Paul St-Pierre Plamondon est le nouveau chef du Parti québécois

Paul St-Pierre Plamondon a obtenu 56,02% du vote des militants du Parti québécois.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Paul St-Pierre Plamondon a obtenu 56,02% du vote des militants du Parti québécois.

La deuxième fois aura été la bonne pour Paul St-Pierre Plamondon, qui est devenu vendredi le dixième chef du Parti québécois (PQ) au terme de la plus longue course à la direction de l’histoire de la formation politique. Il a récolté 56,02 % du vote des militants au troisième tour, devant le député Sylvain Gaudreault.

« Ce soir, les membres ont parlé au terme d’une course à la direction exceptionnelle où il n’y avait absolument rien de normal, a déclaré le nouveau chef. Une course de neuf mois au cours de laquelle nous avons vécu deux vagues de pandémie, à un moment où le parti était à la croisée des chemins, jouait littéralement son avenir et durant laquelle les membres étaient confrontés à deux options : celle de la continuité ou celle du changement. »

« Ce soir les membres ont tranché. Ce sera le changement, le renouveau et l’esprit d’aventure qui animeront le Parti québécois au cours des prochaines années », a-t-il ajouté.

M. St-Pierre Plamondon succède ainsi à Jean-François Lisée qui avait mené la formation politique à sa pire défaite lors de l’élection de 2018. Il hérite d’un parti dont les coffres sont dégarnis. Il a d’ailleurs fait valoir dans son discours d’ouverture qu’il avait réussi à récolter 115 000 $ durant la course, soit davantage que chacun des autres candidats de la course de 2016.

Ce rêve [l'indépendance du Québec] n’est pas mort, il est en train de renaître

Le jeune chef de 43 ans a tendu la main à chacun de ses adversaires. Il a promis de faire du plan environnemental du député Sylvain Gaudreault la pierre angulaire du programme électoral du PQ en 2022 avec l’accord des militants. Il a invité l’humoriste Guy Nantel à se présenter comme candidat lors de cette prochaine élection et a salué la pugnacité de l’historien Frédéric Bastien qui « a démontré la nécessité pour notre parti d’être à l’offensive » face au gouvernement fédéral.

« La première chose que je vais faire, c’est de mettre fin aux tactiques et au tournage autour du pot », a-t-il affirmé en faisant allusion aux tergiversations du parti sur la question de l’indépendance du Québec au cours des dernières années.

« Ce rêve n’est pas mort, il est en train de renaître », a-t-il ajouté.

M. St-Pierre Plamondon n’a pas voulu dire en point de presse qui deviendra son chef parlementaire. Il n’a pas exclu de tenter d’obtenir un siège à l’Assemblée nationale si l’occasion se présentait, mais a souligné du même souffle qu’il tenait à la flexibilité que lui donnera sa position de chef extraparlementaire pour préparer la prochaine campagne électorale. Il s’est d’ailleurs engagé à rester au-delà de 2022.

« Le Parti québécois a besoin de stabilité, on sait dans quoi on s’embarque et on va donner au parti cette stabilité-là », a-t-il dit en jetant un regard vers sa conjointe.

Sous sa gouverne, le PQ ne reconnaîtra pas le racisme systémique, mais plutôt le « racisme institutionnel ». « Est-ce que le Parti québécois sera uni derrière la cause des peuples autochtones qui vraisemblablement sont victimes de racisme et de traitement qui est inacceptable ? La réponse, c’est oui. On sera tous unis, il n’y a aucun doute là-dessus. »

Hors de l’ordinaire

Le scrutin préférentiel qui avait débuté lundi s’est terminé vendredi après-midi. Près de 36 000 membres et sympathisants pouvaient effectuer trois choix en ordre de priorité. Le taux de participation a atteint 71,2 %. M. Bastien a été éliminé au premier tour avec 10,3 % et M. Nantel au deuxième tour avec 23,32 %. M. Gaudreault s’est incliné au troisième tour avec 43,98 % du vote.

M. St-Pierre Plamondon en était à sa deuxième course. Il avait d’abord brigué la direction du PQ en 2016 et n’avait alors obtenu que 6,84 %.

« C’est clairement un changement de génération, a réagi le député Harold LeBel, qui a connu toutes les courses à la direction péquistes. C’est beau de voir que la nouvelle génération arrive et prend les commandes. » « Je trouve que ce parti-là est capable de se renouveler et [ça démontre] que l’idée d’indépendance ce n’est pas une idée générationnelle », a-t-il ajouté.

Le député Joël Arseneau, qui avait appuyé Sylvain Gaudreault durant la course, estime lui aussi que M. St-Pierre Plamondon « va amener du sang neuf » au sein du parti. « On a à la fois la fougue et l’enthousiasme d’un nouveau venu en politique active et l’expérience », a-t-il dit en faisant référence aux vétérans du caucus péquiste.

La candidature de Guy Nantel avait stimulé l’intérêt pour la course péquiste en février, mais l’arrivée de la pandémie le mois suivant a tout chamboulé. La campagne a été suspendue en avril et en mai, avant de reprendre en juin. La date du scrutin a dû être reportée deux fois. Les trois débats tout comme le dévoilement du résultat ont eu lieu virtuellement. Ces débats avaient parfois mené à des échanges acrimonieux entre les candidats.

Le parti a également été secoué la semaine dernière par la mort de Stéphane Jolicœur, un militant bien connu au sein de la formation, qui était adjoint à la présidence pour l’élection du nouveau chef. « Il était mon bras droit dans cette course à la chefferie », a souligné le président du Parti québécois, Dieudonné Ella Oyono.

La soirée électorale a été ponctuée de vidéos enregistrées par d’anciens chefs du parti — Jean-François Lisée, Pierre Karl Péladeau, Pauline Marois — et de plusieurs députés.

Le PQ compte neuf élus à l’Assemblée nationale. Il est passé du statut de deuxième à celui de troisième groupe d’opposition après le départ en 2019 de la députée Catherine Fournier, qui siège désormais comme indépendante.

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19 commentaires
  • Yvon Pesant - Abonné 10 octobre 2020 06 h 19

    Youhou! Catherine

    Est-ce que l'arrivée de Paul St-Pierre Plamondon comme chef du Parti québécois serait de nature à favoriser le retour dans ses rangs de cette fière indépendantiste qu'est Catherine Fournier?

    Cette jeune femme fougueuse disait souhaiter le renouveau et le réalignement de la stratégie pour amener notamment les jeunes à prendre conscience de l'importance du projet national d'indépendance du Québec. Est-ce que, pour elle, PSPP incarnerait effectivement ce vent de changement au sein de la formation du PQ au point de la voir s'y rallier?

    Je considère qu'il serait bien qu'il en soit ainsi et je la verrais très bien dans ce rôle d'égérie à cette enseigne particulière de la participation de la jeunesse québécoise au projet de pays. Est-ce là trop lui demander?

    • Brigitte Garneau - Abonnée 10 octobre 2020 10 h 40

      Excellente suggestion!!

  • Louis St-Laurent - Abonné 10 octobre 2020 08 h 25

    Traitement mineur d'un élément d'actualité d'intérêt.

    Il me semble que cette nouvelle aurait mérité d'être présentée à la une de votre édition papier et numérique. Même si le PQ a perdu un peu de son lustre d'antan, il n'en demeure pas moins qu'il a fait beaucoup pour le Québec et qu'il bénéficie encore d'un appui important d'électeurs. Même si sa disparition est souhaitée par une partie importante de votre lectorat QS, il faudrait éviter de l'enterrer avant qu'il ne décède.

    • Brigitte Garneau - Abonnée 10 octobre 2020 10 h 41

      Vous avez absolument raison M. St-Laurent.

    • Patrick Boulanger - Abonné 10 octobre 2020 12 h 28

      Le Devoir place la nouvelle à l'endos de sa Une dans sa version papier. Il me semble que c'est un traitement correct de l'information pour ce parti de neuf députés (troisième parti d'opposition) qui a récolté 17.06% lors des dernières élections et qui a obtenu 17% des intentions de vote dans le dernier sondage Léger.

    • Louis St-Laurent - Abonné 10 octobre 2020 15 h 49

      M.Boulanger, c'est quand même mieux que le 11% de QS et le PQ se classe au 2 ieme rang des intentions de vote de l'électorat francophone. Cela me semble révélateur d'un certain intérêt pour ce partI et devrait inciter à une certaine prudence avant de le déclarer moribond.

    • Patrick Boulanger - Abonné 10 octobre 2020 19 h 37

      @ M. Saint-Laurent

      Qui est-ce qui déclare le PQ Moribond? Il n'est pas question de cela dans l'article qui a été publié à l'endos de la Une du Devoir.

    • Hermel Cyr - Abonné 10 octobre 2020 19 h 45

      Vous avez tout à fait raison M. St-Laurent. Une couverture lamentable ! Du début jusqu’à la fin!
      Quand on veut tuer un parti la meilleure façon est de l’ignorer… ET vous aurez remarqué qu’à chaque fois qu’on parle du PQ, les journalistes parlent d’un parti à l’agonie … on annonce sa disparition. Et ce, même s’il est celui comptant le plus grand nombre de membres!
      Le traitement de la course au leadership du PQ par les médias québécois a été non moins que lamentable : absence de suivi, mauvaise couverture, amateurisme. La couverture des débats a été horrible. Une honte journalistique … peu de journalistes, des questions insipides, le plus souvent inaudibles, des ratés techniques multiples… Les candidats étaient souvent forcés d’insister pour que les journalistes les questionnent. Gênant !
      Et les choses remontent bien avant les élections de 2018 ! Même formant l’opposition officielle, les critiques de gouvernement Couillard venant du PQ passaient souvent après la CAQ et après QS aux nouvelles. Je serais curieux de voir une étude journalistique sur cet aspect.
      J’espère que les étudiants en journalisme apprendront ce qu’est du bon journalisme en voyant la médiocrité qui nous a été fournie lors de cette course. Mais c’est vrai que maintenant la plupart des chaires de recherches en sciences et techniques humaines et sociales sont subventionnées par le fédéral… il ne faut pas trop s’attendre à une approche critique dans ses domaines !

    • Yvon Pesant - Abonné 10 octobre 2020 19 h 52

      Monsieur St-Laurent, vous avez doublement raison.

      Le Devoir a professionnellement manqué à son devoir d'édition et monsieur Boulanger aurait certainement été mieux à même d'en convenir plutôt que d'y aller avec ce soupçon de mesquinerie à l'endroit du Parti québécois qui, comme d'autres ont pu déjà l'écrire, à tellement bien fait pour le Québec et son monde que nous sommes.

      Ne jamais oublier qu'à l'élection de 2018, c'est le PQ qui, et de loin, avait le meilleur programme pour l'avenir de la nation tel que reconnu par pratiquement tous les analystes sérieux de la chose politique. Ne jamais oublier non plus que le PQ est déjà "René" de ses cendres.

    • Louis St-Laurent - Abonné 11 octobre 2020 07 h 58

      M.Boulanger, en présentant cette nouvelle à la section 18 de 22 de son cahier d'actualité et en omettant de la signaler à sa une , je crois que le Devoir considère le PQ comme morbond et fait peu de cas de ses 17% d'appuis. Soit dit en passant, l'article est très bien, on aurait juste pu lui donner plus de visibilité.

  • Gilles Delisle - Abonné 10 octobre 2020 08 h 46

    Excellent choix , ce M. St-Pierre PLamondon

    Le PQ qui a bien tergiversé depuis quelques années, avait besoin d'un renouveau pour attirer les jeunes! Avec ce jeune chef, qui prendra de l'expérience et qui pouirrait bien amener un vent de fraîcheur au sein du PQ, et probablement surprendre tout le monde à la prochaine élection. Il faut rebrancher les jeunes à l'idée d'un pays.

    • Louise Collette - Abonnée 10 octobre 2020 09 h 50

      Excellent choix en effet, puisque c'était le mien. ;-)

    • Brigitte Garneau - Abonnée 10 octobre 2020 10 h 43

      Tout à fait.

    • Gilles Delisle - Abonné 10 octobre 2020 16 h 56

      Bonjour Gilles delisle (mon homonyme). J'ai écrit à la rédaction du Devoir pourqu'il ajoute notre région administrative respective à côté de nos noms pour éviter toute confusion si à mon tour je commente un article.

      Gilles Delisle, Centre du Québec

    • Gilles Delisle - Abonné 11 octobre 2020 07 h 49

      Excellente suggestion M. Gilles Delisle.

      Gilles Delisle. Laurentides

  • Bernard LEIFFET - Abonné 10 octobre 2020 09 h 02

    « C'est le début d'un temps nouveau » par Stéphane Venne et chanté par Renée Claude!

    C'est avec le souvenir de Renée Claude que je pense que les membres du Parti Québécois ont eu raison de tourner la page sur le passé pour partir à l'aventure, celle de faire du Québec un pays libre où les inégalités du passé, forcées par une fédération mal ficelée, établie sous le colonialisme britannique, seront bannies à jamais!
    Il suffit d'être parti soi-même à l'aventure, par exemple où les tempêtes sont légion, les glaces et les icebergs nombreux à la dérive, pour en parler. Le risque est moindre pour les politiciens, mais on le voit bien, dès une petite incartade les médias en font lreur choux gras! Qu'ils soient du Dominion, du Québec, des réseaux sociaux, l'information commentée perd de son originalité, surtout quand plusieurs commentateurs se la partagent. Hier, j'ai entendu les commentaires sur Radio-Canada et TVA, de l'élection de Paul St-Pierre Plamondon. C'était notre choix mon épouse et moi, bien que nous sommes dans la tranche des 75-80 ans!
    Force nous a été de constater la morosité unanime à R-C face aux propos entendus pendant l'émission contre le carcan du fédéral, de quoi en écrire des milliers de pages que de toute façon ignorent ceux et celles du ROC! Bref, juste des propos acerbes, bien calculés, contre le nouveau chef, rien pour rendre cette société d'état plus cérébrale! La peur d'un nouvel adversaire contre le régime fédéral n'est évidemment pas pour leur faire plaisir! À TVA, le Thomas Mulcair qui tapait sur J-F Lisée absent, ce fut moins acrimonieux et les animateurs s'exprimaient ouvertement sans parti-pris! Bravo à TVA! Le traitement de l'information par l'intermédiaire des médias nuit au fonctionnement des gouvernements qui voient là une puissance dévastatrice qui devrait faire l'objet de poursuite comme le font des politiciens contre des gouvernements! Enfin, comme l'a dit le nouveau chef, il est temps que les indépendantistes s'unissent contre ceux qui baignent dans le nationalisme de façade de la CAQ et de François Legault!

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 10 octobre 2020 12 h 07

    … PQ !

    « Ce rêve n’est pas mort, il est en train de renaître » (Paul St-Pierre Plamondon, Chef, PQ)

    De ce merveilleux rêve, celui de l’Indépendance du Québec du Canada (« ce » pays si loin et si proche de nulle part), il est à espérer que cette Formation s’allie des outils susceptibles de, vraiment, le faire-réaliser ou le réaliser !

    De ce rêve merveilleux à réaliser ou faire-réaliser, saluons la solidarité des Frédéric, des Guy et des Sylvain qui, de fierté à la québécoise, accompagneront les pieds, la tête et le cœur du nouvel élu du …

    … PQ ! - 10 oct 2020 –