1,4 milliard de dollars pour le nouveau Plan Nord

Le ministre des Ressources naturelles, Jonatan Julien, a fait l’annonce du Plan d’action nordique 2020-2023 du gouvernement Legault, lundi à Québec.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre des Ressources naturelles, Jonatan Julien, a fait l’annonce du Plan d’action nordique 2020-2023 du gouvernement Legault, lundi à Québec.

Le gouvernement Legault se donne trois ans pour réaliser son propre Plan Nord. Le ministre des Ressources naturelles, Jonatan Julien, a fait l’annonce lundi du Plan d’action nordique 2020-2023, assorti d’une enveloppe de près de 779 millions de dollars.

« Le Plan d’action nordique 2020-2023 nous permettra d’augmenter à la fois le niveau de richesse du Québec et surtout d’améliorer la qualité de vie des habitants, a-t-il déclaré en conférence de presse. Nous le ferons par le développement économique, mais aussi par le partage du savoir culturel et par la préservation de l’environnement. »

Il était accompagné du ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, et du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour.

Le ministre Julien tenait à avoir « un plan d’action concret, mesurable, [avec une] reddition de compte sur une base annuelle », pensé par les gens qui vivent dans le nord du Québec. C’est ce qui le distingue, à son avis, des deux Plan Nord précédents lancés par les gouvernements libéraux de Jean Charest, puis de Philippe Couillard.

En tout, ce sont 1,4 milliard de dollars qui financeront 49 actions déterminées avec l’aide des acteurs locaux. Dix de ces actions sont déjà en cours, a souligné M. Julien. Outre la part du gouvernement du Québec, le reste de l’argent proviendra du gouvernement fédéral et du secteur privé.

Sept actions issues du Plan d’action gouvernemental pour le développement social et culturel des Premières Nations et des Inuits qui arrivera à échéance en 2022 en font également partie. Ce Plan Nord 2.0 touche, en effet, les Cris, les Naskapis, les Innus et les Inuits.

Le Plan d’action nordique s’articule autour de quatre grandes orientations : l’accès au territoire, le développement économique, la création d’un milieu de vie attirant et la conservation de l’environnement nordique. « On parle d’habiter le territoire, a affirmé M. Julien. On ne parle pas de développement du Nord, on ne parle pas d’occuper le territoire. On veut améliorer la qualité de vie pour qu’on puisse habiter notre Nord. »

Ce sont les infrastructures qui obtiennent la plus grande part de la cagnotte, soit 1,3 milliard au cours des trois prochaines années. Cet argent servira entre autres au prolongement de la route 138 sur la Côte-Nord et à l’amélioration de la route 389 aussi sur la Côte-Nord, qui ont déjà fait l’objet d’annonces. La réfection de la route entre Schefferville et la communauté naskapie de Kawawachikamach en fait également partie.

Près de 252 millions de dollars seront alloués à la création d’un « milieu de vie attractif », ce qui inclut notamment l’amélioration des services Internet au Nunavik, le déploiement de la fibre optique sur le territoire Eeyou Istchee Baie-James et le développement de services de télésanté.

On parle d’habiter le territoire. On ne parle pas de développement du Nord, on ne parle pas d’occuper le territoire. On veut améliorer la qualité de vie pour qu’on puisse habiter notre Nord. 

 

Environ 43,2 millions serviront au cours des trois prochaines années à la conservation du territoire. Cet agent servira, entre autres, à la création d’un fonds pour la faune nordique et à mieux gérer les matières résiduelles. Enfin, un peu plus de 32 millions de dollars sur trois ans iront au développement et à la diversification de l’économie, ce qui inclut des projets de formation de la main-d’œuvre locale. Une somme de 36 millions de dollars est également réservée pour de nouveaux projets qui se présenteraient « en cours de route ».

« Aujourd’hui, on a vraiment plus l’impression de discuter ensemble [de] comment va se déployer le Plan Nord », a réagi le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier, qui a fait partie des discussions. « Avant, il y avait des grands slogans, il y avait plein de choses, mais bon, entre la première mouture du Plan Nord et ce qu’on a aujourd’hui devant nous, moi, je vois toute une différence », a-t-il ajouté.

Le Plan d’action nordique du gouvernement caquiste fait suite à deux autres versions du Plan Nord, d’abord imaginé par l’ex-premier ministre Jean Charest. Il avait présenté en 2011, alors qu’il dirigeait un gouvernement libéral, ce « chantier d’une génération » axé sur le développement minier du Nord québécois. Le gouvernement comptait injecter 1,625 milliard de dollars de 2011 à 2016 et prévoyait des investissements de 80 milliards sur 25 ans, autant publics que privés.

Ce grand projet avait finalement été remisé par le gouvernement péquiste de Pauline Marois pour être relancé en 2015 par le gouvernement libéral de Philippe Couillard. Le gouvernement avait alors annoncé 1,3 milliard de dollars sur cinq ans pour stimuler le secteur minier. Les investissements publics et privés prévus étaient alors plus modestes, soit 50 milliards d’ici 2035.

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Une version précédente de ce texte affirmait que la route 389 se trouvait dans la Baie-James, alors qu'elle se trouve plutôt dans la région de la Côte-Nord. Nos excuses.