Dubé craint un afflux de Québécois vers les cliniques de dépistage

De gauche à droite: le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, le premier ministre du Québec, François Legault, et le ministre de la Santé, Christian Dubé
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne De gauche à droite: le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, le premier ministre du Québec, François Legault, et le ministre de la Santé, Christian Dubé

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, demande aux Québécois de prendre rendez-vous pour un test de dépistage de la COVID-19 seulement s’ils ont de « bonnes raisons ».

« On ne va pas se tester juste pour être certain qu’on n’a pas la COVID », a-t-il fait valoir jeudi soir, après avoir donné sa bénédiction à la tenue de rassemblements privés quatre jours durant la période des Fêtes (24, 25, 26, 27 décembre).

M. Dubé appréhende un afflux de Québécois vers les cliniques de dépistage en marge des festivités de Noël. Le réseau de la Santé sera « prêt » à y faire face, a-t-il assuré à la population. « Il faut être conscient qu’il y aura des gens dans les jours qui vont suivre qui vont vouloir probablement se faire tester », a-t-il dit en conférence de presse, avant d’énumérer trois « bonnes raisons » d’accourir vers une clinique de dépistage : apparition de symptômes, contact étroit avec une personne déclarée positive à la COVID-19 ou prescription de la Santé publique.

Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a dit craindre de voir une attestation de résultat négatif à la COVID-19 servir de caution pour faire la fête sans se préoccuper des règles de distanciation physique. « C’est très dangereux de se fier sur un test qui est négatif et de penser qu’on ne peut pas contaminer quelqu’un », a-t-il fait valoir, jetant le doute au passage sur la fiabilité des tests de dépistage de la COVID-19.

Selon lui, « plein de gens » ont été déclarés négatifs à la COVID-19 à tort depuis le début de la pandémie. « Avant que le test devienne positif, ça prend un certain temps, puis vous êtes des fois déjà contagieux », a expliqué le Dr Arruda, avant de réitérer son appel à « ne surtout pas [se] fier sur un test négatif » et à suivre les consignes de la Santé publique. « Les gens qui pensent qu’en faisant un test le 23 [décembre] ou même le 18, 19 ou 20 [décembre], puis d’avoir le résultat qui est négatif le 21 [décembre], puis qu’ils vont aller au party en ne prenant pas de mesures, c’est hyper dangereux », a-t-il insisté de nouveau.

Près de 2840 traceurs

Le ministre Christian Dubé a dit s’être assuré jeudi auprès des dirigeants des CIUSSS et des CISSS de la présence, au lendemain de Noël, de « toutes les ressources dans chacun [des] centres de dépistage ». « On va avoir tout le personnel nécessaire autant au chapitre du dépistage que du traçage », a-t-il précisé.

D’ailleurs, la Santé publique peut désormais compter sur près de 2840 personnes afin de rechercher et d’aviser les contacts de personnes déclarées positives à la COVID-19, ce qui est essentiel pour limiter la propagation du coronavirus.

Le ministère de la Santé a procédé à la mis en ligne de la « fameuse » plateforme virtuelle mise au point par Deloitte au coût de 23 millions de dollars, incluant les options. Les personnes peuvent y prendre rendez-vous dans l’une des cliniques de dépistage à proximité de leur domicile, et ce, après avoir pris connaissance du temps d’attente dans chacune d’elles et avoir fourni une série d’informations utiles par la suite aux traceurs. « On a un mois pour la tester », a dit M. Dubé jeudi soir.

En théorie, le réseau a la capacité d’effectuer « jusqu’à 35 000 » tests de dépistage par jour, selon le gouvernement. En pratique, les opérations ne se font pas sans heurts, dont au Saguenay–Lac-Saint-Jean, qui est frappé de plein fouet par la COVID-19. « Il y a eu des problèmes du côté de certains équipements qui ont empêché des tests d’être faits. Il y a eu des retards dans les laboratoires. Ça n’a pas été un bout facile », a reconnu M. Dubé.