Assurance-médicaments - L'inhalateur ne sera pas remboursé par le régime public

Québec — Le régime public d'assurance-médicaments ne remboursera pas un nouveau type de méthode pour arrêter de fumer — l'inhalateur de Nicorette — comme il fait pour les timbres et les gommes.

Dans sa dernière modification apportée à la liste des médicaments couverts par le régime public, le Conseil du médicament a rejeté l'inscription de l'inhalateur Nicorette, en raison du prix plus élevé de ce nouveau traitement pour arrêter de fumer et de ses «bénéfices cliniques» qui sont insuffisants.

L'inhalateur consiste en un embout buccal semblable à une cigarette et muni d'une cartouche de nicotine. La personne qui tente de cesser de fumer aspire la nicotine de cet embout, un peu comme elle le ferait de la fumée d'une cigarette. Le coût pour 30 jours de traitement par cet inhalateur est de 137,46 $, contre 127,84 $ pour le timbre de nicotine cutané, soit une différence de 7,5 %, et 86,69 $ pour la gomme de nicotine, soit 58,8 % de plus. L'autre médicament pour arrêter de fumer, l'antidépresseur Zyban, ne coûte que 55,81 $ par mois.

Trois méthodes suffisent

Le Conseil du médicament estime que les trois types de traitement déjà assurés sont suffisants pour répondre aux besoins de tous les patients. La Régie de l'assurance-maladie du Québec (RAMQ) rembourse un peu plus de 12 millions par année pour ces traitements anti tabac.

La directrice générale du Conseil du médicament, Lucie Robitaille, a signalé au Devoir qu'une étude sur l'efficacité des méthodes pour arrêter de fumer conclut que l'observance du traitement — le fait que les personnes poursuivent le traitement jusqu'à la fin, tel que prescrit — est la plus forte dans le cas du timbre. L'observance est relativement faible pour les gommes et elle est très faible dans le cas des inhalateurs. «On ne voit pas de bénéfices cliniques», a-t-elle dit.

De son côté, Mario Bujold, le directeur général du Conseil québécois sur le tabac et la santé, doute de l'efficacité de l'inhalateur. «L'idée, c'est de faire un sevrage. Ce n'est pas de remplacer la cigarette par un autre produit», a-t-il rappelé.

Selon le Dr Jerry Wright, directeur de la recherche-développement de Pfizer Canada, la société qui commercialise l'inhalateur Nicorette, les études cliniques commandées par l'entreprise indiquent que l'observance est «bonne et même très acceptable». Même s'il n'est pas couvert par le régime d'assurance-médicaments public, le produit est en vente libre dans les pharmacies.