces masques ont été distribués dans le réseau, a-t-il précisé.

Ni son ministère ni la CNESST n’ont pu expliquer pourquoi la fiabilité des masques MC9501 n’a pas été évaluée plus tôt. À l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité au travail, la directrice de laboratoire Marie-Claude Barrette a expliqué que les équipes testent les masques à mesure que le ministère de la Santé leur demande de le faire. « On les teste dans l’ordre dans lequel on les reçoit », a-t-elle affirmé, sans commenter directement le dossier des masques envoyés dans les services de garde. « Dès qu’on a testé les masques, dès qu’on a les résultats, on les affiche sur un site sécurisé » à l’intention du ministère, a-t-elle ajouté.

En attente des nouveaux masques

En entrevue, le ministre Lacombe a reconnu que les nouveaux masques, jugés sécuritaires, « n’ont pas encore été livrés dans tous les services de garde éducatifs ». Le ministère, qui avait prévu d’envoyer ce nouveau produit de protection individuelle dès janvier, s’active pour terminer les envois. D’ici là, les employés « pourront [se] procurer [des masques conformes] ailleurs, de façon temporaire, le temps de recevoir les nouveaux masques du ministère », a dit l’élu.

 

« Contrairement aux réseaux de la santé ou de l’éducation, ce n’est pas le ministère de la Famille qui est l’employeur des éducateurs, des éducatrices et de tous les membres du personnel », a-t-il ensuite précisé. « Nous, on fournit gratuitement ces masques à l’ensemble du réseau, notamment aux responsables de services de garde en milieu familial, même si elles sont des travailleuses autonomes. Par contre, il y a une limite à ce qu’on peut faire comme distribution. »

N’étant « pas médecin », il a dit ignorer si le port des masques envoyés dans le réseau depuis mai avait pu contribuer à faire circuler le coronavirus dans certains milieux de garde. Selon les données qu’il a en main, 951 cas de COVID-19 ont été recensés dans 463 services de garde à l’enfance du Québec depuis le début de la pandémie.

Dans un courriel transmis aux médias, la vice-présidente de l’Association des garderies non subventionnées en installation a dit s’inquiéter des répercussions de l’annonce du ministère de la Famille au sujet des masques. « Il est désolant et surtout inquiétant de voir qu’il aura fallu sept mois avant de découvrir la défaillance des masques que nous utilisons en garderie », a écrit Bianca Michetti.

« Avons-nous mis à risque nos employés, mais surtout les familles qui nous font confiance avec leur enfant ? Est-ce que ce “détail omis” a contribué à l’éclosion de foyers de transmission et entraîné la fermeture de certains services de garde ? » a-t-elle demandé.

La présidente de la CSQ, Sonia Éthier, a dit vouloir comprendre pourquoi ces masques ont été envoyés dans le réseau. « Il faut savoir pourquoi ça s’est produit et obtenir un état précis de la situation », a-t-elle dit. De concert avec la présidente de la FIPEQ-CSQ, Valérie Grenon, elle a demandé à Québec de s’assurer, en priorité, « que les intervenantes aient en main le matériel approprié et l’information adéquate ».

Les masques bloqueraient 99,9 % des grosses gouttelettes

PARIS — Les masques faciaux réduisent jusqu’à 99,9 % le risque de propager de grosses gouttelettes liées à la COVID-19 lorsque l’on parle ou tousse, selon une nouvelle expérience en laboratoire réalisée avec des mannequins et des humains. Une personne debout à deux mètres d’une autre qui tousse sans masque sera exposée à 10 000 fois plus de gouttelettes de ce type que si elle portait un masque, rapporte-t-on dans la revue Royal Society Open Science. Les grosses gouttelettes respiratoires de type postillons — qui agissent comme des projectiles avant d’être attirées vers le sol par gravité — seraient le principal moteur de la transmission du SRAS-CoV-2, note-t-on. « Dans notre étude, pour les plus grosses gouttelettes que nous mesurons, nous parlons de 99,9 % de réduction », a souligné l’auteur principal, Ignazio Maria Viola, expert en dynamique des fluides appliquée au Département d’ingénierie de l’Université d’Édimbourg.

 

Agence France-Presse



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