L’exécutif du Parti vert du Québec réclame la démission de son chef, Alex Tyrrell

Le chef du Parti vert du Québec, Alex Tyrell
Photo: Guillaume Levasseur Archives Le Devoir Le chef du Parti vert du Québec, Alex Tyrell

Les tiraillements internes au Parti vert du Québec (PVQ) s’amplifient. L’exécutif du parti ne réclame rien de moins que la tête de son chef, Alex Tyrrell, notamment au motif qu’il prépare mal la formation en vue de la prochaine élection provinciale.

« Nous sommes arrivés à un consensus clair : nous n’avons plus confiance en la capacité d’Alex Tyrrell à diriger notre formation politique et nous croyons que, dans le meilleur intérêt de notre parti et de notre mouvement, Alex Tyrrell devrait quitter sans délai ses fonctions », peut-on lire dans une lettre envoyée aux membres du PVQ et dont Le Devoir a obtenu copie.

L’exécutif compte huit membres et six d’entre eux ont signé la lettre. Une seule personne est dissidente. Le huitième membre est M. Tyrrell lui-même.

Les signataires estiment que le chef actuel n’est pas « la personne adéquate pour permettre au PVQ de se développer et de progresser ». Ils reprochent à M. Tyrrell de faire « très peu de travail de terrain » comme du porte-à-porte ou des activités locales ; de n’avoir créé aucune association de circonscription et seulement deux associations régionales ; de ne pas recruter activement de candidats en vue de l’élection ; et d’avoir amassé moins de fonds que le Nouveau Parti démocratique du Québec et le Parti conservateur du Québec, deux formations plus récentes ayant obtenu moins d’appuis que le PVQ à l’élection de 2018.

En entrevue avec Le Devoir, le principal intéressé rejette ces accusations. « En général, moi je trouve que le PVQ fait très bien. Je n’ai jamais eu autant de notoriété qu’en ce moment, suite à ma candidature [à la chefferie du Parti vert] au fédéral », dit M. Tyrrell. Il fait valoir que les quelque 1000 membres du parti auront l’occasion à la mi-décembre de se prononcer sur son leadership lors du vote de confiance.

Les signataires pensent au contraire que ce vote a le potentiel s’être « plus divisif qu’unificateur ». Ils laissent planer un doute sur l’intégrité du processus parce que les modalités pour vérifier le statut des membres autorisés à voter « sont floues et incertaines ». « Cette réalité permettrait de potentiels abus », écrivent-ils. En entrevue, un des signataires, Vincent J. Carbonneau, explique qu’il est « difficile de vérifier qui est membre, on n’a pas accès à la base de données ». L’an dernier, des militants du PVQ avaient effectué une première sortie contre M. Tyrrell, lui reprochant entre autres choses d’avoir suspendu le membership de certaines personnes qui le contestaient.

Les signataires craignent que M. Tyrrell ne s’accroche à son poste pour peu qu’il obtienne 50 % +1 des voix exprimées lors du vote de confiance. « Nous jugeons cette interprétation comme très étant très problématique », écrivent-ils encore.

M. Tyrrell rétorque ne pas avoir « de chiffre de fixé ». « Les règlements du parti disent que la personne doit obtenir la majorité des votes. C’est sûr que moi j’aimerais obtenir le meilleur résultat possible, mais je vais évaluer cela suite au vote. » Il se dit très confiant de remporter son vote de confiance. Et il croit que c’est la raison qui pousse son exécutif à faire cette sortie. « Ils sont confiants eux aussi que je vais gagner le vote et ils cherchent à l’annuler ou à m’intimider pour que je démissionne », analyse M. Tyrrell.

Vincent J. Carbonneau offre une autre version des faits. Après avoir appuyé longtemps M. Tyrrell, il s’en dissocie aussi car il constate que beaucoup de problèmes vécus au PVQ et de conflits, notamment avec le Parti vert fédéral, « sont liés à sa personne ». « Nos règlements n’offrent pas de cadre très clair pour ce vote. Ce sera simplement un rubber stamp. La vie active du parti est inexistante et on craint de donner un autre quatre ans à Alex Tyrrell pour qu’il soit libre de faire ce qu’il veut. »