Dubé lance un appel à aider dans le réseau de la santé

Le ministère de la Santé et des Services sociaux a sollicité directement 23 ordres professionnels lors d’une réunion d’urgence mardi pour que leurs membres participent aux efforts de dépistage.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Le ministère de la Santé et des Services sociaux a sollicité directement 23 ordres professionnels lors d’une réunion d’urgence mardi pour que leurs membres participent aux efforts de dépistage.

La Santé publique peine à suffire à la tâche. Inquiet, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, presse d’ex-professionnels à lui prêter main-forte afin d’accélérer les tests de dépistage et les enquêtes épidémiologiques.

« Je fais un appel aux Québécois, comme on a fait par le passé, et de venir s’inscrire sur notre site “Je contribue” », a-t-il lancé dans la foulée de l’arrivée de la seconde vague de COVID-19. « On entend beaucoup les gens qui se disent : “Bon, on pensait qu’on en était sortis. Puis là, on voit que la courbe recommence à monter.” Moi, je dirais aux Québécois : Écoutez, on va se battre chaque jour, chaque jour, pour arrêter cette augmentation-là », a-t-il ajouté.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux a interpellé directement 23 ordres professionnels lors d’une réunion d’urgence mardi. Il a sollicité leur aide afin de participer aux efforts de dépistage.

Actuellement, une douzaine de professionnels de la santé — dont les infirmières, infirmières auxiliaires orthophonistes, audiologistes, physiothérapeutes, dentistes et hygiénistes dentaires — peuvent procéder au dépistage de la COVID-19. Le gouvernement Legault souhaite maintenant que les travailleurs sociaux et psychoéducateurs, entre autres, puissent en faire autant. Les étudiants finissants de divers domaines de la santé pourraient aussi travailler dans des centres de dépistage. Le tout se ferait sur une base volontaire. Il élabore un arrêté ministériel en ce sens.

Refus du délestage d’activités essentielles

« On veut collaborer, mais on a fait des mises en garde au gouvernement, dit Guylaine Ouimette, présidente de l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec. Il faut absolument éviter tout délestage dans les services. Avec l’arrivée de la deuxième vague, la population va être fortement fragilisée. »

Le président de l’Ordre des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec, Denis Leclerc, partage la même préoccupation. « Ça ne doit pas devenir un prétexte pour faire du délestage, pour [réaffecter] des psychoéducateurs à la DPJ [Direction de la protection de la jeunesse] et des centres jeunesse, et ne plus répondre aux besoins de leur clientèle », précise-t-il.

Christian Dubé a assuré, il y a un mois, que le délestage sera maintenu « au minimum » dans les services sociaux lors de la deuxième vague. « Mais les gens sur le terrain nous disent que leur supérieur leur dit “soyez prêts, parce qu’on anticipe qu’il va y avoir du délestage” », rapporte Denis Leclerc.

À Québec, où des infirmières ont été déplacées et des activités ont été délestées, « on est en train de se réajuster », a dit M. Dubé mardi.

M. Dubé est persuadé que des professionnels à la retraite seraient partants pour donner un coup de main à l’équipe de la Santé publique afin de traverser la deuxième vague de COVID-19. « C’est dans un environnement qui est, je dirais, relativement agréable pour quelqu’un qui connaît ça, mais aussi qui peut le faire à des heures assez intéressantes. Tout ce qu’on va demander, c’est d’avoir un engagement de quelques semaines pour qu’on puisse planifier ces gens-là », a-t-il affirmé lors d’un point de presse mardi.

 

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Québec est également à la recherche de personnes prêtes à faire enquête à la suite d’une déclaration de COVID-19. Le ministère a d’ailleurs proposé aux entreprises ambulancières d’embaucher leur personnel immunosupprimé dans les directions régionales de santé publique.

« Une seule éclosion peut amener jusqu’à 300 enquêtes, vous pouvez imaginer qu’en ce moment on a besoin de plus d’enquêteurs », a souligné le ministre Christian Dubé, en point de presse. Le ministère a recensé seulement mardi 489 nouvelles personnes atteintes du coronavirus.

En plus de recruter pour le dépistage et les enquêtes épidémiologiques, le gouvernement Legault prépare sa campagne de vaccination contre la grippe saisonnière et éventuellement la COVID-19. L’Ordre des psychologues du Québec mène d’ailleurs un sondage auprès de ses membres afin de mesurer leur intérêt et leur disponibilité pour vacciner les Québécois.

Dans un courriel, l’Ordre indique qu’il a « promptement fait part au ministère de ses réserves face à cette demande inattendue en réitérant le rôle crucial des psychologues dans l’offre de soins en santé mentale ».

« Le ministère nous a assuré qu’aucun plan de délestage n’était envisagé dans le cadre de cette campagne de vaccination », poursuit l’Ordre. La vaccination s’effectuera sur une « base volontaire, hors des heures de travail régulières et sous rémunération », précise-t-il.

Laval et l'Outaouais en zone orange

Le ministre de la Santé appréhende une accélération de la transmission du virus à des personnes vulnérables ou encore des professionnels de la santé. « Notre système de santé est vraiment mis à mal par cette contagion communautaire », a fait valoir M. Dubé après avoir mis les régions de Laval et de l'Outaouais sur un pied d’« alerte modérée ».

 

Elles retrouvent Montréal, Chaudière-Appalaches et Capitale-Nationale dans la « zone orange » où les autorités peuvent décréter des mesures restrictives, allant de l’abaissement du nombre de personnes dans les événements publics à la limitation des convives dans des rassemblements privés, comme les mariages, afin de freiner la propagation du coronavirus.

La région du Centre-du-Québec est quant à elle passée du vert au jaune.

Le gouvernement s’inquiète tout particulièrement de la propagation de la COVID-19 lors des rencontres familiales. Le nombre de personnes rassemblées à l’intérieur et à l’extérieur d’une résidence privée « peut être au maximum six, sauf s’il s’agit des occupants d’un maximum de deux résidences privées », a-t-il ordonné dimanche.

Le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, a annoncé mardi que les policiers pourront sous peu pénétrer, sans mandat, à l’intérieur d’un domicile où ils soupçonnent un rassemblement illégal, avant de se rétracter.

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1 commentaire
  • Maurice Amiel - Abonné 23 septembre 2020 08 h 57

    Et les aînés autonomes ...

    ... en pâtiront si le réseau de CLSC ne fournit pas à temps la vaccination contre la grippe saisonière à domicile.
    Je vois très bien s'en venir leur confinement total à domicile comme mesure de sécurité contre le dangereux couple de la grippe et du Covid19, avec tout cela implique de conséquences physiques et morales.

    Désolé d'avoir à le dire mais la Santé Publique est en train d'attraper un méchant rhume!