L’infirmière ayant proféré des injures à Joyce Echaquan a toujours son droit de pratique

L’infirmière ayant proféré des injures à Joyce Echaquan a toujours son droit de pratique, une semaine après avoir été congédiée de l’Hôpital de Joliette.

L’ordre des infirmières et des infirmiers du Québec (OIIQ) n’a ni révoqué ni suspendu le permis d’exercice de l’infirmière dont, selon le premier ministre François Legault, la voix remplie de « haine » et de « racisme », a accompagné la fin de vie de l’Attikamek de 37 ans.

« Le processus d’enquête suit son cours en regard des règles du système professionnel québécois en vigueur », a indiqué l’OIIQ dans un courriel transmis au Devoir mardi. « Les mécanismes de protection du public sont à l’œuvre », a ajouté l’ordre professionnel sur Twitter.

L’infirmière, qui n’a pas nié avoir tenu les propos racistes que l’on peut entendre sur une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, peut donc théoriquement se voir embauchée dans un autre établissement de santé.

Le permis d’exercice d’une infirmière est annulé seulement « dans des circonstances très exceptionnelles », peut-on lire sur le site Internet de l’OIIQ.

La Direction du Bureau du Syndic recueille les éléments de preuve sur les soins offerts à Joyce Echaquan, puis « s’il y a lieu » déposera une plainte et portera des accusations contre l’infirmière devant le Conseil de discipline. Seul le Conseil de discipline a le pouvoir de suspendre ou de révoquer le permis d’un membre.

D’ici là, « les établissements de santé ont la responsabilité de faire les vérifications nécessaires (références et antécédents) de l’infirmière qui pourrait convoiter une autre poste », souligne l’OIIQ.

Chose certaine, l’infirmière ne retrouvera pas de boulot dans un établissement public dans la région de Lanaudière, a indiqué le CISSS de Lanaudière.

Excuses officielles

Le chef du gouvernement, François Legault, a souligné mardi que l’enregistrement des derniers moments de vie de Joyce Echaquan dans l’hôpital de Joliette est « difficile à supporter » car on y entend « toute la souffrance de ses plaintes, mais […] surtout la haine, le racisme dans la voix des employés à ses côtés ».

Il a présenté « des excuses officielles » au nom de l’État québécois aux proches de Joyce Echaquan et à la nation attikamek. « On ne doit pas avoir peur de le dire, le service public québécois a failli à son devoir envers Mme Echaquan. L’État a le devoir d’offrir la même dignité, le même respect à tout le monde. Peu importe son origine, peu importe son sexe, peu importe la couleur de sa peau, tout le monde a le droit au respect », a-t-il déclaré dans le Salon bleu au lendemain d’une rencontre avec les leaders autochtones Paul-Émile Ottawa, Constant Awashish et Ghislain Picard.

Par le biais d’une motion adoptée à l’unanimité, l’Assemblée nationale a « reconn [u] que le congédiement des individus ayant perpétré ces gestes [racistes, inacceptables et dégradants à l’encontre de Joyce Echaquan] était nécessaire ». Cela dit, le licenciement de l’infirmière et de la préposée aux bénéficiaires « demeure insuffisant pour reconnaître l’enjeu que met en lumière le triste décès de Joyce Echaquan », estime le Parlement.

M. Legault a aussi convenu d’offrir une formation sur la culture autochtone à des milliers de membres du personnel de l’État québécois, à commencer par celui de l’hôpital de Joliette.

D’autres détails suivront.