Le Québec «s’en allait dans le mur»

Sans les mesures imposées par le gouvernement Legault en zone rouge, la croissance des hospitalisations et des décès aurait été potentiellement catastrophique, selon des chercheurs de l’Institut national de santé publique (INSPQ). L’organisme a dévoilé vendredi ses dernières projections sur la pandémie de COVID-19.

« Sans aucune mesure, on s’en allait dans le mur, a affirmé la vice-présidente aux affaires scientifiques de l’INSPQ, Jocelyne Sauvé. Avec un train de mesures imposées, on aplatit la courbe, mais on ne ramène pas complètement l’épidémie à un niveau soutenable. Avec un effort supplémentaire de la part de la population — il faut d’abord bien respecter les mesures en place — de réduire encore un peu nos contacts sociaux et de garder toujours les deux mètres de distance, on est confiant qu’avec toutes ces mesures-là, on réussit vraiment à contrôler la propagation de l’épidémie, donc on protège nos personnes vulnérables, donc on protège le système de soins, donc on réduit les hospitalisations, on réduit les décès. »

Les chercheurs ont modélisé la transmission du virus à l’aide de trois scénarios différents. Le scénario 0 projette ce qui serait advenu sans l’interdiction d’avoir de la visite, la fermeture des bars, des restaurants, l’interruption des activités sportives au début du mois d’octobre et le maintien des contacts sociaux. Il y aurait alors eu une montée exponentielle des hospitalisations et des décès plus importants que durant la première vague, autant dans le Grand Montréal que dans les autres régions du Québec.

Le scénario 1 démontre que les mesures imposées par le gouvernement ralentissent la propagation du virus ainsi que le nombre d’hospitalisations et de décès tandis que le scénario 2 qui ajoute une diminution de 25 % des contacts entre les gens aux mesures déjà imposées par le gouvernement démontre un aplatissement de la courbe.

Les conclusions de l’INSPQ sont la preuve que le gouvernement est sur la bonne voie, selon le ministre de la Santé, Christian Dubé. Il a invité les Québécois à faire une différence en limitant leurs contacts. « Si on pouvait éliminer un contact sur cinq, ça ferait une grosse différence », a-t-il dit.

Il a rappelé qu’avant la pandémie, les Québécois avaient en moyenne sept ou huit contacts par jour. Ce chiffre était tombé à trois durant le confinement pour augmenter à cinq ou six depuis le déconfinement.