Mort de Joyce Echaquan: la communauté Atikamekw veut des excuses du gouvernement

La communauté Atikamekw souhaite ds excuses de la part du gouvernement pour la mort de Joyce Echaquan.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne La communauté Atikamekw souhaite ds excuses de la part du gouvernement pour la mort de Joyce Echaquan.

Le premier ministre François Legault s’est dit prêt à s’excuser auprès de la famille de Joyce Echaquan, morte il y a une semaine après avoir été insultée de façon dégradante par des employées de l’hôpital de Joliette.

La communauté Atikamekw souhaite de telles excuses de la part du gouvernement, a rapporté lundi après-midi le chef du Conseil des Atikamekw de Manawan, Paul-Émile Ottawa, au terme d’une rencontre avec le premier ministre.

Peu de temps avant sa mort, la mère de famille atikamekw s’est filmée de son lit d’hôpital avec son téléphone cellulaire. Dans la vidéo, on entend une infirmière et une préposée aux bénéficiaires entrer dans sa chambre et lui tenir des propos dénigrants.

Samedi, la vice-première ministre, Geneviève Guilbault, a demandé au Bureau du coroner de tenir une enquête publique sur la mort de Joyce Echaquan. Le chef Ottawa a dit que la communauté Atikamekw veut aussi pouvoir participer à l’enquête et y faire entendre sa voix.

Les chefs atikamekw voulaient rencontrer le premier ministre pour discuter avec lui de la mort de Joyce Echaquan et de la situation « très problématique » qui perdure depuis des années à l’hôpital de Joliette, disent-ils.

Au terme de cette rencontre lundi, le chef Ottawa a déclaré que les discussions ont été « cordiales et directes ».

Les chefs en ressortent « optimistes » mais « prudents », a-t-il déclaré aux journalistes massés devant le bureau montréalais de M. Legault. « Je suis optimiste, mais j’attends encore les résultats », a renchéri le chef le grand chef du Conseil de la Nation Atikamekw, Constant Awashish.

M. Ottawa a demandé au gouvernement de rendre obligatoire pour la profession médicale un enseignement de la culture autochtone et d’imposer des stages au sein même des communautés pour les futurs médecins et infirmières.

« Il faut rebâtir la confiance des usagers atikamekw. »

Quant à la suite des choses, Paul-Émile Ottawa a indiqué que les chefs se sont engagés à rencontrer de façon fréquente la ministre aux Affaires autochtones, Sylvie D’Amours, qui était aussi présente à la rencontre lundi après-midi. Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a aussi été interpellé, a-t-il ajouté.

« Pour moi, la justice pour Joyce, c’est d’éradiquer le racisme et de respecter chaque citoyen. »

Il dit avoir rappelé au premier ministre que, « en tant que leaders, nous avons une responsabilité de construire des ponts entre nos peuples et nos sociétés ».

Les funérailles de Joyce Echaquan auront lieu mardi à Manawan.