Une table politique Québec-Assemblée des Premières nations créée

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard

La « main tendue » par le gouvernement du Québec aux Premières Nations s’est concrétisée en la création d’une « table politique conjointe ».

C’est ce qu’ont annoncé le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, et le ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, au cours d’une conférence de presse conjointe mardi à Montréal.

Le chef Picard y voit « un progrès très, très important » qui engage le premier ministre « dans des questions qui sont hautement importantes pour l’ensemble de nos nations ».

Le premier ministre François Legault, plus tard lors de sa propre conférence de presse, a décrit « une bonne conversation, une bonne rencontre » avec les Premières Nations.

Cette table politique, dont les contours restent encore à être définis, pourra aborder aussi bien des enjeux comme la santé, le logement, l’eau potable ou autres sujets politiques, sociaux et économiques, ont indiqué MM. Picard et Lafrenière.

Pour démontrer le sérieux qu’il accordait à la démarche, le ministre Lafrenière a souligné qu’il y aurait « des rencontres hebdomadaires à notre niveau ». Cela permettra de faire un suivi des enjeux et traiter des dossiers urgents -- comme ç'aurait été le cas pour Joyce Echequan, décédée à l’Hôpital de Joliette, ont-ils donné en exemple.

Le ministre s’est dit prêt à faire « une annonce par semaine » pour nouer plus solidement cette relation.

Le chef Picard a ajouté que « ce qui est important, c’est surtout que le premier ministre ait accepté le fait que la table politique se rapporte directement à lui., comme premier ministre ». Et, « de notre côté, la table se rapporte à nous, les 41 chefs autour de notre table ». Il y voit donc un engagement solide et en haut lieu.

« On a l’option d’entretenir un dialogue de sourds pour les deux prochaines années ou bien de trouver les bonnes conditions pour les deux prochaines années pour essayer, peut-être, de progresser vers une relation qui soit fructueuse, surtout, et qui marque des progrès pour le Québec, mais aussi pour les nations que nous représentons », a résumé le chef Picard.

Quant au premier ministre Legault, il a réitéré sa volonté de conclure des ententes avec chacune des nations, comme le gouvernement du Québec l’a fait avec les Cris. Il espère l’aide du chef Picard pour y parvenir et souhaite que la table politique « fasse une partie du travail » en identifiant des priorités pour ces nations.

« C’est à peu près temps qu’on voit des résultats », a lancé M. Legault.

Il n’est toutefois pas question que cette table politique conjointe se substitue aux relations directes entre Québec et une Première Nation donnée sur un sujet particulier, a précisé le chef Picard. Il existe 10 nations au Québec.

Au début de l’année, par exemple, la nation crie a conclu une entente avec le gouvernement du Québec sur le développement économique à long terme de la région d’Eeyou Istchee Baie-James.

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