Revenu Québec - Le syndicat craint une diminution de services

Québec — Le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) s'inquiète de la diminution des services directs aux contribuables que prépare un document émanant du comité de direction de Revenu Québec.

Daté du 21 juin 2004, le document de 22 pages formule la proposition de la Direction générale des particuliers de Revenu Québec pour remplir «les exigences de la réingénierie», peut-on lire. «Briller parmi les meilleurs! Voilà le leitmotiv avec lequel la Direction générale des particuliers a repensé son organisation», ajoute-t-on.

Moins de points de service

Le document propose de réduire le nombre de points de service de Revenu Québec où le contribuable peut se rendre en personne. Les hauts fonctionnaires du fisc parle de «l'adoption d'une stratégie de déplacement», c'est-à-dire que les contribuables dans l'est et l'ouest de l'île de Montréal devront se rendre au centre-ville. À Québec, les citoyens qui se rendent à un point de service dans la Basse-Ville devront se déplacer à Sainte-Foy, tout comme les contribuables de Sorel et de Saint-Jean devront se rendre à Longueuil. Le document projette une mise en oeuvre des changements proposés à compter de septembre 2004.

Depuis le 1er juin dernier, tous les bureaux de Revenu Québec, à l'exception de celui du Complexe Desjardins à Montréal, ouvrent leurs portes le matin à 10h plutôt qu'à 8h30, a souligné Michel Sawyer, le président général du SFPQ. «Ces mesures-là sont en définitive des coupures de services.»

À terme, Revenu Québec veut réduire les services offerts aux comptoirs pour les remplacer par des services en ligne, peut-on lire dans le document. La direction de l'agence propose «une nouvelle philosophie» exigeant «une plus grande autonomie du citoyen pour remplir ses obligations et exercer ses droits» grâce «à l'utilisation des moyens de communication les plus utiles et performants».

Centre d'appels

Pour le SFPQ, quand il n'y aura plus de service aux comptoirs, la population n'aura d'autre choix que de se tourner vers Internet. «Il n'y a rien qui peut remplacer l'information verbale», estime M. Sawyer, d'autant plus que «le Québec en ligne pourrait amener une tarification».

Le document annonce aussi une réduction de 13 à deux du nombre de centres d'appels de Revenu Québec. L'agence emploie à l'heure actuelle l'équivalent de 228 employés à temps plein dans ses centres d'appels. De nombreux centres d'appels en région devront fermer leurs portes, entraînant des mouvements de personnel, craint le SFPQ.

Au cabinet du ministre du Revenu, Lawrence Bergman, on nie que des décisions aient été prises de réduire les services aux comptoirs, bien que le document soit explicite à ce sujet. «Il est un peu alarmiste de parler de fermetures», a dit l'attachée de presse du ministre, Valérie Sauvé.

Toutefois, de 1999 à 2003, le nombre de déclarations de revenus remplies par la voie électronique est passé de 780 000 à 1,8 million, a signalé Mme Sauvé. Le volume du service aux comptoirs a chuté de 24 % en six ans. «Notre but, c'est certainement d'être efficaces. C'est pour ça qu'on est devenus une agence», a soutenu l'attachée de presse. Le ministère du Revenu est devenu une agence gouvernementale le 30 juin dernier.