Statu quo au caucus péquiste

Le nouveau chef du Parti québécois, Paul St-Pierre-Plamondon, a rencontré la presse parlementaire après une première séance avec le caucus des députés, dont le leader parlementaire, Harol LeBel, que l’on aperçoit sur la photo.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le nouveau chef du Parti québécois, Paul St-Pierre-Plamondon, a rencontré la presse parlementaire après une première séance avec le caucus des députés, dont le leader parlementaire, Harol LeBel, que l’on aperçoit sur la photo.

Le renouveau promis par Paul St-Pierre Plamondon n’a pas eu lieu au sein de l’équipe de députés du Parti québécois (PQ). Le nouveau chef de la formation politique a convaincu Pascal Bérubé de reprendre le rôle de chef parlementaire que ce dernier avait tenu au cours des deux dernières années. Il gardera également l’équipe d’officiers déjà en place « plutôt que d’imposer » ses choix.

« Première chose : si tout au long de la course j’ai dit que l’aile parlementaire faisait de l’excellent travail, pourquoi ne pas continuer à faire de l’excellent travail ? » a-t-il répondu mercredi à une journaliste qui lui demandait pourquoi il n’avait pas fait de place à une femme.

« Deuxième chose : j’ai dit ce matin que pour moi, c’était essentiel, puis la question qu’on s’est posée en groupe, c’est : qui veut faire quoi, qui va être utile où ? » a-t-il ajouté. Il a ensuite précisé « qu’il y a des choses qui doivent changer » et qu’« il y a un renouveau qui s’en vient au Parti québécois ».

Le député Martin Ouellet demeure donc leader parlementaire et son collègue Harold LeBel, whip et président du caucus. Aucun député péquiste n’avait appuyé M. St-Pierre Plamondon durant la course à la direction. Pascal Bérubé avait annoncé qu’il quittait son poste de chef parlementaire quelques jours avant l’élection de M. St-Pierre Plamondon à la tête du parti. « Notre nouveau chef a un enthousiasme contagieux et très convaincant, a déclaré M. Bérubé. Alors, s’il est capable de me faire changer d’idée, je pense qu’il est capable de convaincre bien des Québécois de nous suivre. »

M. St-Pierre Plamondon n’a pas offert à son adversaire Sylvain Gaudreault de prendre le poste de chef parlementaire. M. Gaudreault a déploré dans plusieurs entrevues au cours des jours ayant suivi sa défaite qu’il avait été perçu comme le candidat de la continuité. Il s’est incliné vendredi, avec 44 % du vote des militants, devant M. St-Pierre Plamondon, qui a récolté 56 % des voix. Il n’a pas indiqué quel rôle celui-ci allait jouer au sein du caucus.

« J’ai décidé de laisser du temps à M. Gaudreault et de ne pas mettre de pression, parce que ma priorité par rapport à Sylvain Gaudreault — que je respecte et qui a mené une bonne course —, c’est qu’il ait tout l’espace et le temps qu’il désire, a affirmé M. St-Pierre Plamondon. Mais j’insiste sur le fait que Sylvain s’est exprimé ce matin [mercredi], chacun des députés s’est exprimé, et qu’on a pris une décision en groupe. »

Il avait promis qu’après sa victoire, il ferait du plan environnemental de M. Gaudreault la pierre angulaire du programme électoral du PQ en 2022, avec l’accord des militants.

Le nouveau chef n’a pas indiqué non plus s’il allait demander à M. Gaudreault ainsi qu’aux députés Véronique Hivon et Joël Arseneau, qui ont récemment reconnu l’existence du racisme systémique, de se rallier à sa position. « On a eu peu de temps pour échanger les différents points de vue qu’on peut avoir sur ce sujet-là, mais on s’est entendus sur l’essentiel, a-t-il affirmé. J’ai demandé aux députés qu’on se mette d’accord sur le fait que le racisme institutionnel, ou peu importe comment on le qualifie, vis-à-vis des Autochtones doit cesser. »

M. St-Pierre Plamondon a été longuement applaudi par tous les députés lors de son entrée dans le Salon rouge mercredi, où se tenait la première réunion du caucus depuis son élection à la tête du parti.

Chef sans siège

Même s’il ne détient pas de siège à l’Assemblée nationale, M. St-Pierre Plamondon entend y passer beaucoup de temps au cours des prochains mois. Le nouveau chef péquiste n’est toutefois pas pressé de se faire élire dans une élection partielle. Le parti lui versera un salaire entre-temps.

« Je ne m’engage pas, sur la base de partielles hypothétiques, à me présenter dans un endroit ou un autre, parce que, oui, je vais être là durant les trois jours où les députés sont là, mais ultimement, ça me donne de la flexibilité », a-t-il déclaré mercredi lors de son premier point de presse dans l’hôtel du Parlement. 

Il exclut de demander à l’un des neuf députés du parti de lui céder son siège. « Absolument pas, a-t-il tranché. On a une excellente équipe de députés. Je n’ai absolument pas fait une demande comme celle-là. En fait, ça ne m’a pas passé par la tête. » Est-ce parce qu’il considère qu’il n’y a plus de circonscriptions sûres pour le troisième groupe d’opposition ? lui a demandé Le Devoir. « Non. Ça, c’est vous qui le dites », a-t-il répondu.

Le PQ fait face à un gouvernement caquiste qui a gagné en popularité durant la pandémie. Le parti indépendantiste doit également regarnir ses coffres. Selon ses derniers états financiers datés du 31 décembre 2019, la formation politique traîne une dette d’environ 2,5 millions de dollars. « Les chiffres ont vraiment évolué au cours des derniers mois, dans la bonne direction », a affirmé M. St-Pierre Plamondon. Il avait souligné vendredi avoir réussi à récolter 115 000 $ durant la course, soit davantage que chacun des autres candidats à la direction en 2016.

À voir en vidéo