Les deux prochaines semaines seront critiques pour le réseau de la santé, dit Dubé

Les projections de l’INESSS suggèrent une tendance à la hausse du nombre d’hospitalisations dans le Grand Montréal, mais «moins importante» que celle appréhendée la semaine dernière.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Les projections de l’INESSS suggèrent une tendance à la hausse du nombre d’hospitalisations dans le Grand Montréal, mais «moins importante» que celle appréhendée la semaine dernière.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, invite les Québécois à limiter davantage leurs contacts quotidiens afin d’aplatir la deuxième vague de COVID-19. « Si on pouvait éliminer un contact sur cinq, ça ferait une grosse différence », a-t-il fait valoir vendredi.

Avant la pandémie, les Québécois avaient en moyenne sept ou huit contacts par jour. Ce chiffre est tombé à trois durant le confinement qui a suivi la déclaration d’état d’urgence sanitaire, pour augmenter à cinq ou six par la suite.

Les deux prochaines semaines seront « critiques » pour le réseau de la santé, qui ne dispose d’« aucune […] marge de manœuvre » à l’heure actuelle, a indiqué M. Dubé lors d’un point de presse à Montréal. À ses côtés, le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, acquiesçait.

Fin des rassemblements, fermeture des salles à manger, interruption d’activités sportives : les mesures de distanciation sociale ordonnées jusqu’ici portent leurs fruits, selon la Santé publique. « Les Québécois ont réussi à changer la tendance qu’on voyait la semaine dernière », a lancé M. Dubé. Pour preuve, il a brandi des rapports de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) et de l’Institut national de santé publique (INSPQ). « Il ne faut pas changer notre comportement parce que ça commence à bien aller », a-t-il poursuivi, réitérant son appel à « donner un coup jusqu’à la fin octobre ».

Sans les mesures imposées par le gouvernement Legault — à commencer par celles dans les zones rouges —, la croissance des hospitalisations et des décès de personnes atteintes de la COVID-19 aurait été « potentiellement catastrophique », selon des chercheurs de l’INSPQ. « Sans aucune mesure, on s’en allait dans le mur », a affirmé sans ambages la vice-présidente aux affaires scientifiques de l’organisme, Jocelyne Sauvé. « Avec un train de mesures imposées, on aplatit la courbe, mais on ne ramène pas complètement l’épidémie à un niveau soutenable », a-t-elle ajouté.

À ses yeux, une réduction des contacts sociaux et le maintien en tout temps d’une distance de deux mètres entre deux personnes permettraient d’y parvenir. « On est persuadés qu’avec toutes ces mesures-là, on réussit vraiment à contrôler la propagation de l’épidémie, donc on protège nos personnes vulnérables, on protège le système de soins, on réduit les hospitalisations et on réduit les décès », a dit Mme Sauvé.

Trois scénarios

Les chercheurs de l’INSPQ ont modélisé la transmission du SRAS-CoV-2 au sein de la société québécoise à l’aide de trois scénarios différents.

Le scénario 0 projette ce qui serait advenu sans l’interdiction de recevoir des proches à la maison, la fermeture des bars et des restaurants, l’interruption des activités sportives au début du mois d’octobre et le maintien des contacts sociaux. Il y aurait alors eu une montée exponentielle des hospitalisations et des décès plus importants que durant la première vague, autant dans le Grand Montréal que dans les autres régions du Québec.

Le scénario 1 démontre que les mesures imposées par le gouvernement ralentissent la propagation du virus ainsi que le nombre d’hospitalisations et de décès. Enfin, le scénario 2, qui tient compte d’une diminution de 25 % des contacts entre les gens en plus des mesures déjà imposées par le gouvernement, montre un aplatissement de la courbe.

Capacités hospitalières

Les nouvelles hospitalisations d’individus infectés par le coronavirus ont désormais tendance à se stabiliser au Québec, sauf à Montréal, a fait savoir l’INESSS vendredi. Ses projections suggèrent une tendance à la hausse du nombre d’hospitalisations dans le Grand Montréal, mais « moins importante » que celle appréhendée la semaine dernière.

Les établissements hospitaliers, dans la région métropolitaine, comme ailleurs au Québec, tiendront le coup face aux assauts du coronavirus au cours des quatre prochaines semaines, est persuadé l’INESSS. « Pour l’ensemble du Québec, les capacités hospitalières consacrées à la COVID-19 devraient être suffisantes pour répondre aux besoins [durant cette période] », souligne-t-il.

La semaine dernière, l’INESSS s’inquiétait de voir le Québec manquer de lits pour les personnes atteintes de la COVID-19.

Le réseau de la santé demeure « fragile », a répété M. Dubé vendredi.

Parmi les 6232 personnes déclarées positives à la COVID-19 au cours de la semaine du 5 au 11 octobre 2020, 351 personnes présentent un risque élevé d’hospitalisation, a signalé l’INESS, après avoir notamment passé au peigne fin leur profil de comorbidité.

« Faut juste penser qu’une journée comme [jeudi], il y a 59 nouvelles personnes qui sont entrées à l’hôpital », a fait remarquer M. Dubé. En contrepartie, 45 personnes en sont sorties, dont une emportée par la COVID-19.

En données

Québec a signalé vendredi 1055 nouveaux cas de COVID-19 et 13 nouveaux décès liés au virus. Le nombre total de personnes infectées s’élève donc maintenant à 91 018. Le nombre total de décès est de 6018. Un décès est survenu dans les 24 dernières heures, 11 autres entre le 9 et le 14 octobre et 2 autres avant le 9 octobre. On a toutefois retiré du total un décès pour lequel l’enquête a démontré qu’il n’était pas attribuable à la COVID-19. Le nombre d’hospitalisations a augmenté de 14 comparativement à la veille, pour un total de 507.  

La Presse canadienne


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