La FIQ rejette l’entente de principe conclue avec Québec

La mésentente entre la FIQ et Québec porte entre autres sur la charge de travail, la stabilité des équipes et la création de postes pour éviter les mouvements de main-d’œuvre.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir La mésentente entre la FIQ et Québec porte entre autres sur la charge de travail, la stabilité des équipes et la création de postes pour éviter les mouvements de main-d’œuvre.

Coup de théâtre dans la nuit de lundi à mardi, alors que les déléguées de la FIQ ont rejeté l’entente de principe qui était intervenue avec Québec, à peine quelques heures après qu’elle eut été conclue.

Cette entente de principe avait été annoncée lundi par la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, et la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, Nancy Bédard.

Ces négociations intensives entre la FIQ et le gouvernement du Québec, qui duraient depuis plusieurs jours, portaient sur la charge de travail, la stabilité des équipes de soins et la création de postes à temps complet pour éviter les mouvements de main-d’œuvre.

Lundi, le ministre de la Santé, Christian Dubé, avait d’ailleurs soutenu que cette entente « viendrait stabiliser les équipes dans toutes les régions ». Québec voulait particulièrement stabiliser les équipes dans les CHSLD, vu la crise qui y a été vécue lors de la première vague du coronavirus.

En général, dans le réseau de la santé et des services sociaux, environ la moitié des infirmières travaillent à temps complet.

Cette question de la création de postes à temps complet et de la stabilité des équipes avait d’ailleurs aussi fait l’objet d’une entente pour les 15 000 préposés aux bénéficiaires et auxiliaires de santé de la FTQ.

La FIQ tenait aussi à aborder la question des ratios infirmière-patients, qui a fait l’objet de 16 projets pilotes ces dernières années, afin de diminuer la charge de travail tout en améliorant la qualité des soins.

L’autre irritant majeur pour la FIQ est celui du « TSO », les heures supplémentaires obligatoires. Mais la résolution de ce problème passe justement par la création de postes, puisque les directions d’établissement y ont recours à cause du manque de personnel.

L’entente de principe était « sectorielle » ; elle touchait donc les conditions de travail dans ce secteur.

Elle ne touchait donc pas les questions « intersectorielles », qui sont les salaires, le régime de retraite, les droits parentaux et les disparités régionales. Les questions intersectorielles sont négociées en alliance entre la FIQ et l’Alliance du personnel professionnel et technique dans la santé et les services sociaux (APTS).

Comme le veulent les règles de fonctionnement, une fois l’entente de principe conclue, elle devait être présentée à une instance intermédiaire de la FIQ avant d’être soumise aux membres. C’est cette instance intermédiaire, le « conseil national extraordinaire » qui a rejeté l’entente de principe, la jugeant insuffisante.

Le comité de négociation de la FIQ devra donc de nouveau rencontrer les représentants du Conseil du trésor pour indiquer où le bât a blessé et ce qu’il manque, selon lui, pour réussir à obtenir l’aval des déléguées, puis des membres.

La FIQ représente 76 000 infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes cliniques dans l’ensemble du Québec.

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