Legault critiqué pour sa volte-face sur Noël

La décision d’annuler les quatre jours de Noël, durant lesquels deux rassemblements étaient permis, «n’a pas été prise de gaieté de cœur», a souligné la vice-première ministre, Geneviève Guilbault vendredi.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne La décision d’annuler les quatre jours de Noël, durant lesquels deux rassemblements étaient permis, «n’a pas été prise de gaieté de cœur», a souligné la vice-première ministre, Geneviève Guilbault vendredi.

Québec solidaire ne se satisfait pas du « Noël tranquille » décrété par le premier ministre François Legault afin d’épargner les travailleurs du réseau de la santé d’un afflux de nouvelles personnes atteintes de la COVID-19 au retour de la période des Fêtes.

Le parti politique a réclamé vendredi un « nouveau contrat moral » de la part de M. Legault par le biais duquel les Québécois s’engageraient à respecter à la lettre les règles sanitaires « en échange » de quoi le gouvernement québécois « leur donner[ait] les moyens de passer au travers un temps des Fêtes », en leur permettant de « faire des petits rassemblements à l’extérieur », par exemple. « [Jeudi], notre moral collectif a vraiment mangé toute une claque », a fait valoir le co-porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois, vendredi. « Les fêtes de Noël, c’était la lumière au bout du tunnel pour plein de gens au Québec. C’était l’espoir dans la grisaille de l’automne », a-t-il poursuivi.

Cela dit, M. Nadeau-Dubois n’a pas remis en question la décision du premier ministre de résilier le « contrat moral » du 19 novembre dernier, qui permettait la tenue d’un ou deux rassemblements de 10 personnes ou moins en zone rouge les 24, 25, 26 et 27 décembre. « On n’avait pas le droit d’infliger à ces femmes et à ces hommes [à pied d’œuvre dans le réseau de la santé] une explosion des hospitalisations », a-t-il convenu.

« Faux espoirs »

La chef de l’opposition officielle, Dominique Anglade, a reproché au premier ministre d’avoir « créé des faux espoirs » en annonçant, le 19 novembre dernier, la possibilité de tenir des petits rassemblements « sans avoir non seulement l’information, mais les mesures pour encadrer ça » : « une décision prématurée, précipitée ». « Les Québécois sont déçus. Ils ont raison. Le premier ministre a admis que l’annonce du contrat moral était une erreur, mais l’annulation était la chose à faire dans les circonstances », a-t-elle spécifié vendredi.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a pour sa part accusé le gouvernement caquiste d’avoir « déguisé » un « contrat de marketing politique » en « contrat moral » le 19 novembre dernier. « Beaucoup de gens [sont] déçus, parce que le gouvernement a voulu faire de la politique, faire une annonce positive », a-t-il noté.

La décision d’annuler les quatre jours de Noël, durant lesquels deux rassemblements étaient permis, « n’a pas été prise de gaieté de cœur », a souligné la vice-première ministre, Geneviève Guilbault, vendredi. Du coup, « les mêmes règles qui s’appliquent au moment où on se parle vont continuer de s’appliquer » durant la période des Fêtes, y compris l’interdiction de rassemblement.

Selon elle, il ne faut pas s’attendre pour autant à l’érection de barrages routiers entre une zone où les salles à manger des restaurants sont ouvertes ou encore les rassemblements à l’intérieur de six personnes ou moins sont permis et celles où ce n’est pas le cas.

Prévention d’abord

Les policiers de la Sûreté du Québec se feront un devoir de rappeler qu’il n’est pas recommandé d’effectuer des déplacements interrégionaux aux automobilistes dont ils croisent la route, y compris à l’un des points de contrôle installés pour épingler les conducteurs dont la capacité de conduite est affaiblie par l’alcool ou la drogue. « On va faire appliquer la Loi sur la Santé publique », a indiqué le porte-parole de la Sûreté du Québec Hugo Fournier. Pour y arriver, les agents de la SQ opteront pour la « prévention » et la « sensibilisation » d’abord ; la répression ensuite. « On avise les gens de leur comportement, de l’infraction qu’ils ont commise. Si les gens s’amendent, il n’y a pas de constat d’infraction », a-t-il mentionné.

Le lieutenant Fournier ignorait vendredi après-midi si les effectifs de la SQ seront plus nombreux durant la période des Fêtes qu’ils l’étaient à pareille date l’année dernière, notamment pour tuer dans l’œuf tout rassemblement illégal.

Geneviève Guilbault a dit « s’en remet[tre] à la bonne foi et à la mobilisation des Québécois, qui a été exemplaire depuis neuf mois ». « On ne pourra jamais mettre nos 15 000 policiers en permanence, 24-7, sur la surveillance des rassemblements », a insisté l’élue.  

Des questions pour le Dr Arruda

Les parlementaires ont demandé à tour de rôle vendredi au gouvernement caquiste de trouver « quelques heures » avant la relâche parlementaire, qui s’amorce vendredi prochain, durant lesquelles le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, pourra répondre à leurs questions. Le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, n’arrivait pas à croire que le Dr Arruda ait pu trouver du temps pour monter sur le plateau de l’émission Dans les médias diffusée à Télé-Québec, mais pas pour s’asseoir dans une salle de commission parlementaire. « S’il a besoin de visibilité à la télévision, on a un excellent canal pour lui, qui est celui de l’Assemblée nationale », a-t-il lancé.

En données

Vendredi, le Québec a rapporté 1345 nouveaux cas de COVID-19 et 28 décès se sont ajoutés au bilan. Les hospitalisations ont augmenté de 24, et 97 personnes se retrouvaient aux soins intensifs, une diminution de deux par rapport à la veille.

La Presse canadienne


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