L’Halloween est sauvée

À Montréal, une femme marche devant une boutique qui vend des costumes d’Halloween.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne À Montréal, une femme marche devant une boutique qui vend des costumes d’Halloween.

L’Halloween sera bel et bien célébrée au Québec malgré la pandémie de COVID-19, mais les Québécois devront se préparer à faire des sacrifices pour Noël. Le premier ministre François Legault a toutefois indiqué que les enfants et les adultes devront respecter certaines consignes de la Santé publique avant de passer de maison en maison.

« L’Halloween, ça se passe dehors essentiellement, a-t-il affirmé. On le sait : dehors, c’est moins risqué qu’à l’intérieur. » Les enfants ne pourront donc pas entrer dans les maisons. Les gens qui donneront les bonbons devront respecter les deux mètres pour limiter la propagation du virus. M. Legault leur a suggéré de « mettre un gros panier avec des sacs, l’idéal c’est de mettre les bonbons dans des petits sacs, de rester à deux mètres du plat de bonbons, puis de demander aux jeunes de se prendre chacun un sac » en évitant de toucher le reste du contenu du panier.

Cette directive contraste avec les recommandations de la Santé publique du gouvernement fédéral qui préconise plutôt que les sacs de bonbons soient distribués par l’hôte pour éviter que les enfants ne fouillent à tour de rôle dans le plat de bonbons. La Dre Teresa Tam avait également indiqué plus tôt cette semaine que tous doivent porter un masque pour se protéger du virus et non pour se déguiser.

Le port du couvre-visage est également recommandé par le gouvernement Legault qui indique dans un communiqué que les gens devront « s’abstenir de chanter ou de crier devant les personnes chez qui elles se rendent ». Les enfants devront se limiter à faire le tour des résidences de leur quartier, et ce, sans leurs amis. Seuls leurs parents, leurs frères et sœurs ou toute autre personne habitant sous le même toit pourront les accompagner. Évidemment, les personnes qui présentent des symptômes de la COVID-19 ou qui sont en isolement devront s’abstenir. Le lavage des mains est également recommandé au départ et au retour à la maison.

« Ce n’est pas idéal, mais les jeunes vont pouvoir se déguiser, vont pouvoir se promener dans les rues du Québec et avoir des bonbons, mais je veux être bien clair pour les adultes, il n’y a pas de partys d’Halloween cette année en 2020, a-t-il dit. C’est seulement pour les enfants qui font du porte-à-porte. »

Le gouvernement invite les municipalités « à assurer la fluidité de la circulation sur les trottoirs, par exemple en indiquant le sens de la circulation ». La semaine dernière, les villes d’Amos et de Rouyn-Noranda ont annoncé que la cueillette de friandises ne serait pas autorisée sur leur territoire cette année.

Un petit Noël

Les Québécois devront toutefois faire une croix sur les « gros partys de Noël » de 100 ou 200 personnes et les partys de bureau cette année, a indiqué le premier ministre. « Évidemment, ça ne serait pas l’fun pour les Québécois si on ne pouvait pas à Noël voir nos familles, voir nos amis, a-t-il toutefois reconnu. Quelle forme ça prendra ? C’est trop tôt pour le dire, mais est-ce qu’on sera capable d’être un groupe de six ? Est-ce qu’on sera capable d’être un groupe de dix ? Il est trop tôt pour le dire. »

Les restrictions imposées en zone rouge depuis le début du mois, comme la fermeture des bars, des restaurants et l’interruption des activités sportives « risquent d’être prolongées » au-delà des 28 jours. M. Legault a indiqué que, grâce à elle, le nombre de cas de COVID-19 a atteint un plateau à environ 1000 nouveaux cas par jour depuis environ une semaine, alors que la moitié de ces 28 jours sont écoulés. « Est-ce que c’est assez ? Non, ce n’est pas assez. Il faut qu’on réussisse à diminuer le nombre de cas », a-t-il affirmé en se réjouissant toutefois que le nombre de nouveaux cas n’ait pas atteint 2000 par jour.

« Une partie de ces mesures-là risquent d’être prolongées », a-t-il ajouté en spécifiant qu’il voudrait que les jeunes reprennent le sport. « Je ne veux pas mettre trop de pression sur le Dr Arruda, mais si on était capable de permettre aux jeunes après le 28 octobre de faire des sports, ça ferait bien mon affaire. »

M. Legault a exclu l’imposition d’un couvre-feu comme en France pour lutter contre la pandémie. « Ce n’est pas envisagé actuellement », a-t-il tranché.

Avec Hélène Buzzetti

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